Toumi

KHALIDA TOUMI DÉMENT AVOIR QUITTÉ L’ALGÉRIE : Simple maladresse judiciaire ou jeu médiatique ?

Depuis l’avènement du 22 février, la justice est au cœur du débat public et du tumulte populaire. Pendant que l’opinion publique est assoiffée d’informations judiciaires au sujet des affaires de corruption, voilà que le procureur de la République près le tribunal de Tlemcen a commis un impair en matière de communication. Une erreur de taille qui aura fait polémique. En effet, à peine quelques minutes après que cette source judiciaire ait annoncé «une fuite» de l’ancienne ministre de la Culture, Khalida Toumi, en France, la concernée a vite démenti l’information rapportée par l’Agence de presse officielle (APS), en assurant qu’elle se trouve actuellement dans le pays. Comment un procureur de la République peut-il commettre une telle maladresse dans un contexte judiciaire sous haute tension ? Telle est la question qui se répandait dans l’esprit des Algériens. Mis à part le fait d’avoir annoncé une fuite de Khalida Toumi, le Procureur avait précisé que l’enquête menée auprès des mis en cause, qui devaient être entendus par la justice concerne le sujet de l’affaire de la surfacturation de la tente géante et de sa disparition après l’ouverture de la manifestation « Tlemcen, capitale de la culture islamique ». La même source avait précisé que le tribunal de Tlemcen a auditionné, dans le cadre de cette affaire, plusieurs parties, dont le directeur de la culture de la wilaya de Tlemcen, des membres du comité d’organisation de cette manifestation, le trésorier, le contrôleur financier, l’importateur de cette tente géante, et le caissier des services des douanes du port de Ghazaouet.
L’enquête menée auprès des mis en cause a montré que la tente géante a été importée d’Allemagne. Elle a été acheminée jusqu’au port de Ghazaouet pour être utilisée lors de la cérémonie d’ouverture de la manifestation « Tlemcen, capitale de la culture islamique » avant de disparaître.Par ailleurs, le procureur de la République près le tribunal de Tlemcen avait indiqué que le parquet a demandé une copie du rapport de la Cour des comptes établi en 2013 pour consultation et définition des dépassements enregistrés à cette époque. D’ailleurs, il a fait savoir que « des parlementaires étaient au courant de ces dépassements, observant le silence, et n’ont pas déposé plainte » et que les enquêteurs « poursuivent toujours leurs investigations auprès des services de la wilaya au sujet de cette affaire », a-t-il ajouté. Il est à rappeler que le parquet général de Tlemcen avait ordonné l’ouverture d’une enquête au sujet de l’affaire de surfacturation de la tente géante acquise pour les besoins de la cérémonie d’ouverture, en avril 2011, de la manifestation « Tlemcen, capitale de la culture islamique » et sa disparition juste après son utilisation. Elle a coûté la somme de 200 millions DA. Selon la même source, l’enquête mettra au jour d’autres affaires et révèlera des trous financiers et des transactions suspectes ayant marqué cette manifestation culturelle et scientifique. Malgré cette « erreur », le parquet n’a pas réagi quant à l’authenticité des autres informations rapportées dans le communiqué. Pourtant, seule la communication de la justice est en mesure de couper l’herbe sous les pieds des «Fake News», légion en ces moments de crise. Hier, soit au lendemain de cet impair, un autre fait judiciaire aussi spectaculaire que le premier, à savoir le limogeage du ministre de la Justice, Slimane Brahmi, et son remplacement par Belkacem Zeghmati, suppose l’existence d’un lien entre les deux événements. Il se pourrait tout aussi qu’il s’agissait d’un simple hasard. Pour le reste, seul l’avenir nous le dira.
Lamia Boufassa