Informel

PHÉNOMÈNE DE L’INFORMEL : Les chefs d’entreprises tirent la sonnette d’alarme

Les participants à la conférence « la relance c’est maintenant » organisée par la Confédération algérienne du patronat citoyen (Capc) ont mis l’accent sur l’importance de réfléchir, avec l’ensemble des acteurs concernés, à innover et aller vers de nouveaux systèmes et produits financiers, pour lutter contre l’économie informelle qui couvre une
« manne financière terrible ».

Également, les experts et les chefs d’entreprises présents ont mis en avant aussi, la nécessité de restaurer et rétablir la confiance entre le système bancaire et les commerçants dans l’ensemble des secteurs d’activité, et réduire la fracture qui sépare ces derniers avec l’administration fiscale. Lors de son intervention, la directrice générale de la société Incosyn et vice-présidente de la Capc, Nacira Haddad, a déploré que « l’informel c’est le fléau auquel fait face le chef d’entreprise, qui exerce dans l’économie formelle, dans son quotidien ».
Elle a évoqué une « inertie » qui empêche de « débloquer cette situation et à amorcer réellement la voie de la croissance ». Haddad a estimé que « cette inertie-là, c’est le nid de l’informel qui sévit de plus en plus, parce que l’État met régulièrement des lois, mais leur application fait défaut », en s’interrogeant sur les raisons de cet état de fait. « Le poids du régime fiscal est un des leviers sur lequel nous devons absolument agir pour pouvoir résorber cet informel. La volonté politique est déterminante aussi, il faut qu’elle devienne une réalité », a-t-elle dit. Dans le même contexte, le directeur général de l’Agence nationale du développement de l’investissement (Andi), Mustapha Zikara, a indiqué qu’ « il n’y aura pas de lutte réelle contre l’informel si on ne passe pas vers le numérique », déplorant que le rythme de l’introduction du numérique soit « très lent ». Zikara a appelé à l’adoption de « mesures urgentes et rapides » pour éliminer le marché de l’informel dont la lutte a été, jusque-là, « défaillante » parceque, selon lui, « l’informel est un phénomène banalisé dans la société algérienne » en dépit de l’existence de tout un arsenal juridique pour le contrecarrer. Il a, aussi, appelé à adapter le système fiscal national à la réalité économique du pays, et à familiariser le commerçant avec ce système. Pour sa part, le directeur général de la Banque nationale d’Algérie (Bna), Mohamed Lamine Lebbou, a souligné que « l’inclusion financière, qui est un levier au service d’une croissance économique inclusive en Algérie, et du passage d’une économie informelle vers une économie formelle, ne relève pas forcément de la responsabilité des banques », reconnaissant l’existence d’une « crise de confiance » entre le système bancaire et les commerçants.
Pour lui, pour pallier à cette situation, il y a lieu de « renforcer et améliorer les infrastructures financières, d’assurer la protection financière des consommateurs, ainsi que leur éducation et sensibilisation financières », en précisant aussi que « la digitalisation du système bancaire est un accélérateur de l’inclusion financière ».
Concernant la place de l’Algérie selon les tendances du numérique dans le monde, le président du Syndicat national du Patronat citoyen du numérique, Souheïl Guessoum, a indiqué que « la plupart de nos entreprises se situent encore au niveau des infrastructures manuelles non coordonnées ». Pour lui, l’usage du numérique dans les entreprises algériennes enregistre « une grande faiblesse », liée directement au « manque d’exploitation des systèmes d’information ».
Sarah O.