ENAD

FLEURON INDUSTRIEL NATIONAL : L’ENAD au bord de la faillite

Elle comptait, dans un passé récent, parmi les rares fleurons industriels de la région de Bouira, l’Enad (Entreprise nationale des détergents et produits d’entretien) dont le siège est implanté à Sour El-Ghouzlane au sud de la wilaya de Bouira, risque de mettre la clé sous le paillasson si une solution urgente ne soit pas trouvée par les responsables concernés. En effet, l’Enad de Sour El-Ghouzlane, qui alimentait le marché national depuis sa mise en service au début des années 1980, est totalement à l’arrêt depuis près de quatre mois à cause d’une crise financière sans précédent, laquelle crise dure depuis près d’une décennie. Des 1500 travailleurs que comptait à ses débuts l’Enad de Sour El Ghouzlane, elle ne compte au jour d’aujourd’hui que 250 qui risquent de se retrouver au chômage si la crise perdure. Ces mêmes travailleurs affrontent un quotidien des plus difficiles, ils sont sans salaire depuis de longs mois. Après avoir tapé à toutes les portes afin de trouver une …sortie de crise, sans succès, les travailleurs ne cessent d’investir la rue à travers des actions de protestation pour se faire entendre, la dernière action du genre remonte au 24 janvier courant lorsque les travailleurs ont organisé une marche depuis l’usine jusqu’au siège social de l’entreprise situé au centre-ville de Sour El- Ghouzlane. Selon quelques travailleurs que nous avons interrogés sur la situation de leur entreprise » la situation est restée inchangée l’usine est à l’arrêt et ce à cause, principalement à l’absence de la matière première que l’entreprise n’est en mesure d’acheter car les caisses sont vides. Nous sommes restés sans salaires depuis le mois d’octobre de l’année dernière et la sortie de crise ne s’affiche même pas à l’horizon ».
Nos interlocuteurs qui ne savent toujours pas à quel saint se vouer diront  » À chaque protestation les responsables nous font des promesses de trouver des solutions adéquates à cette crise, seulement la situation de l’entreprise se détériore de plus en plus ». « Nous exigeons une commission d’enquête pour situer les responsabilités dans la situation de faillite à laquelle est conduite l’entreprise » lancent nos interlocuteurs qui pointent du doigt le premier responsable de l’Enad. Il importe de noter que l’entreprise en question à déjà bénéficier l’année passée d’une enveloppe financière de l’ordre de 15 milliards de centimes qui ont été destinée pour le remboursement des dettes contractées dans l’espoir de  » la remettre sur pieds » seulement, la situation s’est empirée d’avantage. Dans un question écrite adressée, jeudi dernier, au ministre de l’Industrie, dont nous détenons une copie, un député de la wilaya de Bouira avait repris les principales doléances des travailleurs de l’Enad de Sour El Ghouzlane qui sont : la modernisation de l’usine avec sa dotation par de nouvelles machines, son renforcement par de nouveaux cadres administratifs spécialisés, l’effacement des dettes, la révision de la politique de la commercialisation de la marchandise, la dotation de l’usine avec de la matière première et enfin la fixation d’une date pour le versement des salaires des travailleurs.
Cependant toutes nos tentatives de joindre le premier responsable de l’Enad de Sour El-Ghouzlane pour avoir sa version des faits et nous donner plus détails sur la situation déplorable dans laquelle se trouve son entreprise sont restées vaines. En attendant que ceux censés relancer l’activité de ce complexe économique, le remettre sur la rail et du coup sauver des centaines d’emplois ne se penchent « sérieusement » sur son cas le complexe risque de mettre la clé sous le paillasson dans pas longtemps.
Omar Soualah