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Irak : à la recherche des recrues massacrées par l’EI

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Détecteur ou pelle en main, des soldats irakiens fouillent avec prudence un champ à Tikrit à la recherche d’éventuels cadavres de personnes massacrées par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

L’un d’eux creuse un monticule de terre, mais sans résultat. C’est pourtant dans ce secteur de l’immense complexe de l’ancien dictateur Saddam Hussein, dont Tikrit était le fief, que des dizaines de corps ont déjà été exhumés. Ces recherches ont été lancées à la suite de la reprise le 31 mars par les forces gouvernementales de cette ville au nord de Bagdad aux mains de l’EI pendant dix mois. Le groupe jihadiste y est accusé d’avoir commis des massacres, notamment parmi des recrues de milices chiites, lorsqu’il s’en est emparée. Des centaines de combattants ont été notamment enlevés et exécutés durant l’attaque de la base militaire de Speicher, à la limite nord de Tikrit. Les images de propagande diffusées par l’EI à la suite de ce massacre ont alimenté l’esprit de revanche des forces gouvernementales et de leurs alliés, en particulier les milices chiites. Mais, en se retirant de Tikrit, les combattants de l’EI ont disséminé des engins explosifs un peu partout dans la ville et dans le tentaculaire complexe de Saddam Hussein, compliquant la recherche des corps. Les soldats se mettent donc à l’affut «des pièges (…) des bombes et des explosifs» avant d’entamer tout travail de fouille, explique Haiwa Ali Mohammed, l’un d’eux.
Ils sont équipés d’outils de déminage et pour certains de masques à gaz, afin d’identifier les produits comme le chlorine, que les jihadistes ont déjà utilisés dans leurs bombes. Lorsque tout danger est écarté, une pelleteuse vient dégager la zone.

Treize fosses communes
De cette manière, les restes d’une soixantaine de corps ont été exhumés dans treize fosses communes, explique Haider Majid, un employé du bureau du Premier ministre Haider al-Abadi, travaillant sur le massacre de Speicher. À l’aide de tests ADN, les autorités tentent ensuite d’identifier les victimes. Dix de ces fosses se situent dans les ruines de l’ancien complexe présidentiel, qui n’a plus rien de sa gloire passée et est jonché en plusieurs endroits de déchets en tout genres. L’une des fosses est signalée par la présence d’un petit autel du souvenir qui a été élevé le long du fleuve Tigre. Des bougies blanches et des fleurs en plastique décorent un drapeau irakien et ceux de groupes paramilitaires chiites ayant combattu aux côtés de l’armée. Une autre fosse se distingue plus loin, délimitée par une bande de plastique jaune. La zone à fouiller est particulièrement vaste et les trous déjà creusés dévoilent des ossements et vêtements mêlés à la poussière. «Cette fosse est l’une des pires dans le secteur du palais», souligne Haïder Majid. À proximité des zones de fouilles, sur le côté est du complexe, des traces d’exécutions remontant à juin 2014 sont encore visibles. Des filets de sang séchés marquent la rive bétonnée. Un tableau représentant la Mecque entouré de guirlandes de fruits en plastique a été posé là, à côté d’un drapeau irakien poussiéreux, pour que le souvenir ne s’efface pas.

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