De l’avis même des partenaires étrangers, l’Algérie a fait des pas de géant dans l’industrie pharmaceutique en s’approchant de l’autosuffisance.
Pour le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, cité par l’APS, « l’Algérie est le seul pays en Afrique et l’un des rares pays au monde à fabriquer plus de 80% des produits de santé qu’ils utilisent ». Jean Kaseya, qui a participé lundi à Alger, aux travaux d’un atelier régional sur le développement du programme d’évaluation des techniques de la santé, dit avoir fait ce constat à l’occasion de sa visite en Algérie, en novembre dernier. En fait, dans la fabrication de médicaments, l’Algérie a atteint un taux de couverture de 83 % des besoins du marché national. Selon les sources officielles, il y a 233 unités et usines de production pharmaceutique en Algérie. En les rapportant aux 600 usines pharmaceutiques en Afrique, ce sont 30 % de l’industrie pharmaceutique africaine qui se trouvent dans notre pays. D’autres progrès sont à venir. Les mêmes sources affirment que le ministère de l’Industrie pharmaceutique a validé 100 nouveaux projets en cours de réalisation, dédiés notamment aux médicaments innovants. L’Algérie compte réaliser un centre de recherche biologique et de production de vaccins ainsi qu’un projet de thérapie cellulaire. L’Algérie projette la réalisation d’une unité de production pharmaceutique dans la wilaya de Tamanrasset ou dans une autre wilaya du Sud, spécialisée dans les médicaments contre les maladies tropicales au sud. Autres indicateurs chiffrés : le tissu industriel national est composé de plus de 780 lignes de production couvrant différentes classes thérapeutiques, y compris des médicaments complexes ; 54 types de médicaments anticancéreux sont fabriqués localement sur environ 200 enregistrés dans la nomenclature nationale dédiée à la lutte contre le cancer. Il est utile de rappeler que l’Algérie est le seul pays en Afrique et dans le monde arabe à produire localement, à 100 %, des stylos à insuline. Les performances du secteur de l’industrie pharmaceutique s’inscrivent dans la promotion d’une économie libérée de la dépendance aux hydrocarbures. Dans ce sens, le secteur de l’industrie pharmaceutique s’avère un des plus florissants dans la réponse aux besoins nationaux et par les perspectives réelles qu’il ouvre aux exportations hors-hydrocarbures, en particulier vers les pays africains. Au début de cette année, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a annoncé que l’Algérie exportera vers la Tunisie des matières premières, notamment celles destinées à la production de paracétamol et d’antibiotiques. C’était à l’occasion d’une visite effectuée, en compagnie du ministre tunisien de la Santé, Mustapha Ferjani, à travers des unités de production de médicaments dans la capitale. Ouacim Kouidri a précisé que la Tunisie serait le premier partenaire à bénéficier de l’exportation de ces matières premières. Les deux ministres avaient visité l’Unité de production du groupe Saidal à El-Harrach, où les capacités de production et les perspectives de développement de la production de matières premières ont été mises en avant, ainsi que les Laboratoires Frater-Razes, qui fabriquent plus de 150 produits pharmaceutiques, dont l’insuline, des anticancéreux et des produits de biotechnologie. À ce propos, Jean Kaseya a fait remarquer que l’Algérie met à la disposition des pays africains des produits pharmaceutiques, mais aussi des ressources humaines. « En travaillant avec les pays africains, on parvient à maîtriser les épidémies là où elles sont et c’est cela aussi qui fait la souveraineté et la sécurité sanitaire de l’Algérie », a-t-il affirmé. Il a, en outre, mis en avant l’importance de la création du ministère de l’Industrie pharmaceutique en Algérie, estimant que cela montre toute la vision que le président Abdelmadjid Tebboune a par rapport à ce domaine.
M’hamed Rebah













































