Bouteflika

REPORT DE LA PRÉSIDENTIELLE ET RENONCEMENT AU 5E MANDAT : Focus mondial sur les décisions du président Bouteflika

La décision du président Bouteflika de reporter l’élection présidentielle du 18 avril prochain et son renoncement à un cinquième mandat, annoncée lundi soir, est en focus de la presse mondiale tant au niveau des éditoriaux mais aussi des débats et analyses de presse. Ainsi la majorité des grands médias internationaux montre de la satisfaction pour cette décision qui fait suite à des manifestations de grande ampleur qui ont poussé près de 15 millions d’algériens à sortir réclamer pacifiquement le départ du Président sortant. Pour le journal parisien Libération « (…) Abdelaziz Bouteflika promet une nouvelle révolution algérienne : pas de cinquième mandat, une conférence nationale pour réformer les institutions, une nouvelle Constitution largement débattue et une élection présidentielle dont il promet qu’elle sera organisée selon les critères internationaux de sincérité démocratique. S’il tient parole, c’est un autre printemps arabe qui se déroulera, dans le plus grand pays du Maghreb, plein d’espoir et d’énergie, à côté de la valeureuse Tunisie, au rebours des échecs égyptiens et, surtout, de la tragédie syrienne. S’il tient parole, si cette lettre s’applique complètement, Abdelaziz Bouteflika, se rapprochera des bâtisseurs de la liberté, tel un Gorbatchev ou un De Klerk arabe. Il restera alors dans l’histoire comme le grand passeur, celui qui, malgré son handicap, aura senti, compris, entendu, l’aspiration profonde de son peuple à l’ouverture et à la modernité (…) ». Tout en reprenant l’information des décisions présidentielles, le quotidien français Le Monde relève toutefois dans un article intitulé «Bouteflika reporte la date de la présidentielle algérienne» que cette décision laisse entendre que le chef de l’état algérien reste en poste après expiration de son mandat, le 28 avril 2019. Le Monde souligne à ce propos que cette nouvelle offre politique a suscité «des réactions mitigées de la part des Algériens». «Ils étaient nombreux à célébrer le renoncement du Président à se présenter une cinquième fois, tout en condamnant le prolongement implicite de la durée de son quatrième mandat », rapporte le média français. à titre d’exemple, Le Monde reprend un tweet de l’ex-diplomate et ancien ministre de la Culture Abdelaziz Rahabi, qui estime que «le président Bouteflika se moque du peuple (…) Son acharnement à rester au pouvoir va pousser le pays vers l’inconnu et est un danger pour la stabilité de l’état et l’unité du pays». Toujours en France, le quotidien Le Figaro précise que l’annonce a été saluée par la classe politique française. Le quotidien reprend une déclaration dans laquelle le secrétaire d’état français auprès du ministre de l’éducation nationale, Gabriel Attal, indique que «la France prend acte du renoncement du président Bouteflika» de se présenter à un cinquième mandat à la tête de l’Algérie. «Je ne crois pas avoir beaucoup d’autres commentaires à faire. Les Algériens tiennent à ce qu’on respecte leur indépendance, leur souveraineté, ils ne veulent pas qu’on fasse de l’ingérence», a-t-il poursuivi. Le Figaro reprend, par ailleurs, un tweet du leader de La France insoumise, Jean- Luc Mélenchon, qui estime que «par sa mobilisation massive, le peuple algérien obtient la satisfaction de sa principale revendication : Abdelaziz Bouteflika renonce à se présenter à la présidentielle. Chapeau le peuple algérien ! En France on devrait y réfléchir». S’agissant des médias russes, la version arabophone du site internet de RT a consacré plusieurs dépêches à la décision du président Bouteflika de renoncer au 5e mandat. Dans l’une d’elles, RT reprend néanmoins une déclaration du président du parti Front Al-Mostaqbal, Abdelaziz Belaïd, qui estime que les initiatives prises par le chef de l’état algérien «violent de manière claire la Constitution ». à l’instar du site internet de la BBC, les médias britanniques se sont, pour l’heure, contentés de reprendre telle quelle l’annonce du président de la République et de rappeler la mobilisation pacifique massive des Algériens contre le projet du cinquième mandat. Aux états-Unis, le Washington Post indique dans un article intitulé «Le président algérien ne sera pas candidat à un cinquième mandat après des manifestations de masse réclamant sa démission» estime qu’Abdelaziz Bouteflika a procédé à un «revirement spectaculaire». Le quotidien US rappelle que «Bouteflika, âgé de 82 ans, est devenu le cinquième dirigeant depuis les soulèvements du Printemps arabe de 2011 à être mis en difficulté par la pression de l’opinion publique». Le Washington Post reprend Timothy Kaldas, analyste politique au Moyen-Orient basé au Caire. Mokhtar Bendib