Belahcel

FFS : Appel à un « dialogue véritable » et « un processus alternatif »

Le Front des forces socialistes (FFS) a réaffirmé son engagement en faveur d’un « dialogue véritable » qui sera « libéré des agendas du pouvoir », et a défendu son initiative d’« un processus alternatif sérieux et adapté », comme écrit dans un communiqué publié vendredi, à l’issue de la 25e mobilisation du Hirak où les manifestants ont exprimé leur refus au dialogue proposé par le Panel coordonné par Karim Younès.

«Le FFS réitère son attachement à un dialogue véritable, libéré des agendas du pouvoir et imprégné du seul souci de répondre favorablement aux exigences moult fois ignorées du peuple algérien», peut-on lire dans ce communiqué signé par le premier secrétaire du parti, Hakim Belahcel. «Ce dialogue devra être global, sincère et inclusif, qui trouvera toute sa vigueur et efficience si des mesures facilitatrices seraient prises pour ramener la confiance et la sérénité qui manquent terriblement aujourd’hui», précise encore le plus vieux parti d’opposition, coalisé depuis juillet denier avec d’autres formations de même courant politique (PT, RCD, UCP, PST, MDS, PLD et la LADDH) – au sein du « Pacte pour l’alternative démocratique».
Pour le FFS, «il est plus que temps aujourd’hui de nous inscrire dans un processus alternatif sérieux et adapté à la réalité algérienne sans que des forces étrangères s’interfèrent dans ses tenants et aboutissants». «Le FFS continuera à se battre jusqu’à l’avènement de la 2eme République et l’édification d’un État de droit et de liberté», a-t-il ajouté.
Jeudi dernier, Karim Younès, coordinateur du Panel de médiation et de dialogue, a affirmé que l’instance qu’il coordonne restera ouverte à «toutes les initiatives» mises sur table par les partis politiques visant à résoudre la crise, regrettant que nombre de personnalités nationales – comme Mouloud Hamrouche, Ahmed Taleb Ibrahimi et Djamila Bouhired – avaient refusé d’intégrer le panel. qualitatif et expérimenté. Ceci ne nous empêche pas de continuer à les rencontrer», s’est désolé Younès, lors d’une conférence de presse animée au siège du réseau NADA.
Le FFS et ses alliés dans le Pacte pour l’alternative démocratique défendent l’idée d’une «Constituante» avant d’aller vers une élection présidentielle. Une voie de sortie de crise qu’a refusée farouchement le panel de dialogue et de médiation, qui estime que le dialogue que doivent prôner les forces politiques devrait aboutir uniquement aux mécanismes et conditions permettant l’organisation d’élections présidentielles.
Autre point de discorde, les préalables posés par le FFS et une partie des forces de l’opposition, comme la libération des détenus du Hirak et le Moudjahid Lakhdar Bouregrâa et aussi l’allégement du dispositif sécuritaire sur les abords d’Alger lors des marches de vendredi, avant d’accepter tout dialogue avec le pouvoir. Une position confortée par la mobilisation des manifestants lors des précédents vendredis qui ont refusé que l’instance de dialogue et de médiation – qui avait affirmé qu’il ne s’interférera pas dans les affaires de la Justice- parle en leur nom, appelant à la libération immédiate des détenus.
Dans son communiqué, le FFS salue «le formidable peuple algérien» en se félicitant aussi de «sa courageuse détermination» et «son sens inouï d’engagement pacifique et unitaire». «Ce qui est certain, les millions d’Algériennes et d’Algériens ont opposé un niet catégorique à ces tentatives vicieuses et malveillantes qui souhaitent les engager dans les engrenages boueux des luttes», a estimé le parti d’opposition, qui a mis en garde aussi contre «des tiraillements [qui] ont pris une dimension spectaculaire et risquent hélas, de connaître des rebondissements désastreux pour le pays».
Hamid Mecheri