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GHAZA : 13 nouveaux martyrs en 24 heures

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Le ministère palestinien de la Santé a annoncé, hier, l’arrivée de 13 martyrs et de 18 blessés dans les hôpitaux de la bande de Ghaza au cours des dernières 24 heures, à la suite de la poursuite de l’agression de l’occupant sioniste contre l’enclave palestinienne.
Selon le ministère, 12 victimes ont été tuées lors de nouvelles frappes, tandis qu’une treizième est décédée des suites de blessures contractées lors d’un précédent bombardement. Il a également indiqué que de nombreuses victimes demeurent ensevelies sous les décombres ou abandonnées sur les routes, les équipes de secours et de la défense civile étant dans l’incapacité d’y accéder en raison de l’intensité des bombardements et de la dégradation de la situation sur le terrain. Parmi les attaques les plus meurtrières de la journée, un bombardement israélien ayant visé une habitation à proximité du rond-point Al-Baraka, à l’ouest de Deïr El-Balah, dans le centre de la bande de Ghaza, a coûté la vie à un couple et à leur fille. Les victimes sont Omar Sami Ahmed Abou Qassem (33 ans), son épouse Asmaa Ghazi Abou Qassem et leur fille Habiba Omar Sami Abou Qassem, âgée de six ans. Par ailleurs, Hani Iyad Al-Ghoul a succombé à ses blessures après avoir été grièvement atteint lors d’un précédent bombardement visant le quartier de Cheïkh Radwane, au nord-ouest de la ville de Ghaza. Plusieurs civils ont également été blessés lors d’une frappe menée aux abords du ministère des Waqfs à Ghaza. Le journaliste Yasser Abou Adhra ainsi qu’une enseignante ont été touchés par des tirs de l’occupant dans la région d’Al-Mawassi, à Khan Younès. Des sources médicales ont en outre signalé plusieurs blessés, dont un dans un état critique, à la suite d’une frappe de drone ayant ciblé, mercredi matin, une tente abritant des déplacés près de la cité d’Asdaa, au nord de Khan Younès.

Bombardements et destructions se poursuivent
Les forces de l’occupant ont poursuivi leurs opérations militaires à travers l’ensemble de la bande de Ghaza. L’artillerie a bombardé le nord-est du camp de réfugiés d’Al-Bureïj ainsi que le quartier d’Al-Choujaïa, à l’est de la ville de Ghaza. Dans le sud de l’enclave, d’importantes opérations de destruction ont été menées dans la zone de Qizan Al-Najjar, au sud de Khan Younès. Des drones israéliens ont également largué des bombes à proximité du rond-point Bani Souheila, tandis que les chars ouvraient un feu nourri sur les secteurs orientaux de la ville. Selon les autorités palestiniennes, l’occupant poursuit la violation de l’accord de cessez-le-feu en multipliant les frappes aériennes et d’artillerie contre les zones accueillant des déplacés, les destructions systématiques dans la zone dite de la « ligne jaune », tout en maintenant les restrictions imposées à l’acheminement des marchandises, de l’aide humanitaire et aux déplacements des personnes.

Plus de 1 100 martyrs depuis le cessez-le-feu
Le ministère palestinien de la Santé a indiqué que le bilan des victimes depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 10 octobre dernier, s’élève désormais à 1 123 martyrs, 3 616 blessés et 800 corps extraits des décombres. Depuis le début de l’agression, le 7 octobre 2023, le bilan global atteint 73 246 martyrs et 173 727 blessés, illustrant l’ampleur des pertes humaines subies par la population palestinienne.

Les restrictions sur le retour des Palestiniens dénoncés
Parallèlement, le Centre de Ghaza pour les droits de l’Homme a exprimé sa profonde inquiétude face à la politique de l’occupant consistant à empêcher des Palestiniens de regagner la bande de Ghaza, y compris des femmes, des enfants, des personnes âgées et des malades. Dans un communiqué publié mercredi, l’organisation affirme avoir recueilli, ces dernières semaines, un nombre croissant de témoignages faisant état de refus de retour opposés par les autorités israéliennes à des habitants de Ghaza ayant quitté temporairement l’enclave pour des soins médicaux ou d’autres raisons. Le Centre explique que les Palestiniens souhaitant rentrer doivent s’inscrire auprès de l’ambassade de Palestine au Caire ou par l’intermédiaire d’une société de coordination privée, avant que leurs noms ne soient soumis aux autorités israéliennes pour approbation. Une procédure qui peut durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Selon l’organisation, ces refus sont fréquents, imprévisibles et ne sont accompagnés d’aucune justification, sans qu’il existe de mécanisme juridique efficace permettant de les contester. Les décisions touchent indistinctement femmes, enfants et personnes âgées, transformant ainsi le droit au retour en une autorisation soumise au bon vouloir de l’occupant. Le Centre affirme avoir documenté plusieurs cas de femmes bloquées à l’étranger depuis des mois, voire des années, sans pouvoir retrouver leurs époux et leurs enfants, ainsi que celui de patients ayant achevé leurs traitements médicaux hors de Ghaza mais demeurant empêchés de rentrer. Les témoignages recueillis font état de situations humaines particulièrement éprouvantes. Une mère de famille de 34 ans, partie se faire soigner à l’étranger, raconte avoir appris au dernier moment que son retour était refusé alors que ses enfants l’attendaient depuis près de deux ans. Une autre femme, âgée de 42 ans, dit ne pas comprendre pourquoi son retour dans sa maison détruite dépend désormais d’une autorisation de l’occupant. Un homme de 68 ans, parti pour recevoir des soins, affirme souffrir de son isolement loin de ses enfants et petits-enfants.

Appel à une intervention internationale
Le Centre de Ghaza pour les droits de l’Homme considère que l’obligation faite aux Palestiniens de se soumettre à des contrôles sécuritaires avant de pouvoir rentrer chez eux constitue une violation du droit international, notamment du droit à la liberté de circulation, du droit de retourner dans son pays et du droit à l’unité familiale. L’organisation souligne également que les personnes autorisées à rentrer sont souvent soumises à de longues fouilles, à des interrogatoires répétés, à la confiscation de leurs effets personnels, et que certains voyageurs, pourtant munis d’autorisations préalables, ont été arrêtés ou victimes de mauvais traitements lors de leur passage. Estimant que ces pratiques s’inscrivent dans une politique plus large visant à imposer un déplacement forcé des Palestiniens et à modifier la composition démographique de la bande de Ghaza, le Centre appelle les Nations unies, le Comité international de la Croix-Rouge, les rapporteurs spéciaux des droits de l’Homme et l’ensemble de la communauté internationale à intervenir d’urgence afin de garantir le retour inconditionnel de tous les Palestiniens bloqués hors de Ghaza, de mettre fin aux interdictions arbitraires et d’engager des poursuites contre les responsables de ces violations.
M. Seghilani

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