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Tandis que le boycott de l’audience de demain au tribunal de Sidi M’hamed se précise : Réunion aujourd’hui du collectif des avocats des détenus d’opinion

Le Comité national pour la défense des détenus d’opinion (CNLD) devra se réunir aujourd’hui, à 15h, au niveau du bâtonnat d’Alger, pour examiner les récentes évolutions de la chronique judiciaire, marquée, par un traitement, affirme le collectif, à «deux vitesses» des dossiers des manifestants arrêtés pour port de l’emblème amazigh. Mais avant cette réunion, les avocats sont, d’ores et déjà, unanimes pour le boycott de l’audience prévue demain au tribunal de Sidi M’hamed, ou quatre dossiers dans lesquels sont poursuivies 20 personnes pour « atteinte à l’unité nationale» seront examinés. C’est ce qui nous a été confirmé, hier, par Maître Badreddine Bouallag, membre du CNLD qui nous a précisé, entre autres, que les avocats vont faire appel suite à la condamnation de 28 manifestants par le tribunal de Sidi M’ hamed lundi et mardi derniers, à des peines allant de 1 an de prison, dont six mois avec sursis et 6 mois de prison ferme. «Les avocats du comité pour la libération des détenus d’opinion devront se réunir demain (aujourd’hui, Ndlr) au bâtonnat d’Alger pour prendre des décisions nécessaires après ces évolutions sur la scène judiciaire», a déclaré l’avocat avant de préciser «on est tous pour le boycott de l’audience du 18 novembre, prévue au tribunal de Sidi M’hamed et qui sera consacrée à l’examen des 4 dossiers restants des porteurs du drapeau amazigh et dans lesquels sont poursuivies 20 personnes». «Le tribunal de Sidi M’hamed est devenu un tribunal d’exception, puisque partout en Algérie, les gens ont été relaxés ou condamnés à des peines légères», s’est étonné Me Bouallag, précisant que «même dans ces affaires ou les peines prononcées sont jugées légères, les avocats ont décidé d’introduire des appels». Par ailleurs, l’avocat a précisé que des appels seront introduits, suite à la condamnation de 22 manifestants à une peine d’un (1) an de prison dont six (6) mois ferme et six (6) mois avec sursis, assortie d’une amende de 30 000 Da, ainsi que 6 manifestants à une peine de 6 mois de prison ferme. En ce qui concerne la programmation des procès en appel, l’avocat s’est dit certain que celle-ci sera faite après l’élection présidentielle.  «  Selon la loi, la programmation d’un procès en appel doit se faire dans les 45 jours après le verdict (au plus tard le 26 décembre prochain). Mais la première vague des prévenus sortira de prison le 21 décembre prochain », a-t-il expliqué. En outre, Me Bouallag a fait savoir que le «collectif est prêt à aller jusqu’à la Cour suprême pour libérer les personnes condamnées», bien qu’il est, poursuit-il «encore tôt pour envisager une telle démarche». Selon toujours, le CNLD, quatorze personnes ont été arrêtées par les forces de l’ordre vendredi dernier, à Chlef et seront présentées, aujourd’hui, devant le procureur de la République près le tribunal de cette wilaya.
Lamia Boufassa