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SIT-IN DES JOURNALISTES DU «GROUPE MÉDIA TEMPS NOUVEAUX» DEVANT LA MAISON DE LA PRESSE ‘’TAHAR DJAOUT’’ : Quinze employés déjà limogés

Plusieurs journalistes, techniciens et autres assimilés de la presse du «Groupe Média Temps Nouveaux», qui regroupe deux chaînes de télévision : Dzair Tv et Dzaïr news, deux quotidiens : Le Temps d’Algérie (francophone), et Wakt El Djazaïr (arabophone) ont organisé, hier, un rassemblement de protestation, devant la maison de la presse Tahar Djaout.
Les employés du groupe médiatique appartenant à l’homme d’affaires, Ali Haddad, ont protesté contre la décision de la fermeture de la chaîne Dzaïr News, ainsi que la suppression des emplois.
«Nous sommes des journalistes et non des membres d’un gang !», «Libérez la presse !», ont scandé, entre autres slogans, les travailleurs du groupe «Temps nouveaux», appartenant à l’homme d’affaires Ali Haddad, détenu à la prison d’El Harrach. Ainsi, l’un des représentants du collectif des protestataires, le journaliste Sid Ahmed Belluna, nous a révélé que «100 employés du groupe Média Temps nouveaux sont dans la liste de licenciement, dont 23 ont signé un contrat à durée indéterminée (CDI) ». En poursuivant : il fait savoir que «l’administration a commencé à passer à l’action, car il y a une quinzaine d’employés qui sont déjà limogés, sans indemnisation, ni explications de leurs situations», a-t-il ajouté.
Par ailleurs, notre interlocuteur a dénoncé «la décision de l’administration du Groupe», portant fermeture de la chaîne de télévision Dzaïr news, «sans donner d’explication». Belluna nous a indiqué aussi que parmi les revendications des employés de ce groupe «il y a la demande de séparation entre la situation du propriétaire Ali Haddad, qui est en prison, et le professionnalisme du métier du journalisme», en appelant «les présents gestionnaires de se retirer, et laisser leurs postes à un collectif de journalistes» a-t-il plaidé.
Pour un autre, Mohamed Amziane, également représentant du Groupe : «les deux chaînes de télévison Dzaïr Tv et Dzaïr news étaient fermés hier, et que les responsables ont justifiés cette fermeture par une crise financière». En poursuivant, il fait savoir que «l’ANEP nous a privé de la publicité pour les deux quotidiens Le Temps d’Algérie et Wakt El Djaïr, sans explications aussi !».
Dans un communiqué de presse, distribué aux journalistes d’autres médias présents à la couverture de ce rassemblement, les employés du Groupe Média Temps Nouveaux disent que «malgré les pressions sur les journalistes à cause des évènements qu’a vécus notre pays dernièrement, nous avons choisi, nous les travailleurs du Groupe Média Temps nouveaux, d’être professionnels en rapportant les évènements avec sincérité et crédibilité, sans aucune déformation des faits, pour servir les intérêts de la Nation, en se serrant les rangs, et en se mobilisant pour servir le bien commun et refuser d’adopter tout agenda politique, à même de diviser les enfants de la patrie», pouvait-on y lire. «Ce défi est chèrement payé par les travailleurs du groupe, qui sont privés de leurs salaires pendant près de trois mois, outre l’application de réalisation arbitraire des contrats de travail d’un nombre important de nos collègues, cette mesure touchera quelque 180 employés, entre journalistes et techniciens, à la fin de ce mois en cours», a cité le communiqué.
Le même document précise que la revendication principale des travailleurs c’est «le départ des gestionnaires du Groupe qui, selon les protestataires, «ont nui» à leurs revendications professionnelles. De ce fait, ils demandent de constituer un comité de gestion du groupe composé de ses travailleurs pour «gérer la situation actuelle jusqu’à ce qu’il y aurait des solutions concrètes, sous l’égide de l’État ou par l’ouverture des portes au profit des investisseurs pour reprendre le groupe» ajoute le communiqué.
Dans le même sens, les rédacteurs du document disent que ce rassemblement vient après «toutes les tentations de dialogue qui ont été fermées entre l’administration et les représentants du Groupe pour sauver 400 employés du chômage, en souhaitant que ces revendications soient appliquées dans l’immédiat.».
Lilia Sahed