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L’ANCIENNE CONSEILLÈRE DE JAMES BAKER : « La décolonisation reste au cœur de la solution au conflit du Sahara occidental »

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« Comment peut-on qualifier des négociations d’inconditionnelles alors que le cadre dans lequel elles doivent se dérouler et le résultat vers lequel elles doivent être orientées sont fixés à l’avance (autonomie, ndlr) ? », s’est interrogée, à juste titre, l’ancienne aide de camp de James Baker.
Anna Theophilopoulou, l’ancienne responsable des Nations unies et proche conseillère de l’ancien envoyé onusien au Sahara occidental, James Baker, a estimé que la proposition marocaine d’autonomie pour le Sahara occidental comme base du processus politique ne repose pas sur une lecture réaliste de la nature du dossier, prévoyant la poursuite du conflit tant que le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination est exclu de l’essence de la solution proposée.
Dans un article d’analyse intitulé « L’épopée du Sahara occidental : à suivre », publié par le Centre international pour les initiatives de dialogue (ICDI), Theophilopoulou appuie son analyse sur une expérience directe s’étendant d’avril 1994 à juillet 2006 dans le suivi de la question sahraouie ainsi que sur son travail de conseillère proche de James Baker durant son mandat d’envoyé personnel du S.G. des Nations Unies entre 1997 et 2004.
L’auteure part de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre 2025, qui a prolongé le mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2026. Elle estime que la nouvelle formulation de la résolution n’a pas réellement dépassé l’impasse qui accompagne les décisions du Conseil depuis que le Maroc a présenté la proposition d’autonomie en 2007. Selon Theophilopoulou, la résolution porte une contradiction fondamentale lorsqu’elle demande aux parties de mener des négociations « sans conditions préalables », puis appelle en même temps à prendre la proposition d’autonomie marocaine comme base de ces négociations. L’auteure pose une question directe : « Comment peut-on qualifier des négociations d’inconditionnelles alors que le cadre dans lequel elles doivent se dérouler et le résultat vers lequel elles doivent être orientées sont fixés à l’avance ? » L’ancienne responsable onusienne considère que cette contradiction n’est pas seulement linguistique, mais reflète un problème politique plus profond consistant à tenter de combiner l’imposition de l’autonomie comme point de départ avec l’affirmation formelle du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Par ailleurs, l’article a souligné que l’adoption de la résolution n’a pas reflété un consensus international autour de l’approche américaine. Le Danemark et la Slovénie ont précisé que leur vote en faveur du texte ne signifie pas la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, tandis que la Russie, la Chine et le Pakistan se sont abstenus de voter et ont exprimé des réserves sur la direction que prennent les efforts visant à traiter le conflit. L’Algérie a également refusé de participer au processus de vote. La Russie a qualifié la résolution de déséquilibrée et s’écartant fondamentalement de la pratique suivie par le Conseil de sécurité dans le traitement de l’affaire, avertissant que la nouvelle trajectoire pourrait mener à des résultats inverses et rallumer un conflit resté sans solution durant des décennies.
Theophilopoulou estime, en outre, que les propositions américaines et marocaines révèlent le fossé entre l’euphorie du Maroc après l’adoption de la résolution 2797 et la réalité de la fracture au sein du Conseil de sécurité concernant son contenu et sa direction.
Farid G.

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