La Plateforme latino-américaine et caribéenne de solidarité avec le peuple sahraoui (PLACSO) a exprimé sa profonde inquiétude face à la dégradation de l’état de santé du détenu politique sahraoui Naâma Asfari, affirmant que celui-ci se trouve dans un état critique après plus d’un mois de grève de la faim dans la prison marocaine de Kénitra.
Dans un communiqué d’urgence, le réseau a appelé à sa libération immédiate et inconditionnelle ainsi qu’à celle de l’ensemble des prisonniers politiques sahraouis. Selon PLACSO, Naâma Asfari purge une peine de trente ans de prison, qualifiée d’« injuste et illégale », et est détenu depuis plus de quinze ans aux côtés de ses codétenus du groupe de Gdeim Izik, en raison de son engagement pacifique en faveur du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance. La plateforme estime que cette détention constitue une grave violation des droits humains et du droit international. Elle rappelle que les condamnations prononcées contre Naâma Asfari et les autres membres du groupe de Gdeim Izik reposent sur des aveux obtenus sous la torture, comme l’ont relevé plusieurs mécanismes des Nations unies, notamment le Comité contre la torture, qui a conclu à plusieurs reprises que les détenus politiques sahraouis avaient été victimes de torture et de mauvais traitements, en violation des engagements internationaux du Maroc. PLACSO souligne également que le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, dans son avis n°23/2023, a jugé la détention de Naâma Asfari arbitraire et illégale, appelant le Maroc à le libérer immédiatement avec ses compagnons et à réparer les préjudices résultant des graves violations dont ils ont été victimes. Le réseau latino-américain tient les autorités marocaines pour pleinement responsables de la vie, de l’intégrité physique et de la santé de Naâma Asfari. Il dénonce le refus des autorités de répondre à ses revendications, de lui assurer une prise en charge médicale appropriée et de permettre à sa famille de lui rendre visite, estimant que cette attitude illustre la politique répressive menée contre les Sahraouis dans les territoires occupés du Sahara occidental. Dans son communiqué, PLACSO lance un appel urgent au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, au Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, à l’envoyé personnel du secrétaire général pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, ainsi qu’au Comité international de la Croix-Rouge, à l’Union africaine, à l’Union européenne et à l’ensemble des organisations internationales de défense des droits humains, afin qu’ils interviennent sans délai. La plateforme réclame notamment la libération immédiate et sans condition de Naâma Asfari et de tous les détenus politiques sahraouis, le respect par le Maroc des décisions et recommandations des mécanismes onusiens des droits de l’homme, l’accès à des soins médicaux urgents et indépendants pour le prisonnier, ainsi que l’autorisation accordée à sa famille, à ses avocats et aux organisations humanitaires internationales de lui rendre visite. Elle demande également que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et le Comité international de la Croix-Rouge puissent accéder aux centres de détention où sont incarcérés les prisonniers politiques sahraouis. Enfin, PLACSO appelle les organisations sociales, syndicales, étudiantes, féminines, parlementaires, politiques et les organisations de défense des droits humains d’Amérique latine et des Caraïbes à se mobiliser afin d’éviter ce qu’elle qualifie de « tragédie imminente ». Le communiqué conclut en affirmant que « la vie de Naâma Asfari est en danger » et que « le silence et l’indifférence constituent également une forme de complicité », réitérant son appel à la libération de tous les détenus politiques sahraouis, au respect des décisions des Nations unies et à la fin de « l’occupation coloniale du Sahara occidental ». Le texte est signé par les organisations membres de PLACSO représentant plusieurs pays d’Amérique latine et des Caraïbes, dont le Mexique, le Pérou, le Chili, le Honduras, l’Uruguay, le Panama, la République dominicaine, la Colombie, le Venezuela, l’Argentine, le Nicaragua et le Brésil.
M.Seghilani













































