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SITUATION DES CANCEREUX DANS LES HÔPITAUX : Un collectif d’associations tire la sonnette d’alarme

Un collectif d’une douzaine d’associations ont tiré la sonnette d’alarme sur la situation « catastrophique » dans laquelle se retrouvent les cancéreux. À tel point qu’il appelle à l’intervention du président de la République pour décider de quoi à même de prendre en charge les malades qui « n’arrivent vraiment pas à les traiter ».

En cause, « absence de la radiothérapie, ruptures cycliques de médicaments, des enfants décèdent faute de médicaments…», révèle Hamida Kettab, présidente de l’association El-Amel des malades cancéreux, dans une conférence de presse. « Les malades sont désorientés, ils n’arrivent pas à trouver où se faire traiter. Ils n’arrivent pas à avoir des rendez-vous de radiothérapie. Ils sont obligés d’attendre des mois et des mois pour décrocher un rendez-vous », se plaint-elle. « Le problème, c’est la mauvaise gestion », précisant qu’en mettant en place 50 accélérateurs et 15 CAC (centres anti cancer), l’Algérie « a mis le paquet » dans la lutte contre cette maladie, citant également les délais d’attente pour les rendez-vous qui demeurent les mêmes malgré la multiplication des centres anti-cancer. « En 2009, on avait sept accélérateurs et les délais d’attente pour les rendez-vous étaient entre 8 mois et une année, en 2021 avec 50 accélérateurs les délais d’attente sont toujours de 8 mois à une année, car uniquement 13 appareils sont fonctionnels, dénonce-t-elle, navrée. « 80% des femmes subissent des mastectomies (ablation totale du sein) à tort, à cause des retards dans les rendez-vous de radiothérapie. La plupart n’ont pas les moyens de se soigner dans les centres privés », poursuit-elle. Le protocole (25 séances) coûte 250 000 DA, non remboursables par la Caisse nationale des assurés sociaux. La plateforme numérique, mise en œuvre au mois de janvier de l’année en cours pour centraliser les rendez-vous de radiothérapie, est inopérante. Nous réclamions l’immunothérapie. Aujourd’hui, nous manquons de la chimiothérapie de base. 10 femmes décèdent des complications du cancer du sein par jour alors qu’elles auraient pu être sauvées, s’insurge-t-elle. Par ailleurs, dans une déclaration faite en avril dernier à ce sujet, le Pr Kamel Bouzid, chef du service oncologie au CPMC d’Alger, a déploré avec force la mauvaise prise en charge des malades atteints de cancers en Algérie en particulier les enfants. Il y a eu une amélioration sensible depuis 2010-2011 à la suite de ma première intervention sur la nécessité d’acheter les appareils de radiothérapie, chose qui a été faite par les autorités successives. En 2010, nous en étions à 10 appareils et aujourd’hui on en a plus d’une cinquantaine, que ce soit dans le secteur public ou privé. Et en théorie, c’est suffisant pour couvrir les besoins de radiothérapie de tous les Algériens. Ça n’est pas le cas encore pour des raisons liées à la gestion des centres anti-cancer (CAC) qui a été confiée à des bureaucrates au lieu des techniciens du secteur.
S. Oubraham