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LES HASHTAGS  ENFLAMMENT LES RÉSEAUX SOCIAUX : Le Coronavirus n’est plus une blague en Algérie

Connus pour leur pouvoir incontestable sur les masses populaires, les réseaux sociaux continuent à jouer un rôle dans différents évènements et situations qui marquent l’actualité. Actuellement, c’est l’épidémie mondiale; en l’occurrence le coronavirus (COVID-19), qui occupe les esprits et devient le sujet phare qui enflamme la Toile.

Des contenus divers inondent les réseaux sociaux, comme réaction à la propagation folle et accélérée de ce virus. Les chiffres dramatiques qui viennent de l’Asie, de l’Europe et des autres continents relatifs aux victimes du COVID-19 et son impact sur la santé publique, et l’économie du reste, semblent convaincre les Algériens qui ont, auparavant, pris à la légère la menace de ce virus. Il fallait déclarer le stade 2 de l’épidémie pour que les inquiétudes et l’éveil des consciences se manifestent. Et c’est tant mieux ! Après la banalisation et les blagues qui ont accompagné l’arrivée de ce virus en Algérie, les Algériens ont changé de cap en optant pour la prévention et la sensibilisation. Des pages et des vidéos circulent sur la sphère bleue à travers ses différentes plateformes de discussion, notamment Facebook, Instagram et Twitter. C’est l’heure de la mobilisation générale. Pour donner plus de ton à la menace existante, des experts, des médecins et des professeurs s’adressent aux gens à travers des vidéos et des lives en donnant des informations sur ce virus et des conseils liés à la prévention. Les expériences des pays dans lesquels le COVID-19 sévit sont diffusées comme référence d’où puiser des leçons sur la lutte contre la propagation de cette épidémie.

On assiste à l’éveil des consciences
Le degré de la conscience de la gravité de la situation commence à se sentir. Des pages très suivies sur les réseaux sociaux se mobilisent pour le service public. Elles diffusent des campagnes incitant les gens à éviter d’occuper des lieux publics sans une nécessité apparente. à titre d’exemple, des campagnes et des hashtags : «  Restez chez-vous ! Vous permettra de conserver votre vie et la vie de vos siens », « Ne pas me toucher la main, votre sourire me suffira »,  «  Corona n’est pas une blague »… font le tour chez les usagers de ces réseaux sociaux.

Appels unanimes à la suspension des marches du Hirak
D’autre part, des appels sont lancés pour mettre pause aux manifestations de vendredi et mardi et les suspendre pour quatre semaines. Vendredi passé, le mouvement populaire s’est donné rendez-vous en « défiant » le Coronavirus. Un état de fait qui n’a pas fait l’unanimité des facebookers. Certains l’ont qualifié «  d’inconscience » et «  de suicide collectif » au moment où les grandes puissances mondiales se sont dirigées vers le confinement. Depuis, des appels sont lancés exhortant à la suspension momentanée du Hirak et à faire preuve de sagesse, de précaution et ne pas exposer la vie des personnes au risque. Hier, Abdelaziz Rahabi a appelé, à travers sa page facebook à la suspension temporaire des marchés. « L’Algérie vit un état d’urgence sanitaire non déclaré en raison de la gravité de la pandémie du covid-19, de l’impréparation de notre système sanitaire, de la faiblesse des mesures de prévention et du peu de civisme dans la gestion de ce risque majeur. La suspension temporaire des marches, en raison des risques sanitaires avérés, s’impose dès lors comme un devoir national et patriotique. Cette mesure participera à préserver notre pays et notre peuple des graves conséquences sur la situation générale de l’Algérie et n’entamera en rien notre droit inaliénable et permanent à manifester librement pour une Algérie plus juste et plus forte », a écrit l’ancien ministre et diplomate.
Pour sa part, le physicien atomique algérien, travaillant pour le compte de l’agence spatiale américaine NASA, Noureddine Melikechi, a appelé à éviter les foules afin de limiter la propagation du COVID-19. Selon lui, la suspension du Hirak ne va pas immuniser les gens d’une manière permanente, mais elle permettra de limiter la propagation du virus. La suspension temporaire du Hirak n’est pas une faiblesse, mais un signe de sagesse et de maturité (…) le Hirak sera plus fort après avoir passé la crise du COVID-19 ». En tout état de cause, tout le monde s’accorde à dire que le peuple doit s’organiser pour gérer cette épidémie. Des initiatives sont lancées concernant la distribution des gels nettoyants au niveau de certains lieux publics, la désinfection de la monnaie avec de l’eau de Javel. Des appels aussi de munir de gants, le personnel travaillant au niveau des pâtisseries et boulangeries.

Une réflexion objective et urgente sur la santé publique
Par ailleurs, les personnalités très suivies sur les réseaux sociaux ont mis leur grain de sel en contribuant à la sensibilisation, à leur manière, en diffusant des messages. La chanteuse Amel Zen a appelé hier, sur sa page Facebook, à une réflexion objective et de la gestion de la crise covid-19. « L’heure est à l’union, à la réflexion individuelle et collective, à la réflexion objective et urgente autour de la santé publique et de la gestion de la crise covid-19 », a-t-elle dit en dénonçant l’attitude des autorités publiques face à cette situation de crise du fait de ne pas être dans « l’urgence et l’obligation de prendre des mesures strictes pour la sécurisation de nos frontières terrestres, maritimes et aériennes afin de stopper l’entrée et la propagation du virus Covid-19 venu de l’étranger  (…) à la fermeture des marchés, des mosquées, des centres commerciaux, des salles des fêtes, des restaurants à grand flux, des hamams, des stades et de tous autres espaces confinés» . Pour cela, la chanteuse engagée demande « d’agir ensemble, sans excès de zèle, ni démesure, sans haine, ni violence. L’heure n’est pas au lynchage et à l’agressivité, elle est à la sensibilisation censée, à la raison juste et mesurée, nous sommes tous dans le même wagon et pour cela, nous sommes dans l’obligation de prendre nos propres précautions seuls! Le danger est partout, la sensibilisation doit donc se faire à tous les niveaux sans exception aucune! », a-t-elle recommandé.
Pour sa part, l’avocate Zoubida Assoul a appelé à la fermeture immédiate des aéroports, car selon elle, « les pays développés qui ont les moyens l’ont fait. Halte, le coronavirus prend l’allure d’une pandémie », dit-elle sur son compte Facebook.
H. Hadjam