EN RAISON DE LA SITUATION POLITIQUE DU PAYS : La CGATA demande le report d’une visite d’une mission de l’OIT

Dans un communiqué, publié vendredi dernier, la Confédération générale autonome des travailleurs (CGATA) présidée par Rachid Malaoui appelle au report de la visite d’une mission de l’Organisation internationale du Travail (OIT), programmée pour mercredi prochain, pour s’enquérir de la situation syndicale en Algérie.
Soulignant que malgré le fait que cette mission de l’OIT soit attendue depuis plusieurs années car «les autorités algériennes ont toujours refusé sa venue», et avoir elle-même été invitée, pour une réunion avec elle, afin de s’enquérir de la situation syndicale et ce suite aux différentes plaintes qu’elle a déposées, la CGATA demande, en effet, à la mission de reporter sa visite «en raison de la situation exceptionnelle que vit notre pays», même si, ajoute-t-elle, le rapport de cette mission se devait d’être prêt pour la conférence internationale du travail qui se tiendra en juin 2019 à Genève.
La même source rappelle, ainsi, que depuis près de trois mois le peuple algérien sort dans la rue pour exiger une rupture radicale avec le régime et en particulier avec «la primauté du militaire sur le politique». Elle rappelle également que le président de la République a été obligé de démissionner ainsi que son premier ministre et son gouvernement, alors que le président du Sénat a été désigné comme président de l’2tat pour une période de trois mois, un nouveau Premier ministre a été désigné ainsi qu’un nouveau Gouvernement.
Selon la CGATA ;  tout ce beau monde est honni par la population qui pourchasse même les nouveaux ministres lorsqu’ils se déplacent à l’intérieur du pays. « En fait le vrai décideur est l’actuel vice-ministre de la Défense et chef d’état-major, ce qui indique clairement que nous vivons sous un régime militaire. Le chef d’état-major donnant même des ordres à la justice en lui demandant de faire fi des procédures légales», a-t-il été mentionné dans le même document.
Et d’ajouter: le peuple algérien sort chaque vendredi alors que d’autres corporations sortent les jours de la semaine pour exiger une vraie rupture. Devant cet état de fait, la CGATA pense que « la venue de cette mission pour discuter avec des subalternes qui ne seront même pas là dans un mois ou deux et sous le règne du régime militaire n’est qu’une forme de reconnaissance de ce régime militaire». Réitérant son refus à une telle démarche, la Confédération générale des travailleurs algériens cite le scénario égyptien qui a montré, selon elle, que la mission de l’OIT, qui s’est déplacée en égypte s’est accommodée du régime militaire, ce qui a conduit au désastre qui frappe non seulement l’activité syndicale mais tout le peuple égyptien.
Tout en réaffirmant son attachement aux revendications du peuple algérien, la CGATA indique que son refus de rencontrer la mission dans de telles conditions, ainsi que sa demande de report de cette visite ont été exprimés par écrit à deux reprises à Mme Vargha qui présidera cette mission en sa qualité de directrice du département des normes internationales de travail.
Ania Nait Chalal