Procès

OUVERTURE DU PROCÈS DE SAÏD BOUTEFLIKA, TOUFIK, TARTAG ET HANOUNE : Des démentis et des interrogations

L’affaire dans laquelle sont poursuivis Saïd Bouteflika et les généraux à la retraite Mohamed Mediène et Athmane Tartag, actuellement en détention à la prison militaire de Blida, ainsi que la secrétaire générale du PT, Louisa Hanoune, n’a pas été « enrôlée » comme rapporté par la Radio algérienne.

C’est ce qui a été affirmé par les avocats de ces accusés, en l’occurrence, Me Miloud Brahimi et Boudjemâa Guechir. Dans des déclarations, à la presse nationale, les deux avocats ont tenu à apporter un démenti sans pour autant commenter la « maladresse » de la Radio algérienne.
«Jusqu’au moment où je vous parle, il n’y a eu aucune annonce qui indique que l’enquête a été achevée. L’affaire est toujours chez le juge d’instruction, et ce dernier n’a encore délivré aucune ordonnance qui puisse aborder la procédure à suivre ou encore les chefs d’inculpations définitivement retenus contre ces personnes», a assuré Me Guechir. Idem pour Miloud Brahimi qui a déclaré : «Je suis formel : l’information donnée par la Radio nationale est fausse. L’affaire est toujours en instruction.»
Tôt dans la journée d’avant-hier, la Chaîne III de la Radio algérienne a rapporté une information selon laquelle le juge d’instruction du Tribunal militaire de Blida «a clôturé son enquête» concernant l’affaire du frère, et ex-conseiller de l’ancien président de la République, Saïd Bouteflika et les généraux, Mohamed Mediène dit Toufik et Bachir Tartag, deux anciens patrons des services de renseignement, ainsi que de Louisa Hanoune, Secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT). Signalant que les dossiers des prévenus, placés sous mandat de dépôt après leur arrestation, attendent d’être transférés vers les services habilités à programmer leur procès, la même source a ainsi précisé que celui-ci pourrait s’ouvrir «dans les semaines à venir».
Le 5 mai dernier, faut-il le rappeler, un communiqué du procureur près le tribunal militaire de Blida a indiqué que Saïd Bouteflika, Mohamed Mediène et Bachir Tartag ont été mis sous mandat de dépôt à l’issue de leur audition par ladite juridiction. Le 9 mai, c’était au tour de la secrétaire générale du PT qui a connu le même sort. «Conformément aux dispositions de l’article 11, alinéa 3 du code de procédure pénale, et dans le cadre du strict respect de ses dispositions, le Procureur général militaire près la Cour d’appel militaire de Blida porte à la connaissance de l’opinion publique qu’une poursuite judiciaire a été ouverte ce jour, 5 mai 2019, à l’encontre des nommés Athmane Tartag, Mohamed Mediène et Saïd Bouteflika ainsi qu’à l’encontre de toute personne dont l’implication est établie par l’enquête, pour les chefs d’inculpation d’«atteinte à l’autorité de l’Armée et complot contre l’autorité de l’État», avait précisé un communiqué de la Cour d’appel militaire de Blida. Les faits prévus sont punis par les articles 284 du code de justice militaire et 77 et 78 du code pénal. Quant à Louisa Hanoune, elle a été entendue en qualité de témoin. Lors de cette audition, elle s’est vue signifier par le juge d’instruction deux accusations et un mandat de dépôt. Selon les avocats, les charges sont de deux ordres, à savoir «conspiration dans le but de porter atteinte à l’autorité d’un chef militaire et complot en vue de changer le système, et ce, selon les articles 284 du Code de justice militaire et 77 du Code pénal.
À noter que malgré les précisions des avocats, la Radio algérienne n’a pas démenti l’information qu’elle a rapportée, maintenant, ainsi le flou et la confusion.
Lamia Boufassa