À Ghaza, la survie devient chaque jour plus incertaine. Tandis qu’une dépression atmosphérique frappe la bande assiégée, des milliers de familles palestiniennes voient leurs tentes de fortune submergées par les eaux de pluie, au moment même où l’occupation israélienne poursuit ses bombardements et viole ouvertement l’accord de cessez-le-feu en vigueur depuis le 11 octobre dernier. Entre intempéries et frappes militaires, la population civile est prise au piège d’une catastrophe humanitaire qui s’aggrave dangereusement.
Aucune des tentes installées dans la bande de Ghaza n’est adaptée pour résister aux tempêtes hivernales. Les pluies torrentielles transforment les camps de fortune en marécages, forçant des familles entières – femmes, enfants et personnes âgées – à dormir à même les rues, dans le froid et l’humidité. Ces scènes, devenues tristement banales, traduisent l’ampleur du désastre humain dans un territoire déjà ravagé par plus d’un an de guerre et de destruction systématique. Cette précarité extrême survient alors que l’occupation israélienne continue de bafouer ses engagements. Sur le terrain, les violations du cessez-le-feu se multiplient. Des vedettes de guerre ont ouvert le feu sur les côtes occidentales de la ville de Ghaza, tandis que l’aviation israélienne a mené de nouvelles opérations de destruction à l’est des quartiers Zeïtoun et Et-Tuffah, ainsi que dans les camps d’Al-Maghazi et de Nusseïrate, au centre du territoire. Au sud, les zones orientales de Khan Younès ont également été prises pour cible. Les conséquences humaines de ces attaques sont lourdes. D’après le ministère de la Santé palestinien, 29 martyrs sont arrivés dans les hôpitaux de Ghaza au cours des dernières 48 heures, dont 4 nouvelles victimes et 25 corps extraits des décombres, en plus de 8 blessés. De nombreuses victimes demeurent encore ensevelies sous les ruines, inaccessibles aux équipes de secours et de la Protection civile, faute de moyens et en raison des destructions massives. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 11 octobre, le bilan s’élève à 414 martyrs et 1 142 blessés, tandis que 679 corps ont été récupérés. Les autorités sanitaires ont également annoncé l’ajout de 292 martyrs aux statistiques cumulées après validation de leurs données entre le 19 et le 26 décembre 2025. Au total, depuis le début de l’agression le 7 octobre 2023, Ghaza compte désormais 71 266 martyrs et 171 219 blessés, une majorité étant des enfants et des femmes. Au-delà des chiffres, c’est une réalité de destruction totale qui se dessine. Les autorités palestiniennes qualifient ce qui se déroule à Ghaza d’actes de génocide, incluant les bombardements indiscriminés, la famine organisée, le déplacement forcé de la population et les arrestations massives. Tout cela se déroule sous les yeux d’une communauté internationale largement impuissante, voire complice par son silence, malgré les appels répétés et les décisions de la Cour internationale de Justice exigeant l’arrêt des crimes. À Ghaza, la pluie n’éteint pas les flammes de la guerre. Elle révèle, au contraire, l’abandon total d’un peuple confronté à une violence multiforme : celle des bombes, du siège, de la misère… et de l’indifférence mondiale.
M. Seghilani













































