Mahboub Bati

Mahboub Bati : Une signature qui traverse le temps, synonyme de succès

Vingt deux ans après sa disparition, Mahboub Bati demeure une signature synonyme de succès qui traverse le temps et que nombre de chanteurs de renom, soucieux alors d’asseoir leurs carrière, avaient sollicité pour revenir très vite en force sur la scène artistique et confirmer leur talent, à travers des textes et des compositions prolifiques et au lyrisme relevé qui ont rénové le genre chaâbi.
Artiste au génie créatif et singulier issu d’une famille modeste, Safar Bati Mohamed El-Mahboub de son vrai nom, disparu le 21 février 2000 à l’âge de 80 ans, a manifesté très tôt déjà alors qu’il était encore enfant, des penchants prononcés à la musique et à la poésie, après avoir reçu, durant quelques mois, les premiers enseignements de la vie dans une école coranique et travaillé comme apprenti-coiffeur, pour subvenir aux besoins de sa famille.
Quelques temps après, Mahboub Bati, se frottant aux maîtres du Chaâbi, à l’instar d’El-Hadj M’rizek, El-Hadj M’Hamed El-Anka, Khelifa Belkacem et les frères Fekhardji, Mohamed et Abderrahmane, apprendra à lire une partition musicale et à jouer à la cornemuse, pour intégrer, en 1937, la troupe théâtrale de Mahieddine Bachtarzi, fraîchement constituée.
Autodidacte, doté d’une incroyable capacité d’apprentissage, Mahboub Safar Bati apprendra à jouer à la mandole, aux percussions, au violon, banjo, cithare et flûte, pour intégrer, durant les années 1940, l’Orchestre moderne de la station d’Alger comme clarinettiste et multiplier les rencontres, les cérémonies et les concerts, jusqu’aux années 1970, où il eut à affronter l’ire des conservateurs de la chanson chaâbie, représentés alors, par El-Hadj M’Hamed El-Anka, qui avait mal accueilli ses nouvelles chansons, conçues et écrites, lui reprochait-il, « au lieu et place des textes poétiques du melhoun ».
Imperturbable et convaincu de son projet de moderniser la chanson chaâbie, Mahboub Bati écrit et compose une centaine de chansons, mettant au devant de la scène une nouvelle génération de chanteurs chaâbi et réussissant à « algérianiser » ce genre populaire.
Mahboub Bati quittera la scène artistique en 1986 après avoir remis le Chaâbi au goût du jour avec des chansons qui continuent à ce jour d’être fredonnées comme « El-Bareh » d’El Hachemi Guerouabi, « Rah el-ghali » de Boudjemâa El-Ankis, « Mali hadja » d’Amar Ezzahi , « Nesthel el kiyya » d’Amar El Achab et « Djah rabbi ya jirani » de Abdelkader Chaou.