Libye

LIBYE : Le Conseil de sécurité appelle au retrait « immédiat » des forces étrangères et des mercenaires

Au terme de sa réunion sur la Libye, vendredi, le Conseil de sécurité (CS) des Nations unies (ONU) a adopté, à l’unanimité, une résolution approuvant la formation d’une équipe pour surveiller l’accord de cessez-le-feu libyen, sous l’égide de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL). Dans sa lettre sur cette question adressée, la semaine passée, au CS, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a fait savoir qu’un maximum de nombre initial composant l’équipe de surveillance du cessez-le-feu en Libye, devrait être de 60 personnes, dans sa proposition de « déploiement par étapes » de cette équipe en Libye. Dans ses déclarations sur les observateurs onusiens sur le cessez-le- feu, laquelle halte demeure fragile, selon des observateurs, sur fond des divergences d’intérêts entre les acteurs étrangers sur la scène libyenne, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU , Stéphane Dujarric a fait savoir que « le déploiement des observateurs sera opéré une fois que toutes les conditions d’une présence permanente auront été remplies », y compris, évidemment a-t-il poursuivi sur les « aspects sécuritaires, logistiques, médicaux et opérationnels ». Le temps étant un des défis à relever, par les libyens, appelés au scrutin des élections générales le 24 décembre prochain, selon le calendrier retenu, lors du dialogue politique inter-libyen, la résolution de l’ONU sur l’approbation du plan de surveillance du cessez-le-feu, note « la nécessité d’un appui constitutionnel et législatif pour que le nouveau processus électoral libyen soit en place d’ici le 1er juillet », avant les élections législatives et de la présidentielle prévues, dans huit mois, décembre prochain. C’est ce qui a été indiqué dans le communiqué de l’ONU, sur la réunion des membres du Conseil de sécurité, vendredi dernier. La mise en œuvre du mécanisme de surveillance de cessez-le-feu demeurant encore au stade de réflexion, la résolution onusienne souligne que les parties concernées sont appelées « à élaborer un plan plus large » à ce propos, notamment en ce qui concerne sa mise en œuvre et comment les observateurs de la Manul « peuvent être déployés » est-il précisé. Pour consolider les étapes franchies, à ce jour, depuis la relance du processus de dialogue inter-libyen, sa feuille de route politique, le dialogue libyen sur les questions de sécurité et militaire, dans le cadre des 5+5, le cessez-le-feu adopté en octobre dernier, l’Onu a encore une fois insisté sur «le retrait immédiat, de Libye », des mercenaires er des forces étrangères. Ces derniers ayant durant près de dix ans et plus fortement, depuis 2015, rythmé le cours des évènements sur le terrain libyen, sur fond des luttes d’intérêts et divergences entre des membres de l’Otan et ses alliés, Turquie, France, Qatar, Émirats arabes unis, Arabie saoudite, d’une part et d’autres dont la Russie , la Libye abrite sur son sol un nombre élevé de mercenaires et de soldats étrangers. Dans la résolution de l’ONU, rédigée, pour rappel, par le Royaume-Uni, il est clairement mentionné que « la nécessité de prévoir un désarmement, une démobilisation et une réintégration (dans la société) des groupes armés et de tous les acteurs armés non étatiques » ainsi, lit-on « une réforme du secteur sécuritaire et la création d’une architecture de défense inclusive et responsable pour la Libye ». Demandant à toutes les parties et acteurs libyens « d’appliquer pleinement le cessez-le-feu du 23 octobre 2020 », le CS a appelé « fermement tous les États membres à respecter, non seulement le cessezle-feu, mais également la décision du « retrait sans délai de toutes les forces étrangères et des mercenaires de Libye ». L’Onu a avancé, rappelons-le, en décembre 2020, « jusqu’à 20 000 mercenaires étrangers en Libye », à moins d’une année de la tenue (dans huit mois), des élections générales en Libye. L’urgence de voir le départ des mercenaires et des forces étrangères de Libye est impératif et une urgence, pour éviter tout dérapage pouvant re-plonger les Libyens et leur pays, dans le gouffre des luttes armées , par procuration, d’acteurs étrangers influents sur la scène libyenne.
Karima Bennour