Lamamra

LE SEMINAIRE DE HAUT NIVEAU SUR LA PAIX ET LA SECURITE EN AFRIQUE S’OUVRE AUJOURD’HUI A ORAN : Lamamra préside les travaux de la rencontre

Après avoir tenu sa 7ème rencontre dans la capitale gabonaise, Libreville, en janvier 2020 sous le thème « Faire taire les armes en Afrique…créer un environnement favorable pour les enfants affectés par les conflits armés », le séminaire de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique ouvre sa huitième réunion, de trois jours, à partir d’aujourd’hui, dans la capitale de l’ouest du pays, Oran, sous la présidence du chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra,

Le séminaire de Haut niveau initié par le Comité de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS/) UA) tient sa huitième rencontre, cette année, dans une conjoncture de nouveaux conflits et tensions qui s’ajoutent à ceux que connait le continent, outre les défis persistants auxquels est confronté le continent, les conséquences des changements climatiques, sécheresse, famine, exode des populations, et de surcroît manque de ressources financières pour assurer un rythme accéléré des actions visant la paix et la prévention des conflits en Afrique, à travers son architecture. Aussi, le développement socio-économique, qui devrait faire reculer voire éradiquer le terrorisme peine à se manifester d’une manière percutante, demeure l’un des principaux chantiers inscrit dans l’agenda de l’institution africaine et que les pays membres de l’UA sont appelés à propulser d’abord entre pays africains , au vue des potentialités et des possibilités existantes en plus avec les partenaires étrangers selon les intérêts des peuples africains. Les conflits en Afrique, les crises et les tensions persistantes entre pays du continent, sont à l’origine d’une situation dramatique dans laquelle est plongé l’enfant africain et donc l’avenir de générations d’africains et de l’Afrique. Selon les chiffres du CPS de l’UA, un enfant sur cinq se trouve dans une zone de conflit, pour un total de 152 millions d’enfants concernés par cette dangereuse situation, laquelle prive ces millions d’enfants d’un environnement sûr et sécurisé et à l’éducation et donc un avenir incertain incontestablement. Des situations de crises et de tensions et de non règlement de conflits, qui souvent sont nourries par des interférences et les interventions étrangères dans les affaires africaines en plus de l’immobilisme des membres du Conseil de sécurité à appliquer le droit international, qui est souvent mis en veille et contourné en raison d’intérêts de membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies (ONU). Alors que l’Union africaine prône une approche basée sur le règlement des causes profondes à l’origine des conflits, des crises, du terrorisme , d’absence de développement, des conséquences des changements climatiques les plus ressentis en Afrique, alors que la responsabilité des bouleversements du climat incombe aux riches, ces derniers font preuve d’absence de volonté politique, non seulement à freiner leurs activités polluantes, se contentant de lancer des engagements sans suite. La coordination et la coopération entre L’UA et l’ONU, notamment entre le CPS et le CS respectivement en charge, des questions de la paix et la sécurité, en Afrique, pour le CPS et au niveau mondial pour le Conseil de sécurité de l’ONU, d’autant plus que dans l’ordre du jour du Conseil de sécurité, deux tiers de ses résolutions adoptées au titre du Chapitre VII de la Charte concernent l’Afrique.

« Il faut réparer une injustice historique contre l’Afrique, il y a une demande accrue du continent pour la réforme du Conseil de sécurité et de sa composition»
Cette situation exige une coopération renforcée entre le Conseil de sécurité, l’UA et son Conseil de paix et de sécurité.  Aussi dans l’attente de la traduction des réformes au sein de l’ONU et notamment son Conseil de sécurité, visant l’entrée de nouveaux membres permanents, dont des représentants de l’Afrique, veiller à ce que les pays africains puissent faire entendre leur voix sur les questions qui les concernent est une préoccupation africaine permanente, qui ne manquera pas, au rendez-vous d’Oran, d’être abordé par le chef de la diplomatie algérienne et ses homologues africains. Le séminaire de Haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique, offre en outre l’occasion d’examiner outre la teneur de cette coopération entre les deux institutions, mais aussi les carences, dont la représentation africaine au sein du CS de l’ONU et les contributions financières du Fonds pour la Paix de l’UA, qui suite à des appels a réussi à avoir 204 millions de dollars, alors qu’il faut atteindre l’objectif des 300 millions de dollars d’ici à 2023.  Il est à rappeler, qu’après débat, le CPS a approuvé à l’unanimité la proposition de l’Algérie, portant création d’un Fonds africain pour le traitement des effets négatifs des changements climatiques sur notre continent, avec la contribution de tous, notamment les pays développés, premiers responsables des conséquences en Afrique, des bouleversements du climat. Octobre dernier, la Vice-secrétaire générale de L’ONU, Mme Amina J. Mohamed indiquant qu’elle prend note des efforts déployés par l’UA pour « s’attaquer aux causes profondes des conflits », dans le cadre de la Charte africaine, du mécanisme africain d’évaluation par les pairs, du système d’alerte rapide à l’échelle du continent, de la politique de l’UA pour la reconstruction et le développement après un conflit, et d’autres mécanismes analogues » elle a « félicité l’Union africaine pour sa contribution accrue aux opérations de paix internationales et salue le partenariat, UA/ONU l’Union dans le cas des opérations de maintien de la paix » citant à titre d’exemple la mission MINUAD au Darfour qui a récemment pris fin. Aussi pour la prévention de la paix et de la sécurité ainsi que le règlement des conflits et des crises, sur notre continent, les participants mettront en avant la défense et le respect du droit international et la Charte des Nations Unies ainsi que celle de l’UA, étant les fondements essentiels de la durabilité de la paix, la sécurité et par conséquent de la stabilité, condition fondamentale du développement durable au niveau continental et aussi mondial. Le Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’UA, Smail Chergui, a réaffirmé, au rendez-vous de Libreville, la nécessité de conjuguer les efforts en vue de trouver de « meilleures solutions possibles aux situations de conflits » en Afrique, lançant un appel lors de son intervention aux travaux du 7ème séminaire de haut niveau du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA. «Notre séminaire (de Liberville/gabon : ndlr)vient à propos, nous inviter à la recherche de meilleures solutions possibles, aux situations de conflits notamment au Soudan du Sud, en Libye, en République centrafricaine et dans la région du Sahel » avait souligné Chergui dans son allocution, ajoutant que « pour que l’Afrique soit respectée, il faut réparer une injustice historique contre ce continent ». Ceci d’autant plus, a-t-il poursuivi « qu’il y a une demande accrue du continent pour la révision du Conseil de sécurité et de sa composition », a-t-il insisté. Conçus comme une plateforme de concertation et d’harmonisation, les séminaires de l’UA sur la paix et la sécurité visent outre à faire le point sur la situation sécuritaire du continent, se penche à déterminer et peaufiner les lignes directrices qui devront guider les positions africaines aux Nations unies, notamment par les pays africains présents, et dont le RDV d’Oran devra marquer une dynamique sur cette question, sur fond non seulement des défis à relever en la matière, mais aussi au regard des mutations en cours dans les rapports internationaux et les luttes de convoitises entre des puissances qui se manifestent sur notre continent, notamment par des interventions militaires étrangères, sous multiples prétextes, à l’origine de déstabilisation de pays et de crises dans des pays africains
Karima Bennour