Marché

LES ALGÉRIENNES ET ALGÉRIENS BOUCLENT UN MOIS DE PROTESTATIONS : Retour chronologique sur des marches historiques

Depuis son déclenchement le 22 février dernier, le mouvement populaire pacifique a bouclé, hier, pour son 5e vendredi de suite, un mois de marches et de mobilisation déterminée et soutenue, pour le changement du système politique en place et l’édification d’un État de Droit. Des manifestations marquées par des messages renvoyés par l’image d’un peuple civilisé, interceptés notamment ici et dans le monde entier. Le tout, à travers des mots d’ordre politiques clairs, à la fois responsables pour l’avenir d’une 2e République et affranchis de toute complaisance à toute ingérence étrangère dans les affaires de l’Algérie.
Donc, on ne peut pas parler de manifestations grandioses des citoyens durant tout ce mois exigeant le changement du système en place pour édifier un État de droit, sans citer l’évolution des évènements, bien évidemment parce que le jour du 22 février, le cours du changement à commencé pour prendre de plus en plus de l’ampleur, à travers le pays et à tous les niveaux, commençant par la sortie des étudiants et des enseignants en manifestations pacifiques tous les mardi depuis le début du mouvement.
La marche pacifique contre le dépôt du dossier de la candidature du président Bouteflika, pour un 5e mandat, par son directeur de campagne Zaalane, le 3 mars passé, a été marquée par les étudiants, enseignants, en prenant le cap vers le Conseil Constitutionnel suivis, peu de jours après, par la marche des avocats, le 7 mars, pour prendre le même itinéraire. La journée du 8 mars, jour de la célébration de la Journée mondiale de la Femme, a donné un autre élan aux marches des vendredis, à travers le pays, par la mobilisation davantage de femmes et d’hommes, vieux et jeunes, pour être en force, en nombre, pour s’élever à près de 10 millions de manifestants à travers le pays.
Durant toute la semaine qui a suivi le dépôt du dossier de la candidature de Bouteflika, l’Algérie a connu des manifestations pacifiques, où le peuple, dont la majorité des jeunes, a appelé au départ de tout le système politique en place. Le 10 mars, le président Bouteflika rentre au pays, après 15 jours passés aux HUG de Genève (Suisse). Le lendemain, il adresse un message au peuple, dans lequel il dévoile sa feuille de route, pour la sortie de crise, en renonçant à un 5e mandat, le report de la Présidentielle prévue le 18 avril prochain et la tenue d’une conférence nationale pour opérer un changement.
L’annonce du Président n’a pas manqué de troubler ses Alliés, mais a été refusée, par le principal acteur sur la scène nationale, le peuple algérien. Les citoyens sortent de nouveau, pour exprimer pacifiquement son refus de la feuille de route du Chef de l’État, en scandant «Non à la prolongation du 4e mandat ! Non à la conférence nationale ! Pour un changement du système politique !», comme slogans et autres mots d’ordre inscrits sur les pancartes et entonnés lors des marches populaires pacifiques.
Un autre évènement a marqué la même semaine, la démission d’Ahmed Ouyahia du gouvernement, suivant les décisions prises par le Président. Le remplaçant d’Ouyahia avait pour nom Noureddine Bedoui, secondé par Ramtane Lamamra, également nommé au portefeuille des Affaires étrangères. Le 15 mars, c’était le 4e vendredi de marches populaires à travers l’ensemble du territoire du pays, en nombre encore plus élevé, près de 20 millions, pour réitérer et réaffirmer leur détermination en faveur du changement du système politique en place.
La semaine passée, le 19 mars, jour de la fête de la Victoire, les blouses blanches ont marché à travers l’ensemble des régions du pays, scandant «Algérie Libre et démocratique !» « Pour le changement !», et, également, un sit-in des magistrats qui a été organisé jeudi dernier, devant le tribunal «Abane Ramdane», à Alger, la veille du 5e vendredi des marches pacifiques du peuple algérien. Avant eux, il a été question des personnes aux besoins spécifiques, qui n’ont pas manqué, de marquer, à leur tour, cette dynamique populaire citoyenne sans précédent, leur mobilisation et leur adhésion à l’occasion du 14 mars.
Sarah Oubraham