silap4

LES PROFESSIONNELS ET LES VISITEURS SUR LE SILA 2019 : Satisfaisant en attendant de voir le livre prendre sa place au quotidien

La 24e édition du Salon international du livre d’Alger a pris fin, samedi dernier. Une édition qui, selon les citoyens ainsi que bon nombre de responsables de Maisons d’éditions habituées à être présentes à ce rendez-vous du monde des livres, devenu incontournable, notamment pour les passionnés de la lecture, nous ont livré leurs appréciations, peu de temps avant la tombée de rideau, sur cet évènement.

La journée de clôture du Sila 24, samedi dernier, a connu une forte affluence du public de tous âges, notamment les jeunes, qui nous ont fait part de leur souhait de pouvoir avoir accès aux livres électroniques, qui semble, pour eux,  «plus pratique à consulter et à lire», alors que d’autres nous ont exprimé leur attachement au livre classique, en papier, en l’occurrence, qui «demeure indétrônable» selon l’un des jeunes rencontré, à la Safex, le jour de clôture du Sila 2019, samedi dernier. Invité d’honneur de cette édition, qui n’a pas manqué de mettre en avant, le livre africain en général et la littérature de notre continent en particulier, le stand du Sénégal a attiré de nombreux visiteurs dont des lecteurs, selon les sénégalais et même les citoyens rencontrés sur place, intéressés de partir à la découverte de la littérature de ce pays africain et par conséquent de la culture et l’histoire du Sénégal. Faisant remarquer que la cadence des dix jours de vie de la 24e édition du Sila n’a pas été sans connaître l’impact à l’instar de la vie politico- économique et sociale du pays, du mouvement populaire pacifique du 22 février, qui vient de boucler son 38e vendredi de mobilisation à travers le pays, vendredi dernier. Des éditeurs, des écrivains, des conférenciers comme du simple citoyen qui a été à la rencontre des livres, selon ses centres d’intérêts, que le Sila 2019 «s’est déroulée au rythme du mouvement populaire pacifique à travers des échanges et les débats sur l’actualité du pays» mais aussi, par des «livres dédiés» à l’actualité politique d’après le 22 février». L’impact a été aussi visible, à travers les stands, selon nos interlocuteurs du monde des livres ou du côté de ceux et celles qui se sont rendus à la Safex. Ce qui a été fortement remarqué, durant l’édition de cette année, c’est que l’affluence des visiteurs «autant elle été importante, durant des jours, et timide lors des journées de la mobilisation populaire du Hirak, vendredi et mardi», notamment le deuxième jour de la tenue du Sila 2019, qui a coïncidé avec la célébration du 65e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954, par l’imposante 37e manifestation populaire pacifique, vendredi 1er novembre 2019, et celle de la mobilisation de la communauté universitaire, le mardi, jour de la marche pacifique des étudiants.

Abibou Coly représentant du stand du Sénégal :
« Le Sila est un événement important devenu incontournable, au vu de l’affluence importante des visiteurs à ce Sila 2019, que nous avons reçus» nous déclare le représentant du stand du Sénégal, Abidou Coly, rencontré sur place, lors de notre virée, à la Safex, samedi dernier, jour de la clôture de l’Édition du Sila 2019. Indiquant que le public algérien «s’est intéressé aux activités et rencontres que nous avons organisées» dans le cadre de ce rendez-vous internationale du livre et de l’édition, il souligne que les Algériennes et Algériens qui ont fait le déplacement à la Safex et visité le Stand du Sénégal «se sont intéressés beaucoup plus à l’histoire du Sénégal,  pays frère de l’Algérie» a-t-il déclaré. Autre impression dont il nous fait part, lors de nos échanges ; c’est qu’il y a eu, nous dira-t-il «énormément de personnes qui sont venues vers nous, car intéressées, comme elles nous l’ont fait savoir, par ce que nous faisons et de connaître la culture des Sénégalais. D’ailleurs à ce propos, les gens nous ont fait savoir qu’ils aiment notre façon de s’habiller( tenues africaines). Ce que je veux aussi vous dire, poursuit AbidouColy «le Sila de cette année a été un événement qui a permis au peuple frère algérien de connaître le Sénégal et d’échanger avec les écrivains et les éditeurs de notre pays».

Assia Baze Directrice des éditions ANEP
Pour les représentants des éditions Anep, le rendez-vous international avec le livre, le lecteur et les maisons d’ éditions lors des dix jours du Sila 2019 «était satisfaisant» et la présence du Sénégal, en tant qu’invité d’honneur de cette édition, a permis aux visiteurs comme aux professionnels des métiers du livre et des éditions « d’avoir un regard sur notre continent » nous confie, Assia Baze directrice des éditions ANEP, rencontrée, samedi dernier, alors que le rideau tombait sur le Salon international du livre de l’année en cours. Ayant participé au Sila 2019, avec 14 nouveaux titres, traitant, selon notre interlocutrice, du patrimoine, l’essai et l’histoire, elle indique que l’ANEP n’a pas manqué à la règle d’or de dédier aussi cette année, «une collection pour enfant», sous l’intitulé «des noms et des repères en Algérie», où nous avons mis en évidence, nous précise-t-elle «des personnalités qui touchent à l’histoire de l’Algérie», citant à titre d’exemple, Massinissa, Juba2, Dihiya, etc. Plus explicite sur cette initiative, Assia Baze dira que l’Anep « a jugé utile de le faire, puisque nous avons remarqué que les enfants connaissaient les personnalités précitées sans connaître leurs biographies» a-t-elle précisé, ajoutant que «les visiteurs ont fait le déplacement à la Safex, en provenance de toutes les wilayas du pays», ce qui devrait encourager les responsables, notamment du département de la Culture, à promouvoir davantage les rencontres et les rendez-vous autour du monde des livres, à travers le pays, notamment les régions enclavées. Le salon international du livre d’Alger, continue à offrir aux nombreux intéressés et passionnés de l’univers des lettres et des mots, «C’est une occasion certes d’acheter des livres, sur place» car, a-t-elle tenu à souligner «il y a un manque de librairies» avant d’ajouter «je tiens justement à souligner qu’il faut aller vers l’organisation de salons régionaux du livre» a-t-elle suggéré. Concernant la place de l’E-book, en ces temps de technologie avancée, occupant une place importante dans le quotidien des citoyens, notre interlocutrice nous dira, à propos de l’E-Book, que les maisons d’édition « doivent avoir leurs plateformes E-book». Un travail que Assia Baza pense qu’il «doit se mettre en place à travers les différentes institutions, entre l’ONDA», qui doit protéger, poursuit-elle, «les droits des auteurs et éditeurs» et au ministère des TICS, celui-ci est «appelé à améliorer la qualité du débit internet», pour pouvoir voir l’E-book, avoir sa place, et le chemin «pour que l’’E book algérien arrive à avoir sa place dans le paysage littéraire est encore long à parcourir» comme nous l’a souligné, la directrice des éditions ANEP.

Takarli responsable du stand de «Koukou Éditions»
Pour les Éditions Koukou, sa présence et sa participation, d’année en année, par la qualité des livres qu’elle édite et les thèmes divers qu’elle met à la disposition des lecteurs en général et ceux avisés, lors des rendez-vous du Sila «satisfaisantes». Pour cette année, Takarli, responsable du stand de cette maison d’édition, rencontré, samedi dernier, il nous fait savoir que pour le Sila 2019, «nous sommes presque dans les mêmes chiffres de l’année dernière» en indiquant que «le livre Casa d’elMouradia» de Mohamed Bentchikou,dédié au mouvement populaire pacifique était l’un des plus vendu de nos titres» lors de la 24e édition du Sila. «J’en profite de cette occasion» nous dira-t-il, pour faire savoir, que les vendredis, journées consacrées à la marche populaire pacifique, à Alger et à travers le pays «il y avait toujours beaucoup moins de monde, que durant les autres jours de la semaine» nous a-t-il affirmé.

Kherrouba Ahmed, le représentant de l’OPU
L’Office des publications universitaires a participé à cette 24e édition du Sila avec 1300 titres. «Il y a eu une affluence importante d’étudiants venus chercher le livre ou les livres universitaires, ayant trait à leur spécialité et filière» nous fait savoir Kherrouba Ahmed, représentant de l’Office des publications universitaires, au Sila 2019. Il nous a fait part que la présence des étudiants à ce Sila autant était remarquable, durant les dix jours de la durée de vie du Salon du Livre, «sauf le mardi» nous-a-il précisé. «Il y a eu un recul de la participation des étudiants, comparativement aux éditions précédentes du Sila.
Mohamed Amrouni