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LE PRÉSIDENT ÉVOQUE L’AVENIR DU GAZODUC MAGHREB-EUROPE : « L’Algérie approvisionnera l’Espagne en gaz via le Medgaz  et par nos navires en cas d’éventuelles pannes »

L’Algérie a décidé qu’après l’arrivée à terme du contrat du gazoduc Maghreb-Europe, prévue pour le 31 octobre courant, d’approvisionner l’Espagne en gaz naturel via le gazoduc Medgaz et assure qu’ en cas d’éventuelles pannes ou imprévus, l’approvisionnement se fera par des navires algériens. Le président Tebboune a déclaré, dimanche soir, lors d’un entretien accordé, à deux médias de la presse nationale, dont le Courrier d’Algérie, à propos de l’approvisionnement de l’Espagne en gaz algérien que « nous avons convenu avec les amis espagnols de les approvisionner via le gazoduc Medgaz ». Plus explicite dans sa réponse à une question de savoir qu’en sera-t-il après la fin le 31 octobre courant, du contrat en vigueur d’acheminement du gaz algérien à l’Espagne via le gazoduc transitant par le Maroc, le locataire d’El-Mouradia a affirmé que notre pays poursuivra d’approvisionner l’Espagne par le « gazoduc Medgaz » et en cas d’éventuelles pannes, l’opération « se fera par des navires algériens ». Il ressort des déclarations du Président que le gazoduc Maghreb-Europe ne servira plus au passage du gaz algérien vers l’Espagne. Décision qui s’inscrit dans le sillage de la rupture des relations entre l’Algérie et le royaume chérifien, à l’instar de celle interdisant les vols marocains, civils et militaires, dans l’espace aérien algérien, en réponse outre aux hostilités et provocations récurrentes de Rabat contre Alger mais aussi son implication dans des actes terroristes du Mak, notamment les incendies criminels de l’été dernier en plus de ses appels de soutien à « l’autodétermination de la Kabylie »exprimés officiellement par Rabat, à New-York, à travers son représentant aux Nations unies (ONU), sans daigner par la suite selon les us diplomatiques répondre aux demandes d’explications et de protestations de l’Algérie.
Il faut dire aussi qu’après l’officialisation des relations, restées longtemps officieuses, entre le Maroc et l’entité sioniste, Israël qui cherche à être un acteur pesant sur le marché du gaz, d’autant plus outre qu’elle est confrontée à la difficulté de la commercialisation du gaz des territoires occupés de la Palestine, les capacités limitées de son extraction et de sa production ne sont pas moindres, l’entité sioniste recourt à l’achat du gaz à des tiers, comme la Turquie, pour le revendre et récupérer des gains. Il n’est pas à exclure qu’Israël compte dans ses accords avec le Maroc, tirer profit du gaz naturel de l’Algérie, qui transite via le territoire marocain, et dont le contrat non renouvelable arrive à terme le 31 octobre. Il faut aussi relever que l’Algérie suivait l’ensemble de l’opération de l’acheminement du gaz via le gazoduc passant sur le territoire marocain, jusqu’ «au point de son passage à la frontière du royaume marocain » nous précise, hier, une source bien au fait de ce dossier.
S’agissant de l’Espagne, l’Algérie qui a assuré Madrid de son approvisionnement en gaz naturel, traduisant non seulement l’engagement d’Alger à fournir ce produit mais aussi le respect de la coopération entre Alger et Madrid, le chef de la diplomatie espagnole, Albares Bueno en visite, fin septembre dernier, à Alger a loué la constance de la position de l’Algérie au respect de ses engagements avec ses partenaires, déclarant que «l’Algérie est un partenaire économique de premier ordre pour l’Espagne et a toujours été un partenaire fiable qui a honoré ses engagements » avant d’ajouter « J’ai également été rassuré aujourd’hui quant à la continuité de l’approvisionnement (de l’Espagne en gaz algérien Ndlr) » a indiqué le ministre espagnol, au sortir de l’audience que lui a accordée le président Tebboune.
Karima B.

Bases militaires
L’Algérie refuse toute implantation de base militaire étrangère sur son sol
L’Algérie refuse toute implantation de base militaire étrangère sur l’ensemble de son territoire, quel que soit le pays étranger « aussi puissant soit-il » a précisé, dimanche soir le président de la République lors de sa rencontre périodique avec des responsables de médias nationaux. Indiquant que « l’Algérie ne permettra à aucun pays, aussi puissant soit-il, d’implanter une base militaire sur le territoire national » le locataire d’El-Mouradia souligne que cette décision est dictée par l’obligation qu’impose le devoir de respect des valeurs et des principes de nos martyrs ,en déclarant « notre terre est sacrée et le devoir de respect à nos martyrs impose de ne tolérer l’implantation d’aucune base militaire en Algérie ». Rappelant, à cet égard, la politique de l’Algérie en la matière, laquelle est « connue, claire et transparente », il a souligné qu’il s’agit d’ « une politique procédée de principes solides et immuables ». Interrogé sur d’éventuelle participation de l’Armée nationale populaire aux opérations militaires à l’extérieur du territoire algérien, M. Tebboune a rappelé la politique et la position de l’État sur cette question, laquelle, souligne-t-il, « veille à ne pas s’enliser dans des bourbiers ». Poursuivant, il dira que « nous n’avons pas de légions, mais une Armée nationale dont les membres sont les enfants du peuple ». Le président Tebboune affirme qu’ « ils ne seront jamais sacrifiés pour de l’argent, comme le font les mercenaires ». Concluant sa réponse, le chef de l’État a précisé que « pour toute opération à l’extérieur du pays », celle-ci doit, au préalable « avoir l’aval des membres de notre Armée, celui des représentants du peuple (APN) et devra être dans le cadre des Nations unies et de l’Union africaine ».
K. B.