Face à la multiplication des actes hostiles à son égard de la part d’un pays vassal, et un proxy aux mains des forces de déstabilisation, la patience de l’Algérie a des limites. Il était temps de couper les ponts. Bon débarras !
Contrairement aux Émiratis arabes unis qui agissent masqués dans leurs actions malveillantes, l’Algérie assume publiquement les décisions qui relèvent de sa politique étrangère. Le conseiller de Mohammed ben Zayed Al Nahyane, voix de son maître, nous a donné la preuve. Il a, dans une sortie-réponse à la décision de rupture diplomatique prise par l’Algérie, joué les innocents en invitant notre pays à en « fournir des preuves ». C’est comme exiger de l’Algérie des preuves superfétatoires alors que les actes hostiles des Émirats sont notoires. Ce ne sont pas seulement les Algériens qui documentent et attestent, avec des preuves matérielles irréfutables, les actes hostiles des Émirats. La télévision nationale a diffusé des échanges « Messenger » compromettants et impliquant directement les Émirats. Le documentaire révèle comment les agents ennemis tentent de recruter des taupes et de soudoyer des serviteurs parmi les Algériens en contrepartie d’offres financières colossales. Outre des rapports médiatiques élaborés sur la base d’enquêtes sécuritaires en Algérie, les médias étrangers, à l’exemple des récentes révélations de « Financial Times », en savent également quelque chose à propos du rôle de premier plan d’Abu-Dhabi, désigné comme une puissance de déstabilisation dans le monde entier. (Voir article détaillé en ouverture de la page 2).
Quant aux raisons derrière la rupture, il sera utile d’énumérer tous les méfaits qui ont présidé à cette décision somme toute souveraine. Des tentatives d’influencer le cours des élections présidentielles de 2019 jusqu’à la récente affaire de 228 kg de cocaïne saisis à Oran impliquant un réseau international – dans lequel figure une narcotrafiquante algérienne, influenceuse de son état – ayant des ramifications à Abu-Dhabi, en passant par le soutien franc et public à une organisation séparatiste et terroriste (le MAK), les Émirats ont joué toutes les cartes pour déstabiliser l’Algérie en cherchant à lui faire payer ses positions de principe en faveur des causes justes et son opposition farouche contre l’impérialisme et l’expansionnisme sioniste. Sur le plan régional, les ingérences manifestes des Émirats commencent sérieusement à peser sur la stabilité et la sécurité dans le Sahel, avec notamment l’entretien des foyers de tension.
En 2023, Abu-Dhabi a « investi » 15 millions d’euros au Maroc pour financer des campagnes d’intox contre l’Algérie et aussi pour envenimer ses relations avec ses voisins du Sahel. Dans cette série de reproches, il y a aussi le fait que les Emirats servent d’abri à tous les coupables de corruption et autres détournements de deniers publics qui ont fui la justice algérienne. Aujourd’hui encore, Abu-Dhabi assure le gîte et le couvert à tous les influenceurs candidats au dénigrement de leur pays, l’Algérie. Lorsqu’encore les recrues d’Abu-Dhabi ne soient pas employées comme des chevaux de Troie pour surveiller les faits et gestes de l’Algérie.
Bon débarras !
Devant la multiplication des actes hostiles, l’Algérie a, malgré tout, fait montre d’une grande retenue et d’un sens élevé des responsabilités. « Elle n’a cessé, dans un esprit de respect des principes qui régissent les relations entre États, d’appeler leur attention et de les mettre en garde contre les graves conséquences de leur comportement regrettable et injustifiable », note un communiqué du ministère des Affaires étrangères introduisant la décision de rupture. « En dépit de ces nombreuses mises en garde, les Émirats arabes unis ont persisté dans leurs agissements qui ont malheureusement atteint les limites de ce qui est admissible ou tolérable dans le cadre de relations entre deux États souverains et ne sauraient rester sans réponse », précise le communiqué. « En conséquence, et après avoir épuisé toutes les voies permettant de préserver les relations bilatérales, le gouvernement algérien a pris, ce jour, la décision de procéder à la rupture des relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis », souligne le communiqué. « L’ambassadeur des Émirats arabes unis a été reçu ce jeudi 10 septembre 2026 au siège du ministère des Affaires étrangères, où cette décision lui a été formellement notifiée. Il lui a été signifié qu’un délai de 48 heures lui a été accordé pour se conformer à cette décision », conclut la même source.
L’espace aérien fermé
Conséquemment à cette décision, l’Algérie a décidé de fermer son espace aérien, à partir du vendredi 11 septembre 2026 à minuit, à l’ensemble des aéronefs civils et militaires immatriculés aux Émirats arabes unis, en provenance ou à destination de ce pays, selon un communiqué du ministère de la Défense nationale. « Suite à la rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et les Émirats arabes unis, l’Algérie a décidé de fermer son espace aérien, à partir du 11 septembre 2026 à 00:00, à l’ensemble des aéronefs civils et militaires immatriculés aux Émirats arabes unis, en provenance ou à destination de ce pays, à l’exception des vols commerciaux civils émiratis en provenance ou à destination de l’aéroport international Houari-Boumédiène d’Alger, qui seront maintenus jusqu’à la fin de l’année 2026, date de fin du contrat », précise la même source.
Farid Guellil














































