PERTE DE CONFIANCE ENTRE LES SALARIÉS DE SONATRACH ET LE PARTENAIRE SOCIAL UGTA : Création d’un syndicat autonome en vue

L’idée de créer une organisation syndicale autonome gagne de plus en plus du terrain parmi les différents mouvements de lutte au sein du groupe Sonatrach. La structure se veut un cadre fédérateur de toutes les factions syndicales comme l’entend déjà sa dénomination, notamment Union nationale générale des travailleurs de Sonatrach (UNGTS). Les têtes d’affiche s’attèlent d’ores et déjà à mobiliser le monde des travailleurs du groupe pétrolier, comme c’est le cas pour le collectif des employés de Sonatrach titulaires d’un diplôme universitaire Bac+3 (Licence-LMD et DEUA). Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, ce collectif appelle ses adhérents à rejoindre l’UNGTS, pour mener à bien leurs revendications, dans un cadre concerté, organisé et coordonné. Il s’agit pour les syndiqués d’éviter «les différends, la violence et le renoncement» qui pourraient diviser les travailleurs et les faire dévier des revendications.
Ceci pour ce qui est de la structuration dont la forme à donner à ce mouvement reste à venir. Derrière l’idée de créer un syndicat autonome maintenant, il y a plusieurs raisons qui font courir les initiateurs de ce projet. Primo, les travailleurs veulent maintenir la pression sur la direction de l’employeur à l’effet de faire aboutir leur plateforme de revendications. Le P-DG de Sonatrach, Abdelmoumène Ould Kaddour est conscient des préoccupations des employés. Preuve en est, il a avoué que les travailleurs sont «sous-payés». Une déclaration suivie d’une décision qui envisage une augmentation des salaires de tous les employés du groupe de 20% et le repositionnement des titulaires de diplômes universitaires. Quoiqu’il n’y a rien d’officiel pour le moment et les décisions passent pour un «effet d’annonce» dans les yeux des travailleurs. Car, sur le terrain, ils n’ont rien vu venir encore. Outre cette catégorie de salariés, on peut citer le cas des retraités qui revendiquent la revalorisation des pensions de retraites, les indemnités… etc. C’est donc face à ce qui s’apparente à une absence «de réponses pragmatiques» aux problèmes soulevés par les travailleurs, que l’idée de lancer un syndicat autonome a germé. Secundo, les employés semblent perdre confiance dans les représentants de l’UGTA. Pour cause, le comité de travailleurs impliquant les délégués de l’entreprise et ceux de ce syndicat mis en place et chargé de trouver des solutions aux revendications des diplômés universitaires n’a pas débouché sur des réponses. Tertio, le Pacte de stabilité et de développement, conclu début novembre dernier, entre les représentants de la Centrale syndicale et ceux de la direction du groupe, n’était pas du goût des travailleurs, qui évoquent un recul de l’exercice syndical.
Farid Guellil