ALGER

LE « HIRAK » N’A PAS REPRIS CE VENDREDI : Les agitateurs mis en échec

La protesta algérienne, apparue spontanément, avait pour principale revendication un rejet sans appel du projet de cinquième mandat en faveur de Bouteflika et, accessoirement, un changement en profondeur des dirigeants et du système de gouvernance en place.

Avec le temps, le mouvement a fini par marquer le pas, avant de s’essouffler totalement, achevé qu’il a été par cette pandémie mondiale de coronavirus. Il faut dire que, chemin faisant, le plus clair de ses revendications a été satisfait. Cela va de l’annulation du cinquième mandat avec la démission précipitée de Bouteflika jusqu’au jugement de ceux qui faisaient régner la pluie et le beau temps chez nous, en passant par l’arrivée au pouvoir d’un président comptant à son actif une sincérité à toute épreuve, sa guerre publiquement déclarée aux oligarques alors qu’il étaient à l’apogée de leur puissance, sa gestion totalement transparente, son programme électoral basé sur les desiderata citoyennes, ses premières décisions et mesures, toutes plus populaires les unes que les autres… C’est dire, donc, que rien ne pouvait justifier le retour du hirak après la levée partiel du confinement. D’aucuns ne l’entendent quand même pas de cette oreille. Jusqu’au-boutistes, agitateurs professionnels, agents infiltrés chargés d’exécuter un agenda décidé par les tenants des printemps, les éléments les plus radicalisés du hirak refusent ostensiblement de déposer les armes, d’entendre raison enfin. Voilà pourquoi ils étaient attendus, hier, de pied ferme pour une sorte de test grandeur-nature. Les réseaux sociaux en effet, qui bruissent des rumeurs les plus folles, avaient acté que la grande date du retour en force de ce mouvement coïnciderait avec la date hautement symbolique du 19 juin. Or, s’il y a eu quelques centaines de personnes sorties battre le pavé au niveau de cette frondeuse ville des Genêts, un calme olympien a été observé partout ailleurs dans le pays. à Alger-Centre, comme nous avons pu le constater nous-mêmes, une poignée d’individus a tenté de manifester face à des policiers fortement déployés au niveau de l’ensemble des grandes artères de la capitale. La reprise n’a donc pas eu lieu. La sagesse citoyenne a fini par l’emporter. Cette voie aventureuse ne peut en effet déboucher sur rien de bon. Outre le risque d’un chaos généralisé, la sagesse veut qu’une chance –et du temps aussi- soient laissés au président Tebboune, à son gouvernement et à ses proches collaborateurs. Celui-ci, en train d’inaugurer un mode nouveau et révolutionnaire en matière de gouvernance, rend régulièrement compte de ses actions en accordant des interviews à la presse nationale. Cette attitude en elle-même vaut son pesant d’or quand on se remémore avec quel mépris l’ancien président traitait les journalistes algériens.
L’Algérie est en passe d’entrer de plain-pied dans une nouvelle ère. Ceux qu’effraie la transparence, et qui ont tenté de faire du hirak un véritable fonds de commerce cherchent, et chercheront, par tous les moyens à renouer avec les manifs de rue. Or, l’heure est au travail, à la nécessité absolue de se retrousser les manches. Comme le répète à Souhait, le porte-parole de la présidence de la République, le « train-Algérie » a bel et bien démarré. Il a les moyens de prendre à son bord tous les Algériens sincères et de bonne volonté. Tant pis pour ceux qui tergiversent, ou qui cherchent à lui mettre les bâtons dans les roues…
Mohamed Abdoun