Imbroglio logement !

Le séisme qui a dernièrement ébranlé Alger et quelques wilayas limitrophes a remis au goût du jour la problématique de relogement au niveau de la capitale. Et la question qui se pose, dès lors, est celle de savoir comment les pouvoirs publics vont-ils procéder pour identifier les vraies victimes qui doivent bénéficier d’un logement ? Le moins que l’on puisse dire donc est que le département de Tebboune est, encore une fois, mis à rude épreuve. Car, de nombreuses familles résidant dans des habitations vétustes ou des bidonvilles montent au créneau, ces derniers jours, pour exiger leur relogement dans de nouveaux appartements. Il va sans dire ainsi que le séisme qui a dernièrement frappé la capitale en est l’élément déclencheur. Ceci dit, il faut admettre qu’il serait difficile de séparer le « bon grain » de l’ivraie puisque certains citoyens mettent à profit ce genre d’ « occasions » pour accéder à un logement. En d’autres termes, les pouvoirs publics doivent faire preuve de vigilance et, surtout, de transparence dans la sélection des potentiels bénéficiaires. Dans ce contexte, il convient de noter que, pour la Casbah seulement, pas moins de 600 habitations sur un ensemble de 1 816, menacent ruine. Les habitants de cette cité mythique se sentent en danger à l’occasion de chaque catastrophe naturelle. Des citoyens interrogés par l’APS se disent irrités par les responsables locaux qui, laissent-ils entendre, ne donnent pas l’air d’être préoccupés par les dangers qui les guettent. C’est le cas, entre autres, d’un père de famille résidant à la rue Rachid Khebbache (Casbah, ndlr) qui regrette le fait que l’équipe du CTC ( contrôle technique des constructions, ndlr) passée au lendemain du séisme n’a pas jugé utile d’y revenir. « Nos maisons sont un danger pour ceux qui y habitent et pour les passants dans la rue!», s’exclame-t-il. «Il suffit que ce mur s’effondre pour qu’il y ait un effet domino et qu’il emporte toutes les habitations mitoyennes», indique-t-il, tout en pointant du doigt la maison en ruine à laquelle est adossée la sienne. Son voisin de la rue Sidi Driss Hamidouche, Mir Belkacem, juge son cas encore plus «critique» puisque «le plafond de l’étage supérieur est sur le point de s’effondrer» et que les «nombreuses demandes de logements n’y ont rien fait à ce jour», affirme-t-il. De nombreux autres habitants de la cité algéroise insistent pour que leur cas soit cité et affirment être tout autant dans la «détresse» que leurs voisins, «sinon davantage». A Bab El Oued aussi, ceux dont les constructions se sont fragilisées, se sentent de moins en moins «rassurés» et exigent des solutions plus ou moins «urgentes» à leurs situations. La famille M.A, résidant au 5 rue Maâmar Adjissa (ex-Lavoisier), s’estime en «droit» d’un relogement «immédiat». La sœur aînée en veut pour preuve l’état de dégradation de son F2, en raison notamment d’une humidité ayant accentué sa précarité.

Récupération des terrains : l’autre alternative …
Pour lever toutes les contraintes liées au foncier, qui est derrière le blocage de plusieurs projets de construction au niveau de la capitale, les pouvoirs publics procèdent désormais à la récupération des assiettes dégagées à la faveur de l’éradication, après le relogement des familles habitant les immeubles menaçant ruine et les bidonvilles. Selon le chargé d’études et de synthèse au niveau de la wilaya d’Alger, Smail Mohamed, cité par l’APS, la démolition du vieux bâti et l’éradication des bidonvilles a permis, depuis le mois de juin dernier, la récupération de plus de 50 hectares de terrains dans la capitale. «Les assiettes foncières dégagées à la faveur de l’éradication, après le relogement des familles habitant les immeubles menaçant ruine et les bidonvilles, a permis de récupérer depuis le 19 juin dernier, 52 hectares de terrains dans la capitale», a précisé le responsable, en ajoutant que celles-ci ( les habitations, ndlr) libérées notamment à El-Harrach, Hussein Dey, Birkhadem , Oued Koreich , Rais Hamidou , Bologhine Bab El Oued , seront exploitées dans divers projets notamment le logement. «Nous avons prévu des projets de logements et d’équipements publics sur les terrains évacués après avoir rasé les chalets et les bidonvilles qui ceinturent anarchiquement la capitale», a noté Smail qui coordonne également la cellule d’expertise, installée au niveau de la wilaya, au lendemain du séisme qui a frappé la capitale vendredi dernier. Parmi les projets déjà inscrits ou relancés, on cite le stade communal de Birkhadem, la ligne ferroviaire Zéralda-Birtouta ainsi que le nouveau siège du ministère des Affaires religieuses et des Wakfs, qui sera réalisé au site dit «côte rouge» à El Makaria (Hussein Dey). Pour ceux (terrains), évacués à l’intérieur de la ville d’Alger, qu’ils soient privés ou publics, leur destinée est tributaire de leur «nature juridique et des projets prévus», a expliqué le responsable. La wilaya d’Alger, qui a lancé depuis 2010 une vaste opération de relogement, dans le cadre de la lutte contre l’habitat précaire et la mise en œuvre de son plan de modernisation de la capitale, a été contrainte, après le séisme qui a secoué vendredi dernier la capitale et sa périphérie, d’accélérer la cadence. Près de 800 familles ont été relogées depuis vendredi dont 424 familles d’El-Hamiz (Dar-El-Beida), 58 autres de Bab-El-Oued et 79 issues de la Casbah (Bab-El-Oued). Pour les immeubles de la Casbah qui ont subi des effondrements partiels, des équipes d’architectes mènent une opération d’expertise afin de déterminer les dégâts du séisme avant de lancer, exceptionnellement, des travaux de restauration de cette vielle cité, classée par l’UNESCO patrimoine mondial sauvegardé.
S. Dadi

Les citoyens ferment la route à Diar Echems (Alger)
Quelque 300 familles du quartier de Diar Echems à Alger, ont tenu hier mercredi un sit-in et ont bloqué en signe de protestations la route qui mène d’El Annassers à El Mouradia (Alger). «Nous attendons d’être relogés depuis exactement septembre 2011 et nous avons ouï dire qu’un quota de logements situé à Baba Hassen et qui nous était destiné, a été réservé en dernière minute à d’autres bénéficiaires», nous a déclaré l’un des citoyens en colère. «Nous étions une totalité de 1 800 familles résidant au niveau des bâtiments de Diar Echems.
Au tout début, les familles qui étaient logées dans des baraquements ont été relogées ailleurs. S’en est suivi d’autres opérations de relogement mais depuis exactement le mois de septembre 2011, cette action n’a pas connu son aboutissement à ce jour », selon des propos que nous avons pu recueillir sur place. Des familles avec femmes et enfants, étaient installées sur le bas côté de la route menant vers la commune de Bir Mourad Rais et bloquaient l’accès aux automobilistes. «Nous refusons de répondre aux invitations du P/APC d’El Madania, dont dépend le quartier de Diar Echems. Nous voulons des actes concrets et nous n’avons pas l’intention de céder devant de vagues promesses sans lendemain», c’est les propos que nous avons eu en guise de réponse lorsque nous avons interrogé les protestataires si les autorités locales ou leurs représentants se sont déplacés sur les lieux afin de leur prêter une oreille attentive. Sollicitée, la présidente de l’APC d’El Madania, Mme Habiba Bensalem rétorque : «Moi-même je suis une enfant issue du quartier de Diar Echems et je compatis avec la souffrance que ses habitants endurent». «Leur cas fait partie d’un vaste programme de relogement initié par la wilaya d’Alger.
Ces familles sont répertoriées et figurent sur la liste des bénéficiaires de l’opération de relogement», a encore dit la même responsable. «La preuve, j’ai reçu en audience certains représentants d’entre eux au siège de l’APC lundi dernier et nous avons discuté ensemble sur ce sujet», conclut la présidente de l’APC d’El Madania. Toutefois, la responsable explique que pour le moment, elle n’est pas en mesure de fixer la date de leur relogement ni le site élu pour les accueillir.
Cependant, elle nuance ses propos en affirmant que le cas des habitants de Diar Echems fait partie de la dernière tranche de l’opération de relogement initiée par les autorités de la wilaya. Enfin, approché, un officier de police qui gère discrètement cette action de protestation affiche laconiquement qu’il n’est pas habilité à répondre à la presse
Mohamed Djamel

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