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FORCES DE L’ALTERNATIVE DÉMOCRATIQUE : «Le 22 février 2019 est la cristallisation de toutes ces luttes qui ont précédé»

Il y a trente et un ans jour pour jour, les Algériens sont sortis avec force dans des manifestations sporadiques dans plusieurs villes du pays en brandissant des slogans en faveur de la démocratie et des libertés et hostiles au système du parti unique, le FLN.
Samedi 5 octobre 2019 (hier), les Forces de l’alternative démocratique, un rassemblement de partis d’opposition (FFS, RCD, PT, PST, UCP, MDS et l’organisation des droits humains LADDH), ont marqué  cette date historique qui intervient cette année, dans un contexte politique très délicat marqué par la dynamique de changement radical réclamé par le Mouvement populaire pacifique né le 22 février et qui réclame un État de droit garantissant toutes les libertés individuelles et collectives. Dans un communiqué, ce pôle politique dit que “ le soulèvement d’octobre [1988] qui a succédé aux évènements du printemps 1980 en Kabylie, à la révolte des Constantinois en 1986, aux protestations des femmes contre le code de la famille, aux luttes des travailleurs de différents secteurs et des militants politiques de diverses obédiences, engendrent déjà les premières fissures dans le système du parti unique qui s’est imposé en tuteur du peuple algérien”. Le même communiqué a souligné que les collectifs, comités et organisations politiques qui ont vu le jour à l’époque – activant alors dans la clandestinité – avaient permis d’atteindre des acquis de poids comme le pluralisme politique et l’ouverture médiatique. Cependant, “la faillite de l’économie dominée par la prédation et le recours ensuite à l’endettement extérieur, qui ont précipité la révolte, enlisent le pays dans la crise durant la période post 88”, regrette-t-on dans le même communiqué. Dès a fin des années 1990, le système Bouteflika, arrivé au pouvoir en pleine décennie noire, a été plus “soucieux de la restauration autoritaire du système politique que de la promotion de la démocratie et de la souveraineté du peuple”, déplorent également les Forces de l’alternative démocratique. À l’issue de plus de 20 ans de règne de l’ancien système, “une nouvelle explosion était alors inévitable”, à savoir l’éclatement du Mouvement populaire pacifique du 22 février. “Le 22 février 2019 est la cristallisation de toutes ces luttes qui ont précédé”, estime-t-on dans le communiqué des Forces de l’alternative démocratique. “ Les Algériennes et les Algériens ont appris de ces expériences que seule la contestation pacifique et unitaire peut venir à bout d’un système politique usurpateur, prédateur et oppresseur. Les forces du Pacte de l’Alternative démocratique estiment aujourd’hui que leur responsabilité est grande devant l’histoire”; est-il ajouté. Elles ont profité de l’occasion pour passer un message politique: “Le 22 février 2019 ne revendique pas un simple ajustement socio-économique ou culturel. C’est un soulèvement révolutionnaire qui met au centre la question de la souveraineté du peuple. Il y va de la nécessité de parachever l’indépendance nationale”. Les Forces de l’alternative démocratique, qui s’opposent à la tenue de la présidentielle du 12 décembre et revendiquent une Constituante, ont accusé le Pouvoir d’avoir opté, au lieu de répondre aux manifestants, de verser dans “la contre révolution”, en voulant “imposer une façade légale qui œuvre à restaurer et à perpétuer le système politique qui a ruiné l’Algérie”.
“La préoccupation des Algériennes et des Algériens n’est pas de chercher des solutions à la crise du système. Il s’agit de réunir les conditions permettant l’exercice de la souveraineté populaire et de mettre en place un nouveau cadre politique et juridique avant d’envisager toute élection”, ont affirmé les Forces de l’alternative démocratique. Saluant la mobilisation citoyenne et dénonçant une répression qui vise “à installer un climat de terreur afin d’exécuter leur farce électorale dont le résultat est connu par avance”, le communiqué des Forces de l’alternative démocratique a appelé les Algériens “à rester vigilants et à poursuivre les luttes pacifiques pour arracher un processus constituant à travers une transition démocratique”. Parmi les partis composant ce pole politique, le FFS, qui a indiqué hier dans un communiqué distinct que “la commémoration du 31ème anniversaire des événements du 5 octobre revêt aujourd’hui, une importance et un caractère particuliers pour le peuple algérien et pour son histoire”. S’inclinant devant la mémoire de “celles et ceux qui se sont sacrifiés durant des années, pour une Algérie libre, démocratique et souveraine”, le FFS a estimé que “ toutes les révolutions populaires qui ont marqué la longue marche du peuple algérien pour son autodétermination, se complètent et étaient toutes importantes et nécessaires pour l’éclosion de l’actuel sursaut populaire qui a émerveillé le monde entier”.
Hamid Mecheri