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24 février 2024
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Spor

Le débat sur la qualité du produit local est relancé de plus belle

La CAN 2015 a vécu. N’est plus qu’un souvenir (bon ou mauvais, à chacun son appréciation) pour l’écrasante majorité des Fennecs qui ont repris, avec brio pour certains et dans une superbe forme, leur vie «européenne.» Professionnelle. Dans tous les sens du mot.

Leçons bien africaines
Europe, Afrique. Tout un monde. Une étape à ajouter à un CV en construction. On tourne la page en attendant d’autres défis en vert. Avec une nouvelle mentalité. L’expérience du continent noir en plus. Dont les exigences, forcément spéciales (ils l’ont vérifié à leur corps défendant, critiques acerbes en prime même si, pour la plupart, elles n’ont aucun lien avec l’objectivité) n’ont rien à voir avec la qualité de l’effectif aligné. En espérant que la leçon a été retenue. Et bien. Du côté des joueurs comme au niveau du staff technique dirigé par le Français Gourcuff qui sait maintenant, que les réalités des terrains africains imposent une autre philosophie de préparation. De jeu. En apprenant à composer, toujours, avec des éléments extérieurs (de gros détails imprévisibles toutefois et à chaque fois) qui peuvent peser lourd. Peuvent vous faire passer de statut de super favori à celui de cancre.
C’est, en tout cas, l’enseignement à tirer de la toute récente virée continentale en terres équato-guinéennes qui a donné du grain à moudre aux algéro-sceptiques et autres «spécialistes» es- débriefings, aujourd’hui à la mode et qui ont pris possession des plateaux T.V, n’ont pas manqué ruer carrément dans les brancards. En contestant, notamment, les choix du sélectionneur national pris, juge-t-on unanimement, en «flagrant délit de mépris à l’égard du produit du cru» (ndlr, les joueurs évoluant dans un championnat d’Algérie en mal de sensations et de spectacle, voire incapable d’offrir au «Club Algérie» un seul élément de valeur susceptible d’inverser la tendance ou l’appel massif aux binationaux dont l’apport reste indéniable, s’il ne sauve pas la mise) et qui doit assumer ses erreurs. Pour ne pas dire ses «errements» en matière de critères de sélection. L’E.N, revenue bredouille de son tout dernier gros objectif, a-t-elle raté son «coup» ? A-t-on vu trop grand ? Méritait-elle son statut de N°1 africain ? Des questions auxquelles il sera difficile de répondre maintenant que le terrain a tranché, rendu son verdict au profit du tandem Ghana- Côte d’Ivoire (au passage, les deux seules formations à avoir battu les camarades de l’increvable Bougherra, parti en retraite internationale et qu’il sera difficile de remplacer) qui ont animé une finale, comme attendu des plus serrées, jouée à la route russe, avant que le sort (la longue épreuve des tirs au but) ne penche pour les Eléphants.

Partie remise
Les lampions se sont éteints, la 30e CAN a choisi son camp. Choisi le meilleur. Parmi le trio sur lequel les bookmakers ont tablé. Logique ? Plus que sûrement, même si Bentaleb et consorts, loin (à l’image d’un Brahimi surveillé comme du lait sur le feu, muselé comme rarement et bénéficiant d’un traitement spécial) de leur niveau habituel, auraient pu aspirer à un meilleur classement. A une place sur le podium et, on est pour notre part convaincus, au sacre suprême. Façon de souligner que le titre (voir et revoir cette finale ou la tournure prise par les évènements lors des deux sommets que leur offrira un tirage au sort terrible, contre les Blacks Stars avec un revers concédé sur le tard, dans le temps additionnel et sur un contre malheureux et une sanction qui aurait pu changer bien des choses, puis un quart dramatique contre le géant Yaya Touré et ses frères et bien sûr futurs champions, dans une partie paraissant maîtrisable sur les 3 quarts du temps règlementaire avant que cette «chance» qui fait les champions ne leur tourne carrément le dos) était dans leurs cordes. Qu’il ne manquait vraiment pas grand-chose à cette équipe, trahie finalement par son inexpérience (c’est aussi le cas de son staff), pour s’imposer après s’être sortie sans dégâts majeurs du «groupe de la mort» auquel peu de sélections aguerries auraient pu survivre, l’exemple du onze national sénégalais et son armada de talents accomplis étant là pour atténuer sa déception. On passe à autre chose. Déception totalement, ou presque, digérée, à voir la bonne réaction des Mahrez, Bentaleb, Brahimi, Mandi, Ghoulam et consorts qui ont repris normalement leur place dans des championnats pourtant réputés pour être très relevés. Mahrez, avec Leicester contre Arsenal, Bentaleb avec Tottenham contre Liverpool, Brahimi qui a marqué le but, l’unique, du difficile succès de Porto contre Guimarães avec en prime le titre d’homme du match, ont, pour l’exemple, donné l’image de joueurs gagnant en maturité. Réagissant en vrais professionnels.
La CAN est passée. Déception (s) ? Peut-être mais l’impression, voire la conviction, que les Verts ont retenu la leçon. Ont grandi encore plus. Mieux. Digéré. Compris (depuis le temps que nos «spécialistes» l’assènent presque sans trop y croire), que la Coupe d’Afrique n’est pas le Mondial, l’Afrique n’est pas l’Europe. Compris que la Côte d’Ivoire ou le Ghana ne sont pas tombés de la dernière pluie. Mais qu’ils ont su faire forcer le destin, cette chance qui fait les grands. Et les grands noms, courtisés par les grands clubs de la Planète ou mènent les affaires de tellement de grands clubs, ne manquaient pas en cette édition de CAN, véritable mini-coupe du monde, à valeur de leçon magistrale pour Gourcuff et ses capés qui savent qu’ils ont encore du temps (et beaucoup de travail) pour espérer mettre enfin le costume de champion. Mettre l’Afrique à leurs pieds comme le leur promettaient les pronostiqueurs. Des pronostics remis à des délais (peut-être en 2017 à Alger, si la CAF le décidait ?) indéterminés mais forcément pas lointains.

Pari déjà… perdu ?
L’Afrique toujours. Qui concerne cette fois les locaux avec le retour aux compétitions continentales des clubs. Une chance inouïe de briller. Taper dans l’œil du sélectionneur. Démentir ceux qui, fort du marasme vécu intérieurement par le football national que cache grossièrement l’arbre- E.N, insistent pour relever la faiblesse de la formation à la base (quasi inexistante) et le tarissement dramatique, en raison d’une déperdition allant crescendo, d’un réservoir qualifié, il n’y a pourtant pas longtemps, de particulièrement riche, en talents. La CAN, on en reparlera forcément pour au moins deux ans. Jusqu’à la prochaine édition sûrement. Place aux compétitions de clubs dont le coup d’envoi a été donné samedi et dimanche. En lice, un quatuor sur lequel d’énormes espoirs sont (étaient ?) naturellement fondés : le MC El Eulma (il a éprouvé toutes les peines du monde à se défaire, sur un penalty généreux transformé par Hamiti, d’un teigneux mais non moins modeste client éthiopien de Saint Georges), de l’USM Alger, qui a fait un peu mieux en terminant sur une marge plus sécurisante de 3 buts d’écart devant des Tchadiens réduits à neuf) en Ligue des champions, en attendant bien sûr le retour de l’ES Sétif non concerné par le tour préliminaire et appelé, la semaine prochaine à Blida, à défendre son titre de N°1 africain contre le prestigieux Ahly du Caire pour le compte de la Supercoupe, alors qu’en coupe de la CAF, c’est un très petit MC Alger qui se faisait accrocher (un lamentable nul blanc à l’arrivée d’une prestation médiocre) par un inconnu au bataillon, le SC Sahel du Niger, et un quelconque ASO/Chlef, à la peine également, qui négociera (score final, 2-0 mais que de lacunes ) sans réelles ambitions son ticket continental devant un Kamboi Eagles de Sierra Léone des plus limités.
Quatre représentants et une mission loin d’être évidente à l’arrivée d’un 1er jet mi-figue, mi-raisin, décevant même, aucun d’eux n’ayant finalement convaincu ou rassuré: réhabiliter le joueur du cru sur la scène africaine et lui ouvrir de nouveaux horizons. Dont une place au soleil en sélection.

Démagogique… ment rentable !
Quatre sorties mitigées et l’impression bizarre d’assister à un remake des participations précédentes, nos quatre mousquetaires (à part peut-être les «Rouge et Noir» algérois) n’ayant pas pu se mettre à l’abri, encore moins assuré la qualification. Obligés de batailler dur au retour pour espérer rester en course et donc imiter l’«Aigle noir» sétifien, seule et unique satisfaction d’un football local bien (plutôt mal) parti pour de nouvelles déculottées. Qu’en pensent nos spécialistes, tous ceux qui, emportés par des considérations personnelles n’ont pas mis de gants pour tomber sur une sélection dont le tort est d’avoir perdu contre une des meilleures équipes au monde (la Côte d’Ivoire, pour ne pas la nommer, qui vient de s’emparer du trône) et, plus grave, impardonnable, constituée de joueurs venus «d’ailleurs». Venus (c’est la lecture qu’on peut faire malheureusement) prendre la place des autres. Samedi et dimanche, à l’occasion de deux mini-journées africaines, quatre de nos valeurs les plus sûres (l’USM Alger et son voisin mouloudéen, malgré sa peu reluisante place de potentiel relégable en Ligue1 «Mobilis» disposent de deux des effectifs les plus «riches» intra-muros, en tout cas des joueurs faits «stars» et grassement payés, le MC El Eulma n’est, ni plus ni moins, que la meilleure attaque du championnat et carbure «bien» avec, en plus le meilleur buteur de l’élite, Derradja dont on dit le plus grand bien et qui «frappe» normalement aux portes de la sélection, alors que l’ASO/Chlef, la lanterne rouge hérite, c’est le moins que l’on puisse dire, d’un cadeau empoisonné, un lourd fardeau avec ce billet continental qu’il aborde la tête ailleurs) ont donné, devant d’illustres inconnus, un avant-goût du niveau du football local. Ont montré qu’il ne faut, encore une fois (et ce n’est pas la première fois) rien attendre de positif. Comme pour dire que l’exploit de l’ES Sétif n’est pas dans leurs cordes. Qu’en sera-t-il lorsqu’il faudra passer aux tours principaux (s’ils survivent à l’humiliation du tour préliminaire fait pour les derniers de la classe) avec l’entrée des grosses cylindrées ? On croise, on l’imagine, les doigts. Parce qu’on craint le pire. Une déroute totale.
Une de plus et pas la dernière. Le produit local ? On laisse la réponse aux démagogues de tous bords qui s’érigent en donneurs de leçons sentant les règlements de comptes.
Par Azouaou Aghiles

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