SALIM LABATCHA

SCRUTIN DU 12 DÉCEMBRE : L’UGTA ne soutient aucun candidat 

Alors que son prédécesseur avait toujours fait part de son soutien inconditionnel au candidat du pouvoir à la présidentielle, Salim Labatcha déroge à la règle en annonçant que l’UGTA ne soutient aucun candidat pour les prochaines élections prévues le 12 décembre. Intervenant, mercredi, à l’ouverture d’une conférence régionale des cadres syndicaux dans l’Ouest du pays, le secrétaire général de l’UGTA, Salim Labatcha, a indiqué à ce propos que «la Centrale syndicale a décidé de respecter les convictions des travailleurs et leurs appartenances politiques respectives», soulignant que cette organisation «ne retourne plus au passé où l’on soutenait un candidat en lisant un communiqué au nom de toutes les fédérations». Toujours dans le même contexte, il a affirmé que «les travailleurs choisiront leur Président en toute liberté, et la direction de l’UGTA ne soutiendra personne, tous les candidats sont des algériens, celui qui sortira des urnes nous lui dirons bienvenue et nous travaillerons avec lui». Labatcha a, par ailleurs, mis l’accent sur la nécessité de passer à une autre phase politique, capable d’organiser, selon lui, les affaires économiques et prendre des décisions audacieuses pour relancer l’économie nationale. Il a estimé que l’activité politique actuelle, marquée par l’instabilité et le manque de clarté, a engendré des problèmes sur le plan économique. « L’actuel exécutif reste limité en termes de prérogatives et ne dispose pas de possibilités pour prendre en compte les difficultés économiques ayant entraîné une baisse du niveau de vie et du pouvoir d’achat des travailleurs», a-t-il soutenu. Le successeur de Sidi Saïd a rappelé, devant l’assistance, que l’UGTA, en vertu des objectifs assignés lors de son congrès de renouvellement de juin dernier, œuvre en permanence pour relancer la situation sociale, défendre la dignité du travailleur, en améliorant ses revenus, militer jusqu’à la satisfaction de la revendication portant réduction de l’IRG. Pour lui, la justice sociale passe par une équité dans l’acquittement des impôts. Les travailleurs, a-t-il relevé à ce propos, versent plus de 30 % de taxes, dépassant celles versées par les professions libérales. D’autre part, Salim Labatcha a insisté sur le rôle du syndicat dans la lutte contre la corruption, par sa présence dans toutes les entreprises, notant que l’ère de l’impunité est révolue en Algérie et que tout responsable est appelé à rendre des comptes quelque soit son autorité. S’agissant de l’organisation de l’exercice syndical, l’intervenant a souligné que la Centrale syndicale rejette le projet d’amendement de la loi régissant l’activité syndicale qui préconise la suppression de l’exigence de la nationalité algérienne pour créer une organisation syndicale. Il a également fait savoir que la centrale refuse la tentative d’ingérence de l’Union européenne dans les affaires internes de l’Algérie, soutenant que c’est la France qui se cache derrière l’U.E. pour nuire à l’Algérie.

Ania Nait Chalal