Rencontre, aujourd’hui, du groupe « initative pour la continuité » : 15 partis politiques pour un nouveau mandat à Bouteflika

Depuis le début de l’été, c’est devenu une mode dans la vie politique : des partis se rencontrent, des commissions bilatérales et des initiatives florissantes. Vient alors l’heure des grands rassemblements et alliances.

Et les partis de la majorité présidentielle sont les premiers à ouvrir le bal. Un rassemblement réunira aujourd’hui, 15 responsables de partis politiques au siège de la formation de l’Alliance nationale républicaine (ANR) à Bouchaoui Ouest d’Alger, pour « expliquer » l’initiative de « soutien à la continuité » menée par le FLN. Le président de l’ANR, Belkacem Sahli, a affirmé, lundi, que les 15 chefs de partis politiques qui seront présents lors de cette méga rencontre, desquels il n’a pas cité les noms, signeront aujourd’hui officiellement un communiqué final, où ils apportent leur soutien et souhait de voir le président se succéder à lui-même lors des prochaines présidentielles de 2019.
Autres objectifs déclarés de cette rencontre ? « Enraciner les vertus de dialogue et de la concertation dans la classe politique ainsi que d’expliquer “l’initiative pour la Continuité” en rapport au soutien et appui au président Bouteflika pour continuer à diriger le pays. Cela en plus d’exposer les avis et positions des partis politiques sur l’actualité nationale et internationale», note un communiqué de l’ANR. La rencontre entre les 15 chefs de partis sera clôturée par « une conférence de presse animée conjointement par les présidents des partis concernés ». Mais, qui sont ces « partis concernés » ? L’ANR n’en dit pas plus de détails, cependant des noms et des formations s’imposent d’elles-mêmes. Ainsi, l’on cite déjà : FLN, RND, TAJ, – des partis qui réclament officiellement un cinquième mandat pour Bouteflika -, FN et El-Islah, dont les présidents respectifs Moussa Touati et Filali Ghouini n’en cachent pas leur soutien au président. D’autres, par contre, sont pressentis d’être présents comme Abdelkader Bengrina du Mouvement El-Bina et Amara Benyounès du MPA.
Une nouvelle étape dans cette série interminable de rencontres « de consultations » entre chefs de partis entamée depuis le début de cet été ? L’ANR ne fait, en tout cas, que répondre favorablement et concrétiser l’appel lancé par le SG de Front de libération nationale (FLN), Djamel Ould Abbès, pour une large alliance en soutien au président de la République. Lors d’une rencontre avec le président de TAJ, Amar Ghoul, ils ont déclaré ensemble qu’ils sont désormais en campagne électorale pour gagner une large adhésion populaire au président de la république et le solliciter à continuer son parcours à la tête du pays. Ould Abbès avait même promis une « surprise » pour cette semaine.
La méga rencontre d’aujourd’hui en est-elle cette surprise ? Toutefois, malgré ses objectifs clairement déclarés, certains observateurs pensent que l’initiative du FLN pour le « soutien à la continuité » vient en premier lieu comme une réponse à l’initiative de « Consensus national » lancée par Abderrezak Makri du MSP, qui a bouleversé le paysage politique : beaucoup d’initiatives se sont apparues depuis.
Consensus national, l’Algérie pour tous, lancées par l’ancien ministre Abdelkader Bengrina du Front El-Bina ou encore d’autres initiatives, mais plus vieilles comme celles du FFS ou du PT (Assemblée constituante). Raisons ? Casser le mutisme suffocant qui caractérise la scène politique nationale et mobiliser à huit mois du rendez-vous électoral le plus important et le plus décisif du pays, qui est la présidentielle prévue l’année prochaine.
Hamid Mecheri