Covid-19

MINISTÈRE DES AFFAIRES RELIGIEUSES ET DES WAKFS : Des contre-mesures face à la propagation du Covid-19

Afin d’éviter les risques de la propagation du Coronavirus COVID-19, notamment par la prise de mesures de restrictions visant à limiter les déplacements, minimiser le contact physique entre les personnes et éliminer ainsi tout risque de contamination, le ministère des Affaires religieuses et des wakfs a lancé un appel, qui va à contre sens de tout ce qui a été entrepris, depuis le 17 février dernier, jour de l’apparition du premier cas en Algérie.

Après la fermeture des établissements scolaires, les universités, les salles de cinéma,  les bains maures, les jardins et place publics, suspensions des vols de et vers des pays étrangers et d’autres mesures encore, en vue de réduire au maximum la propagation du Convid-19, qui a causé, selon les dernières statistiques du ministère de la Santé, 4 décès et 60 personnes contaminées (à ACTUALISER AVANT LE BOUCLAGE ), le MARW appelle à l’allègement, seulement l’allègement, des prières dont celle du Vendredi. Ce qui ne traduit nullement l’application de la mesure strict allant dans le sens de minimiser le contact physique, ni même la limitation des déplacements des Algériens. Pour ce même ministère, il y a lieu de fermer les mosquées « directement après la fin de chaque prière », soit après que des dizaines et des centaines de personnes se soient retrouvés, dans chaque mosquée, à travers le pays, multipliant ainsi et fortement les risques d’une contamination à grande échelle. Alors que, c’est la prévention et l’anticipation qui doivent primer, au regard de la situation sanitaire critique et gravissime qui prévaut dans certains pays, pour ne citer que l’Italie et la France.
Dans un communiqué, par lequel le ministère des Affaires religieuses a lancé l’appel en question, il est indiqué « la nécessité de prendre des précautions et les mesures à prendre », précisant une décision prise « du point de vue religieux face à cette pandémie qui menace la vie des Algériens et de l’humanité entière ». Mais sans pour autant annoncer la mesure de fermeture des mosquées, si non sans aller jusqu’à le décider. Ainsi le ministère « insiste également sur l’interdiction aux personnes présentant des symptômes de cette maladie ou d’autres maladies similaires telle que la grippe, de fréquenter les lieux publics, notamment les mosquées, pour ne pas contaminer les autres personnes », et citre « l’importance de la limitation de la propagation du Virus », par la fermeture seulement de l’ensemble des espaces publics aux citoyens, à l’exception de la mosquée qui, elle, doit être fermée après la pratique des cinq prières de la journée, et celle de vendredi, soit après le « rassemblement » de citoyens pratiquants, selon les membres de la commission ministérielle de la Fatwa. Une Fetwa qui a suscité autant de réactions que d’interrogations, quant à la prise en compte effective et stricte des consignes et des recommandations du personnel de la Santé, des spécialistes des épidémies et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Alors que les manifestations culturelles, commerciales, économiques et autres ont été annulées ou reportées pour d’autres, après la décision de fermeture des établissements scolaires, universités, des salles de ciné, des jardins et autres espaces publics, pour minimiser au maximum la circulation du virus et donc accroître les capacités de la maîtrise de la situation sanitaire critique, le maintien de l’ouverture des mosquées est une décision qui va dans le sens opposé de ce qui a été décidé et accompli à ce jour dans le cadre de la prévention du Coronavirus-19 en Algérie.
Or, ailleurs, le sens de responsabilité de la protection de la santé du citoyen et de la santé publique, contre le Covid-19, a été soutenu par la fermeture des mosquées, Koweït, Tunis, Turquie et même El-Qods, par décision du ministre palestinien des Affaires religieuses. Chez nous il est indiqué qu’après la prière, on procède au nettoyage et à la fermeture de la mosquée, alors qu’il est question d’éviter les contacts et la proximité des personnes, pour interrompre la chaîne de transmission du virus, d’où la décision dans certains pays de confiner les gens chez eux.
Karima Bennour