Marine Le Pen décrète la mise à mort politique de son père

Mise à mal par les déclarations de son père et de surcroit président d’honneur du Front national (FN), Marine Le Pen a décidé de s’opposer à la candidature de son père aux élections régionales prochaines. La présidente du FN est contrainte de réunir rapidement un bureau exécutif afin d’envisager avec lui les moyens de «protéger au mieux les intérêts politiques du Front national».Marine Le Pen parle de la «protection du Front National». Jean- Marie le Pen est-il devenu aussi dangereux pour le FN. Le communiqué de Marine Le Pen publié ce mercredi 8 avril est sans appel. La dernière sortie médiatique de son père a envenimé les relations entre lui et sa fille. Marine Le Pen a affirmé dans ce communiqué qu’elle s’opposera le 17 avril prochain lors du bureau politique du parti à la désignation de son père comme tête de liste aux régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le torchon brûle entre Marine et son père. Le linge sale s’est lavé en public. Marine Le Pen s’est exprimée via son tweeter pour signifier à son père qu’il n’a plus de place au sein du FN. Fidèle à ses convictions, le président d’honneur du Front national persiste a de nouveau récidivé. Il a accordé une interview l’hebdomadaire d’extrême droite « Rivarol » qui sortira aujourd’hui. Une interview fleuve dans laquelle il a balayé tous les sujets. En aucun moment, il n’a regretté ses propos. Au contraire, Jean- Marie le Pen n’est pas avare de déclarations fracassantes. Il revient à la charge sur des thèmes qui visiblement lui sont chers. Dans cet entretien, il défend notamment la mémoire du maréchal Pétain. Il affirme notamment n’avoir «jamais considéré Pétain comme un traître. On a été très sévère avec lui à la Libération. Je n’ai jamais considéré comme de mauvais Français ou des gens infréquentables ceux qui ont conservé de l’estime pour le Maréchal. Ils ont leur place au FN comme l’ont les défenseurs de l’Algérie française, mais aussi les Gaullistes, les anciens communistes et tous les patriotes qui ont la France à cœur». Concernant l’immigration, il craint fort que le scénario du dernier roman de Michel Houellebecq, «Soumission», imaginant l’élection d’un président musulman en France, ne devienne une réalité, «si on n’inverse pas le torrent de l’immigration». Il prône une entente avec la Russie «pour sauver l’Europe boréale et le monde blanc». Mais dans son interview, le député européen réserve ses critiques les plus virulentes au Premier ministre Manuel Valls, auquel il reproche de s’être comporté de façon «haineuse» et «hystérique» envers le FN lors de la récente campagne des élections départementales. «Valls est Français depuis trente ans, moi je suis Français depuis mille ans. Quel est l’attachement réel de Valls à la France ? Cet immigré a-t-il changé du tout au tout ? Qu’a-t-il apporté à notre pays ?», demande-t-il à propos des origines espagnoles du Premier ministre. Dans cet entretien, les critiques du président d’honneur du FN n’ont pas épargné le parti qu’il a fondé. Il a critiqué le choix et la gestion de sa fille, affirmant ainsi avoir «essayé d’expliquer à Marine Le Pen et à ses conseillers» que le retour à la retraite à 60 ans, qui figure au programme du FN, est «ridicule», et même une «erreur». «C’est ridicule de demander la retraite à 60 ans alors que moi, à la tête du FN, pendant des décennies, je l’ai demandée à 65. J’étais en avance, encore que les Allemands sont aujourd’hui à 67 ans!», dit il.
Hacène Nait Amara

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