Belabed

IL APPRÉHENDE LA CONTESTATION DANS LE SECTEUR : Belabed reprendra langue avec les syndicats

Le ministre de l’Éducation nationale, Abdelhakim Belabed, a fait savoir mardi qu’une rencontre sera tenue prochainement avec les syndicats de l’Éducation et qui sera consacrée au dossier du statut particulier des personnels du secteur.

Cette annonce intervient au moment où plusieurs corps du secteur menacent de recourir à la contestation pour revendiquer l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles. Animant un point de presse en marge d’une visite effectuée dans la wilaya de Tissemsilt, Belabed a en effet indiqué que son département ministériel prépare la tenue d’une rencontre avec les syndicats pour traiter et débattre du dossier du statut particulier des personnels du secteur,  soulignant que ce dossier est décisif pour améliorer la situation professionnelle des travailleurs. Il a déclaré à ce propos ; «l’amélioration de la situation sociale de l’enseignant est la plus importante préoccupation du secteur que nous œuvrons à promouvoir », signalant que tous les dossiers qui seront soulevés par les syndicats du secteur seront traités. Il est essentiel de souligner que cette annonce, faite par Belabed intervient dans un contexte délicat marqué par des appels à la contestation exprimés par plusieurs formations syndicales, et ce après quelques semaines seulement de la rentrée des classes. Les travailleurs qui espéreraient une nouvelle année marquée par une amélioration de leurs conditions de travail, ont été déçus de constater que rien n’avait été opéré dans ce sens. Au contraire, la situation s’est empirée à tous les niveaux, et en raison de mesures prises dans le cadre de la situation sanitaire, les travailleurs se sont retrouvés avec une surcharge de travail, compliqué par la décision du ministère de ne pas organiser de concours de recrutement externe. Cette situation a été décriée il y a, à peine quelques jours, par le syndicat de l’Union nationale des travailleurs de l’éducation et de la formation (Unpef). Le syndicat a en effet exprimé son intention de recourir à des actions de contestation dont probablement des mouvements de grève et ce pour la prise en charge de revendications qui peinent à trouver d’échos favorables sur le terrain. Dans un communiqué rendu public, l’Unpef a d’abord reproché aux responsables du ministère de l’Éducation une attitude de procrastination quant à solutionner les problèmes socio-pédagogiques des travailleurs. Le même syndicat a également reproché au gouvernement son « incapacité » à trouver les réponses aux inquiétudes relatives à la chute du pouvoir d’achat à cause de la hausse des prix des produits de large consommation, le tout accentué par la stagnation des salaires. Sur le volet pédagogique, l’Unpef a, d’autre part, critiqué le plan exceptionnel des enseignements mis en place par la tutelle, afin de lutter contre la propagation du coronavirus dans les établissements scolaires. Le syndicat a fait référence, dans ce sens, au mode d’enseignement par alternance soit l’enseignement par groupes adopté par la tutelle depuis le début de la pandémie de covid-19. Bien que l’objectif de ce plan est de faire respecter les mesures de prévention contre le covid dont notamment la distanciation physique, mais il se trouve que cette méthode a occasionné des difficultés aux enseignants qui font face à une surcharge de travail. Pour palier à ce problème, déjà évoqué par d’autres syndicats du secteur, l’Unpef a appelé les pouvoirs publics et la tutelle ministérielle à l’ouverture de nouveaux postes budgétaires pour justement diminuer la pression sur les enseignants notamment dans les deux paliers du moyen et du secondaire. À se demander donc, si ces prochaines réunions annoncées par Belabed pourront apaiser les tentions, et dissuader les syndicats de leur décision d’organier des mouvements de grève. En tout cas, cela dépendra surtout de la volonté de la tutelle de résoudre les problèmes posés à maintes reprises, sachant que depuis son retour à la tête du secteur, Abdelhakim Belabed n’a eu à rencontrer ses partenaires sociaux qu’une seule fois. D’ailleurs ces derniers lui reprochent de ne pas les avoir associés à toutes les décisions prises notamment celles liées à l’organisation de la nouvelle année scolaire.
Ania Nait Chalal