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PRÉSIDENTIELLE PRÉVUE LE 4 JUILLET : Les candidats «potentiels» se retirent

Belkacem Sahli, Abdelaziz Belaid, Ali Ghediri et Abdelkader Bengrina ne sont plus candidats à la candidature de l’élection présidentielle prévue le 4 juillet. Les quatre postulants «potentiels» ont annoncé leurs retraits de la course à quelques heures seulement de la clôture de l’opération de dépôt des dossiers de candidature auprès du Conseil constitutionnel. «Les conditions de la tenue d’une élection ne sont pas réunies», ont-ils trouvé comme motif à ce renversement de situation.

Belkacem Sahli se retire à la dernière heure

À quelques heures de la fin du délai légal de dépôt des dossiers de candidature à l’élection présidentielle du 4 juillet prochain, auprès du Conseil constitutionnel notamment, et au lendemain du 14e vendredi du mouvement populaire pacifique, Belkacem Sahli, Secrétaire général de l’Alliance nationale républicaine (ANR), a annoncé l’annulation de sa participation. Preuve en est, il n’a pas déposé le dossier de candidature.

Dans un communiqué de presse, rendu public hier, Sahli a affirmé qu’il se retire de la course au palais d’El Mouradia, au lendemain de l’annonce de la liste des candidats par le ministère de l’Intérieur dont Sahli est classé le 45e. À cet effet, selon la même source, Sahli a justifié cette décision en disant que toutes les «conditions ne sont pas réunies».
Pour l’ANR, des mesures politiques devaient accompagner la solution constitutionnelle, dont «l’installation d’une instance indépendante d’organisation des élections et la révision du code électoral », ainsi la formation d’un «gouvernement de compétences devait être nommé afin de procurer un minimum de crédibilité à ces élections», selon Sahli qui a réitéré son affirmation a l’obligation du départ de Bouchareb, président de l’APN revendiqué par le peuple, oubliant à cet effet que le mouvement réclame tout de même le départ de Abdelkader Bensalah chef d’Etat intérimaire et Bedoui Chef du gouvernement, ce dernier dénonce l’illégitimité de la composante de l’Assemblée nationale populaire, en estimant qu’il faut «opérer rapidement des changements et la restituer à ceux qui ayant droit» rapporte le communiqué.
D’après Sahli toutes «ces conditions non réunies», nécessitent le report des élections présidentielles«pour quelques semaines en respectant la Constitution». Selon l’ANR, suspendre sa participation annoncée le 27 avril passé, est justifié constitutionnellement, judiciairement, politiquement et même du côté du mouvement vu que «le peuple rejette ce rendez-vous pour l’absence des mécanismes judiciaires et constitutionnels qui permettent son encadrement» a-t-il indiqué. Avant d’ajouter que l’absence d’un « consensus politique chez la majorité des acteurs politiques et ceux de la scène nationale était la cause de faire de ce rendez-vous une autre ‘’solution perdue’’ pour sortir de la crise » regrette-t-il. Malgré qu’il faut bien le dire que toute la classe politique et le mouvement sont d’accord sur le rejet de ces élections imposées par le pouvoir
À travers ce communiqué, l’ANR affirme son engagement et son soutien à l’Institution militaire et son commandement et cela en renouvelant son «adhésion à la solution constitutionnelle et électorale» comme sortie de la crise actuelle, rappelant, dans ce sillage, quelques lignes du discours du chef d’état-major Gaïd Salah.
Par ailleurs, l’homme qui a voué son soutien indéfectible à l’ex-président Bouteflika, a appelé le peuple, la classe politique et la société civile à concentrer tous les efforts sur le succès de la «période de transition constitutionnelle ». C’est ce qui nous laisse s’interroger pour savoir si cette période serait-elle vraiment constitutionnelle ? Vu que le pays rentrera, après le 9 juillet, date de la fin de la période de présidence de Bensalah, dans un vide constitutionnel surtout si les élections du 4 juillet prochain ne seraient probablement pas maintenues.
Sarah Oubraham

ALI GHEDIRI:
«Je ne suis pas candidat»
C’est au dernier jour de délai de dépôt des candidatures – hier – au scrutin présidentiel prévu le 4 juillet prochain que le général à la retraite, Ali Ghediri, a fait part de son retrait de la course électorale.
L’ex-candidat à l’élection présidentielle avortée du 18 avril dernier juge qu’il « est extrêmement difficile d’organiser l’élection présidentielle à la date prévue ». « Au moment où on avait dit que les élections étaient la meilleure issue et le chemin le plus court, il aurait fallu accompagner ça par certaines mesures. Ça n’a pas été fait », a-t-il confié dans une vidéo postée sur sa page Facebook. En effet, Ali Ghediri estime que « maintenant qu’on est à un mois de la date fixée, il me parait extrêmement difficile si ce n’est impossible qu’on puisse organiser les élections à la date fixée ». Sans ces « certaines mesures » invoquées par Ghediri, et dont la référence renvoie très probablement à « la Commission indépendante de l’organisation et la supervision des élections » qui n’est toujours pas installée après la dissolution de la HIISE, impossible à Ghediri, mais aux autres candidats aussi, de postuler à la candidature. Il assure donc : « Pour l’élection du 4 juillet, je ne suis pas candidat, je n’ai retiré aucun formulaire et n’ai déposé aucun dossier au Conseil constitutionnel. Je ne peux pas aller contre la volonté du peuple, je suis un fils du peuple et je respecte ce peuple et sa révolution ». Cependant, avec ces déclarations, Ali Ghediri entre en contradiction avec ses précédentes déclarations où il affirmait qu’il sera candidat lors de l’élection du 4 juillet prochain. « Bien sûr que je serai candidat et plus que ça, mon dossier est déjà au niveau du Conseil constitutionnel », avait-il déclaré, début avril dernier, sur la chaîne Dzaïr News. Plaidant ouvertement en faveur d’une transition dans le cadre constitutionnel, le général à la retraite avait argué que « plus la révolution dure, plus il y aura de dangers, surtout sécuritaires», car il y a« des forces de l’intérieur et de l’extérieur qui essaient d’infiltrer le mouvement populaire». «Si elle [la révolution] dure encore, il pourrait y avoir de la violence et nous allons gâcher l’image d’une révolution qui peut, jusqu’à aujourd’hui, être un exemple pour des États amis ou lointains », défendait-il.
Hamid Mecheri

EL-BINA
Bengrina appelle au report de la présidentielle
Soulignant que deux éléments, au minimum, plaident désormais pour le report de la présidentielle du 4 juillet, à savoir l’absence d’une réelle compétition et la non-installation de l’Instance indépendante pour l’organisation et la supervision des élections, Abdelkader Bengrina, président du Mouvement El-Bina, a dévoilé hier, dans un communiqué, «les conditions pour faire mener le pays à bon port ».
Le but ? Comment organiser des élections libres et transparentes et aux standards internationaux, qui gagneront l’adhésion du mouvement populaire, qui protestait depuis 14 semaines pour exprimer son rejet au scrutin de juillet prochain. La première condition, selon Bengrina, est d’«écarter les personnalités et partis politiques dont le Hirak réclame les départs». Ainsi, «tous ceux qui ont défendu et adopté le cinquième mandat et étaient la cause de l’impasse actuelle dans le pays ne doivent pas être concernés par le prochain scrutin». La deuxième condition est « la poursuite du Hirak comme une instance garante jusqu’à la réalisation des légitimes revendications du peuple et organiser des élections libres en fin de processus ». Bengrina préconise également, en guise de troisième condition, que «l’Armée continue à accompagner le Hirak jusqu’à satisfaction de ses revendications et aspirations légitimes », et surtout, « garantir l’éloignement de ceux qui ont été réputés par l’usage de la fraude électoral ». Une autre condition : donner la qualité d’ « autorité » à l’instance de surveillance des élections afin de « substituer complètement aux autorités publiques dans l’organisation et la supervision des élections, à commencer par la révision du fichier électoral jusqu’à la proclamation des résultats finale ».
H. Mecheri

Abdelaziz Belaid annonce son retrait
Après Belkacem Sahli, SG de l’ANR, c’est le tour de Abdelaziz Belaid, président du Front El Mostakbal, d’annoncer, lui aussi, son retrait des élections présidentielles prévues le 4 juillet prochain. Réuni hier au siège du parti pour discuter de l’évolution de la situation politique et des évènements en cours sur la scène nationale, le parti El Mostakbal a décidé de ne pas déposer le dossier de candidature de son président Belaïd au niveau du Conseil constitutionnel. Cette décision intervient quelques heures seulement avant la fin du délai de dépôt des dossiers de candidature. Le Front El Mostakbel a expliqué le retrait de son candidat à la candidature présidentielle notamment par la «non-installation de l’instance indépendante de contrôle des élections, l’absence de concurrence, la non-concrétisation du dialogue auquel a appelé le commandement de l’Armée et le contexte politique exceptionnel marqué par la révolte populaire», selon un communiqué du parti rendu public hier. Pour ce qui concerne l’opération des parrainages, le parti a affirmé avoir réuni les signatures nécessaires pour son candidat, affirmant qu’il « demeure convaincu que le processus politique dans le cadre constitutionnel est la seule voie de sortie de crise ».
Sarah. O.