Marché

FLAMBéE DES PRIX DES PRODUITS ALIMENTAIRES : Des commerçants cassent les traditions de solidarité

Au moment où l’on s’attendait à une solidarité nationale et collective pour faire face au Coronavirus (COVID-19), certains commerçants des fruits et légumes et autres denrées alimentaires trouvent l’occasion pour augmenter les prix. Depuis quelques jours, les prix des produits de large consommation ont connu une flambée remarquable devant l’absence de l’État et l’impuissance des citoyens qui doivent quand même s’approvisionner en ces jours difficiles…

Avant l’émergence du Coronavirus, on cherchait des solutions pour stabiliser les prix avant le mois sacré sur fond d’inquiétudes nourries par les pratiques habituelles de certains commerçants concernant l’augmentation des prix. Aujourd’hui un élément surprise s’invite : le COVID-19. Les commerçants ne se montrent pas solidaires en cette période difficile.
Les consommateurs accusent les commerçants d’opportunistes et de criminels qui ne ratent pas l’occasion pour doubler les prix des marchandises. Devant cette situation, ils demandent l’intervention de l’État à travers le renforcement du contrôle et la sanction de ces opportunistes. «  Où est l’État ? On est livré à nous-mêmes dans cette situation de crise. On est impuissant. C’est infernal ce qui se passe, devant l’absence de l’État qui est censé intervenir pour traquer ces opportunistes », nous dit un citoyen. « Moi je les qualifie de criminels car au moment où ils devraient se montrer solidaires et s’entraider pour surpasser cette crise sanitaire qui frappe à nos portes, certains grossistes et commerçants ont une autre option : profiter de la situation et s’enrichir », lâche un autre.
La flambée touche pratiquement tous les produits, même ceux qui sont produits localement et qui enregistrent une surproduction à l’image de la pomme de terre, l’un des légumes essentiel des plats algériens, est passée de 30 DA à 100 DA alors que le stock actuel permet de couvrir les besoins sur plusieurs mois en parallèle avec la saison de moisson.
La carotte et la farine sont à 120 DA. La tomate à 150 DA, la salade verte et la courgette à 160 DA. Les produits désinfectant, les bavettes, les gels hydro-alcooliques, il n’y a même pas la peine d’en parler ! On s’attendait à ce que ces produits soient à la portée de tous pour freiner la propagation du COVID-19, mais, ce n’est pas le cas, ce qui laisse dire que la gravité de la situation et l’importance du geste solidaire ne semble pas être au centre d’intérêt de ces fougueux à tous les niveaux à commencer par les grossistes jusqu’au dernier de la chaîne.

On encourage les regroupements, au lieu de les limiter !
Lutter contre les barons de l’informel et les commerçants opportunistes est l’affaire de l’État. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé, mardi soir, des mesures de lutte contre la spéculation des prix. Il a appelé à dénoncer « les spéculateurs qui exploitent, sans scrupule, l’état de panique générale pour stocker les produits de base dans le but de susciter une pénurie et augmenter les prix ». Mais pour la majorité des citoyens, un travail de longue haleine et l’intensification du contrôle doit se faire sur terrain. La traque sévère des responsables de ce phénomène est fortement recommandée.
« C’est insupportable, l’État doit sévir avec urgence. Et si cela nécessite la mobilisation de la police, il faut le faire. C’est une affaire de sécurité nationale où les opportunistes n’hésitent pas à sortir comme des champignons», préconise un père de famille avec un ton alarmiste et triste.
C’est paradoxal, car non seulement cette situation a un impact direct sur les poches des citoyens, mais elle pousse au regroupement anarchique et les bousculades, ce qui favorise la transmission du COVID-19. Alors que beaucoup de pays ont opté pour le confinement pour briser la chaîne de la propagation de ce virus.
Face à cette situation, des campagnes de boycott ont été lancées sur les réseaux sociaux pour faire face à la flambée des prix. Des internautes ont appelé à rationnaliser la consommation et ne pas s’affoler, et ne pas donner l’occasion aux spéculateurs qui sont à l’origine de la flambée des prix des fruits et légumes et autres denrées alimentaires.

Des campagnes de boycott sur facebook
Des Facebookers se réfèrent aux pays où le Corona frappe en force. « Après la propagation du virus en Italie, ils ont décidé de diminuer les prix de la nourriture pour permettre au peuple de faire le plein. Par contre dans un autre pays soi-disant musulman, et connu aussi par sa solidarité et la générosité de son peuple, ils ont décidé de faire flamber les prix ! », s’est exclamé un internaute.
Toutefois, ces pratiques « honteuses » et les tentatives du gain facile ne devraient pas détourner nos regards de certains dons et initiatives exemplaires lancées par différentes catégories : commerçants, bénévolats, rien que pour contribuer à la lutte contre la propagation du coronavirus.
Des centres hôteliers ont également proposé d’exploiter leurs capacités d’accueil pour recevoir des malades atteints par le COVID-19.
On aimerait bien voir l’élan de solidarité s’agrandir et se répandre sur l’ensemble du territoire national afin de surpasser cette crise sanitaire nationale.
H. Hadjam