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Alger
23 février 2024
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Edito

Lorsque l’autorité de l’État régresse

Mâalem Abdelyakine

Sommes-nous dans un pays où l’impunité se conjugue au quotidien, et où tout un chacun applique sa «loi» et gère sa petite République dans sa tête, faisant fi des lois du pays ? Et si la Constitution consacre, dans un de ses articles, que nul n’est au-dessus de la loi, force est d’admettre qu’il s’en trouve que cette loi est toujours bafouée par certains, et ils sont nombreux, malheureusement. Si, aujourd’hui, on parle de la régression de l’autorité de l’État, c’est parce que certains comportements ont engendré de nouveaux phénomènes qui conjugués avec un certain laxisme et autre laisser-aller ont fait le lit de cette impunité qui fait grincer les dents à plus d’un respectueux des lois de la République. Bien avant, c’est avec un gourdin qu’on s’approprie un trottoir ou une chaussée, et l’on rackette les automobilistes en quête d’une place pour un stationnement. C’est l’ère des gardiens informels, on a laissé faire, et cela s’est «institutionnalisé», et chacun a désormais sa part du territoire. Bien avant, on a transformé les écoles durant les vacances en salles de fête, et le phénomène a pris des proportions alarmantes, jusqu’à ce que les véritables salles de fête fassent leur apparition. Cet été beaucoup a été dit et écrit sur les plages squattées, mais l’autorité de l’État reste impuissante face à ces nouveaux barons de la mer, rien n’a été fait, et l’année prochaine, il y aura d’autres plages qui seront «squattées» et les baigneurs n’ont qu’à mettre la main à la poche pour profiter d’une journée de soleil et pourtant, le littoral appartient à l’État, donc à la collectivité et nul n’a le droit d’imposer son diktat, à défaut il sera puni, et force est à la loi. Actuellement, à Constantine, par exemple, et durant les cérémonies de mariage, les fêtards ferment carrément la route, en bloquant les accès par d’autres véhicules. Cette fermeture va durer le temps que durera la fête, un jour deux jours, peu importe, puisque personne n’est inquiété, et dire que c’est une voie publique, pas une propriété privée. On peut énumérer d’autres exemples en rapport avec ce laxisme, tels que les tapages nocturnes à des heures indues de la nuit, ces cortèges formant plusieurs voies sur la route mettant en danger la vie des autres usagers, et même celles des fêtards, et la police laisse faire. En tout état de cause, un pays qui avance c’est un pays qui respecte et applique les lois qu’il a, lui-même, promulguées. Une autorité qui recule, ouvre la voie à tous les dépassements et tous les abus. Malheureusement, nous avons ouvert cette voie, et cela devient trop risqué et dangereux.
M. A.

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