Saison estivale : les plages de l’Est algérois sous-équipées et mal gérées

L’absence d’équipements de base (douches, WC, parkings, restauration, …) et le  »point noir » des plages de la côte est de la wilaya d’Alger, qui reçoit ces derniers jours un rush des estivants, a constaté une commission de l’Assemblée populaire de wilaya (APW). Le manque de toilettes, de douches et de vestiaires et l’absence d’eau dans les robinets n’empêchent, cependant, pas des dizaines de milliers d’estivants de se rendre aux plages  »des Sirènes I »,  »Stamboul (ex-Bateau cassé) » de Bordj El Kiffan,  »Alger-plage » (Bordj El Bahri), Tamentfoust d’El Marsa,  »Surcouf » de Ain Taya,  »El Qadous » de Heuraoua ou encore Réghaïa-plage. « Les habitants d’Alger-est, notamment les familles, n’ont pas d’autres endroits où aller durant la saison estivale, à part les plages qu’ils fréquentent, malgré l’absence d’un service minimum », ont estimé des élus à l’Assemblée populaire de wilaya (APW), qui ont inspecté en fin de semaine, cette partie du littoral algérois. Après avoir visité dimanche les plages d’Alger-ouest, notamment Raïs Hamidou et mardi, les criques du centre de la capitale dont celles de Bab El Oued, la délégation de l’APW d’Alger, conduite par le président de la commission Tourisme, Madjid Lamdani, a entamé sa tournée d’inspection à la plage les  »Sirènes I » de Bordj El Kiffan. A l’image du port de Raïs Hamidou, les  »Sirènes I » est un chantier où de gros travaux d’aménagement (une longue promenade, des accès pour piétons et des terre-pleins) sont en cours de réalisation, alors que la plage est autorisée à la baignade. L’entreprise n’a pas profité du mois de ramadhan (juin-juillet) pour faire avancer les travaux, selon des riverains. Si à Raïs Hamidou les estivants se baignent dans un espace contigu au milieu des bateaux de pêche et de plaisance, aux  »Sirènes », ils prennent plutôt place, parmi les camions de gros tonnage et des engins de terrassement. Ici, les vacanciers, dont la plupart habitent le quartier voisin, n’ont droit, ni aux toilettes, ni aux vestiaires, ni aux douches. Même les agents de la protection civile s’étaient installés comme toutes les autres familles sous un parasol, en l’absence d’un local et des moyens d’intervention, a-t-on constaté. « La plage est en chantier. Elle a été exceptionnellement ouverte cette année à la baignade, parce que les habitants n’ont pas où aller. Après la fin des travaux, vous verrez, les Sirènes I sera la plus belle plage de la capitale », a tenté d’expliquer le président de l’APC de Bordj El Kiffan, Keddour Haddad.

Stationnement, le calvaire des estivants
« Tant que la plage est autorisée à la baignade, elle doit disposer de tous les équipements nécessaires », estime de son côté le chef de la délégation de l’APW, M. Lamdani. Au niveau de la plage  »Stamboul », la délégation a découvert une grande plage, mais peu accueillante: les équipements de services (kiosques, boutiques) sont inexistants, et ceux de bases (toilettes et douches) sont implantés à l’entrée du site, de quoi les rendre inaccessibles.
« Les différents équipements nécessaires doivent être sur la plage, à la disposition des estivants », a indiqué M. Lamdani, qui a longuement expliqué à des jeunes à Tamentfoust l’illégalité de leur activité de location de parasols et le squat des plages au détriment des estivants. Avec respectivement 1,8 km et 1,5 km, El Qadous (Heuraoua) et Réghaïa-plage, représentent les plus vastes plages de tout le littoral algérois. Au moment du passage de la délégation, en fin d’après midi, aucune place n’était disponible pour planter un parasol en bord de mer.
Les équipements disponibles (toilettes et douches) sont loin d’offrir un service minimum aux estivants: la plage d’El Qadous dispose uniquement deux cabines de toilettes pour des milliers d’estivants, avec, en prime, une absence d’eau dans les robinets depuis plusieurs jours, ont déploré les élus. A Surcouf, dans la commune de Ain Taya, les estivants se plaignent de tout: absence d’eau, de toilettes, de douches, d’accès à la plage et même de parkings aménagés. Les voitures sont garées anarchiquement, à 50 DA la place, au milieu de champs de rosiers, une situation qui fait qu’à chaque fois qu’un automobiliste veut utiliser son véhicule, il ameute toute la plage.
« Le stationnement est un calvaire », a résumé un habitué des lieux.

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