L’épidémie d’Ebola en Ouganda est « sous contrôle », a affirmé, jeudi, le directeur général de l’agence sanitaire de l’Union africaine (Africa CDC), Jean Kaseya, qui a salué le suivi des cas contacts dans ce pays où 19 cas, dont deux décès, ont été recensés en près d’un mois. « L’épidémie est réellement sous contrôle en Ouganda », a déclaré M. Kaseya, ajoutant que la capitale Kampala, outre les 19 cas, a recensé 792 cas contacts, tous « sous surveillance active ».
« L’Ouganda fait un excellent travail », a-t-il poursuivi. En visite lundi en Ouganda, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus avait lui aussi loué la stratégie de Kampala, pointant notamment un « taux de létalité (…) inférieur à 1% ». La République démocratique du Congo (RDC), épicentre de l’épidémie, a déclaré le 15 mai une épidémie de fièvre hémorragique provoquée par le virus Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique. Plus de 635 cas y ont été confirmés, dont 127 décès dans ce pays de plus de 100 millions d’habitants. L’Ouganda voisin avait également confirmé le 15 mai la présence d’Ebola sur son territoire. La majorité des cas recensés sont des ressortissants congolais. Selon l’agence sanitaire de l’Union africaine, chaque cas confirmé doit entraîner le recensement d’au moins 40 cas contacts. En RDC, alors que plus de 600 cas ont été confirmés, un peu moins de 5.000 cas contacts ont été identifiés alors « qu’environ 24.000 personnes » devraient figurer sur cette liste, selon Jean Kaseya. « Si nous ne faisons pas de suivi, cela signifie qu’il existe un risque énorme de transmission continue au sein de la communauté » en RDC, a-t-il dit. L’épicentre de l’épidémie en RDC se trouve dans la province orientale de l’Ituri, difficilement accessible en raison du mauvais état des routes et de l’insécurité entretenue par les groupes armés. M. Kaseya a plaidé pour un cessez-le-feu dans l’Est de la RDC « sinon, l’épidémie se poursuivra, et elle ne fera aucune distinction entre les rebelles et les non-rebelles », a-t-il prévenu. L’OMS a déclenché une alerte sanitaire internationale. Elle estime que le risque pour la santé publique est très élevé en RDC, élevé au niveau régional et faible au niveau mondial. Ebola, qui se transmet par contact rapproché et par les fluides corporels, a tué plus de 15.000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années.
RD Congo : neuf centres de lutte ouverts
Neuf centres spécialisés dans la lutte contre la propagation de la fièvre Ebola ont été mis en place dans la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a rapporté le portail Actualité jeudi. « La province de l’Ituri renforce son dispositif de riposte contre la maladie à virus Ebola avec la mise en service de huit Centres de traitement Ebola (CTE) déjà opérationnels, auxquels viendra s’ajouter une nouvelle structure en construction à Nyankunde », a indiqué le site. « Cette évolution intervient dans un contexte où la province demeure l’épicentre de la 17ème épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, avec une pression persistante sur les structures sanitaires », a-t-il souligné. Le nombre de cas confirmés d’Ebola en RDCongo est passé à 635, dont 127 décès, selon le dernier rapport de situation publié mercredi par les autorités sanitaires.
L’épidémie actuelle, due au Bundibugyo ebolavirus, a été officiellement déclarée le 15 mai. Il s’agit de la 17ème épidémie d’Ebola enregistrée en RDC depuis la découverte du virus dans le pays en 1976.
R. I.













































