La bande de Ghaza connaît une nouvelle escalade des violences, marquée par la multiplication des attaques et une détérioration continue de la situation humanitaire. Deux civils palestiniens ont été martyrisés ce lundi par des tirs des forces sionistes dans les zones de Mawasi à Rafah et à Khan Younès, dans le sud du territoire. Un troisième civil est décédé des suites de ses blessures à Khan Younès, quelques heures après le martyr de trois autres personnes lors d’une frappe sur la ville de Deir el-Balah, au centre de Ghaza.
Selon des sources locales, le jeune Mahmoud Suleiman Al-Faqawii a été martyrisé lors d’une attaque visant des civils près du rond-point de Bani Suheila, à l’est de Khan Younès. Un autre civil, Mohammed Mahfouz Shalouf, a également été martyrisé dans la même zone ainsi qu’à Mawasi, au sud de Rafah, à la suite de tirs directs attribués aux forces sionistes. Dans le même contexte, une unité d’ingénierie militaire sioniste a mené une incursion limitée à l’est de la ville de Ghaza, près de l’école Al-Hachemiya dans le quartier d’Al-Tuffah. Cette opération a été accompagnée de destructions d’habitations, de tirs nourris d’armes automatiques et de bombardements d’artillerie intermittents visant les zones environnantes, provoquant de nouveaux déplacements de population. Les équipes de terrain rapportent également des mouvements militaires accompagnés de destructions systématiques d’infrastructures civiles, notamment des routes, des habitations partiellement endommagées et des terres agricoles. Ces opérations s’inscrivent dans un contexte de tension persistante et de violations continues des accords de cessez-le-feu, selon les autorités locales.
Bilan humain en constante augmentation
Les autorités sanitaires de Ghaza indiquent que le nombre de martyrs depuis le début de l’agression le 7 octobre 2023 s’élève désormais à 72 333 martyrs, tandis que le nombre de blessés atteint 172 202 personnes. Elles précisent que, sur les dernières 24 heures, quatre nouveaux martyrs et dix blessés ont été enregistrés dans différents points du territoire. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu partiel en octobre dernier, les sources médicales font état de 754 martyrs supplémentaires et de 2 100 blessés, en plus de 760 corps retrouvés sous les décombres dans des zones difficilement accessibles. Les équipes de secours soulignent que de nombreuses victimes restent encore ensevelies sous les ruines de bâtiments détruits, en raison du manque de moyens techniques, du danger permanent sur le terrain et des restrictions empêchant l’accès à certaines zones touchées par les bombardements sionistes.
Intensification des violences sur plusieurs fronts
Dans le nord de Ghaza, notamment à Jabaliya, plusieurs civils ont été blessés par des tirs attribués aux forces sionistes près de zones résidentielles. Des bombardements d’artillerie ont également été signalés dans plusieurs secteurs, notamment à Rafah, Khan Younès et dans le quartier d’Al-Tuffah à Ghaza-ville. Les sources locales indiquent que les violations répétées du cessez-le-feu se poursuivent depuis 184 jours consécutifs, avec des frappes visant des abris de déplacés, des habitations civiles et des rassemblements de population. Ces attaques contribuent à aggraver la situation humanitaire déjà critique dans l’ensemble du territoire. La situation sanitaire dans la bande de Ghaza continue de se dégrader sous l’effet du blocus et des restrictions imposées à l’entrée de l’aide médicale. Les autorités sanitaires alertent sur la pénurie de médicaments essentiels, de carburant et de matériel médical, qui paralyse de nombreux hôpitaux. Selon des rapports médicaux, plusieurs établissements fonctionnent désormais en mode dégradé, avec des coupures d’électricité fréquentes et une dépendance à des générateurs dont l’alimentation en carburant est insuffisante. Cette situation met en danger la vie de milliers de patients, notamment ceux en soins intensifs, les blessés graves et les nouveau-nés. Les évacuations médicales vers l’extérieur du territoire ont également connu une forte baisse. Plus de 11 245 patients ont été évacués depuis octobre 2023, dont 5 850 enfants. Cependant, ces évacuations sont devenues extrêmement limitées ces derniers mois, laissant des milliers de patients dans l’attente d’une prise en charge spécialisée. Les estimations indiquent qu’environ 22 000 patients et blessés nécessitent encore une évacuation urgente pour recevoir des soins adaptés hors de Ghaza.
Crise des disparitions et drame des enfants
La guerre en cours a également provoqué une crise majeure des personnes disparues. Selon des estimations locales, plus de 2 900 enfants seraient actuellement portés disparus, dont une grande partie serait ensevelie sous les décombres ou introuvable depuis des opérations militaires. Le nombre total de disparus est estimé entre 7 000 et 8 000 personnes.
Certaines disparitions sont survenues lors de déplacements forcés, d’autres dans des zones de distribution d’aide humanitaire ou à proximité de positions militaires sionistes, rendant les recherches extrêmement difficiles. Des familles entières continuent de chercher des proches sans aucune information claire sur leur sort, dans un contexte marqué par l’absence de moyens de secours suffisants et par l’instabilité sécuritaire.
Déplacements massifs et conditions de vie précaires
La population de Ghaza fait face à des conditions de vie de plus en plus difficiles. Environ 1,5 million de personnes vivent dans des tentes ou des abris temporaires, souvent improvisés et vulnérables aux intempéries. De nombreuses structures d’accueil ont été endommagées ou détruites, rendant les conditions d’hébergement extrêmement précaires. Des témoignages font état de tentes effondrées lors de conditions météorologiques difficiles, provoquant des drames humains, notamment parmi les femmes enceintes, les enfants et les personnes âgées. Dans certains cas, les conditions de vie dans ces abris ont directement entraîné des pertes humaines et des complications médicales graves. Les organisations humanitaires alertent sur la dégradation rapide des conditions de vie, aggravée par le manque d’eau potable, la pénurie alimentaire et l’absence d’infrastructures sanitaires adéquates.
Situation humanitaire alarmante et appels internationaux
Face à cette situation, plusieurs organisations internationales expriment leur inquiétude concernant l’effondrement des services essentiels à Ghaza. Les restrictions sur l’entrée de l’aide humanitaire, combinées aux destructions massives d’infrastructures, contribuent à une détérioration rapide des conditions de survie. Les autorités sanitaires locales et des organisations internationales mettent en garde contre un risque accru d’épidémies, en raison du manque d’hygiène, de la surpopulation dans les abris et de l’insuffisance des services de base. La bande de Ghaza traverse une phase critique marquée par la poursuite des frappes sionistes, l’augmentation du nombre de martyrs et l’effondrement progressif des infrastructures vitales.
Entre déplacements massifs, crise sanitaire et disparitions de civils, la situation humanitaire atteint un niveau sans précédent. Les appels à l’arrêt des violences et à l’ouverture de corridors humanitaires se multiplient, alors que la population civile continue de subir les conséquences directes d’un conflit qui s’inscrit dans la durée et dont le coût humain ne cesse de s’alourdir.
M. Seghilani













































