Malades cancéreux à Chlef : la LADDH tire la sonnette d’alarme

C’est un véritable cri de détresse que vient de lancer les malades cancéreux de Chlef. Près de 2 500 patients atteints de cette maladie chronique sont recensés dans cette wilaya de l’ouest du pays. Outre le fait qu’il y ait un manque criard, en matière de prise en charge médicale de cette catégorie de patients, un état de fait aggravé par l’absence d’un Centre anti-cancer (CAC), les cancéreux se déplacement sur des kilomètres, depuis leurs lieux de résidence, pour aller se faire soigner dans d’autres infrastructures spécialisées, existant dans d’autres wilayas. C’est le constat établi par le bureau de wilaya de Chlef de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), dans un document rendu public, hier, dont une copie remise à notre rédaction. Pour la LADDH, le chiffre avancé par les spécialistes en oncologie médicale de cette wilaya, qui ont fait état de 800 cas de malades cancéreux, ne correspond pas à la réalité, c’est du moins ce qu’a laissé entendre cette organisation, qui intervient à la veille de la Journée mondiale de lutte contre le cancer, coïncidant avec le 4 février. Et pour cause, le traitement d’un malade cancéreux, qui nécessite des séances de radiothérapie ou de chimiothérapie, s’avère être un vrai calvaire pour le patient. à défaut d’en disposer d’une infrastructure sanitaire spécialisée dans la prise en charge, le cancéreux est condamné, malgré sa condition d’infirmité, à parcourir une distance de plus de 200 km, pour «quémander» une séance thérapeutique, au niveau du CAC d’Oran, de Blida ou encore celui du CHU d’Alger. Ce n’est pas tout, puisque là encore, se présenter à l’un de ces établissements sanitaires ne veut nullement dire qu’une séance thérapeutique est assurée, souligne la LADDH. En effet, nombre de ces malades en souffrance se voient obligés de faire appel à des connaissances de leur entourage, afin d’accéder aux soins en terme de chimiothérapie, notamment s’agissant des infrastructures publiques d’Alger et de Blida, quand bien même la prise en charge médicale est garantie par la loi. Les exemples en la matière sont légion. D’autres patients encore, ajoute la LADDH, soulèvent un autre désagrément lié à la radiothérapie. En effet, la forte demande enregistrée au niveau du Centre anti-cancer de la wilaya d’Oran, et la contrainte des pannes des équipements, qui surgissent fréquemment dans cet établissement, font que les patients résidant à d’autres wilayas, notamment Chlef, ne bénéficient pas du droit d’avoir un rendez-vous, pour passer une séance de radiothérapie. Même les malades disposant d’une lettre d’orientation se voient refusés d’accéder au traitement dans cet établissement, déplorent encore des cancéreux, indique le même document de la LADDH. Un état de fait qualifié de «bureaucratie», car un patient d’où qu’il vient devra jouir de ses pleins droits aux soins médicaux, où qu’il parte à travers le territoire national. S’agissant des séances thérapeutiques, le malade cancéreux devra passer une radiothérapie toutes les six semaines. Néanmoins, en raison de ces multiples carences, nombreux attendent parfois jusqu’à 10 mois, ce qui correspond à 40 semaines, pour effectuer une consultation, précisent encore la Ligue, en charge des droits de l’homme, qui n’a pas manqué de dénoncer cette situation que l’on peut considérer de dramatique. Le choix d’aller effectuer des séances thérapeutiques chez le privé n’est pas toujours une solution pour la majorité des malades. En effet, une seule séance radio revient à 13 000 DA, tout en sachant que la Sécurité sociale n’en rembourse que 400 DA, souligne la LADDH. Devant le manque de soins et de la pathologie chronique, elle-même, le malade cancéreux devra encore débourser un montant largement en dessus de ses moyens, afin de se permettre une séance thérapeutique. Toujours dans le même ordre d’idées, la LADDH précise que le malade se prend en charge lui-même, notamment lors de l’achat des médicaments, des frais des analyses de laboratoire, des examens radiologiques, des frais de transport et des contrôles post-thérapeutiques, regrettent la LADDH, quels avant de rappeler aux pouvoirs publics la législation consacrant le droit inaliénable aux soins pour tous les malades, quels que soient leurs origines, leurs sexes, moyens et lieux de résidence. En outre, la Section des droits de l’homme de Chlef, décrie un manque de médicaments antidouleur et autres psychotropes, qui sont impératifs en chimiothérapie. Sur un autre volet, le bureau de wilaya de la LADDH que préside Houari Kaddour, revient sur la réalisation du CAC de Chlef, qui accuse un retard de réalisation, après avoir été inscrit en 2006, pour un montant de 20 milliards de centimes, indique le document rendu public. Tout en rappelant que le projet devait être réceptionné en 2009, la LADDH dénonce «le non-respect des délais de réalisation». Enfin, le bureau de Chlef de la LADDH, appellent les pouvoirs centraux à mettre les moyens financiers d’une manière «équitable», afin d’investir dans les infrastructures spécialisées, à même de sauver des vies humaines atteintes de cette maladie chronique. Par ailleurs, l’organisation des droits de l’homme a dressé une liste de recommandations devant apporter des améliorations dans la prise en charge des cancéreux.
Farid Guellil

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