EN ATTENDANT LA FED ET LES NÉGOCIATIONS SINO-AMÉRICAINES : Le pétrole en nette progression

Peinant toujours à trouver une direction claire dans un contexte d’inquiétudes concernant la demande, les prix du pétrole ont connu une légère hausse, aidés par les attentes d’assouplissement monétaire dans un contexte de tensions au Moyen-Orient. Les investisseurs sont, quant à eux, dans l’attente de la rencontre du Comité de politique monétaire de la Fed (États-Unis) et de la décision que ses responsables prendront aujourd’hui. Vont-ils abaisser les taux d’intérêt ? Si oui, de combien? Et que vont-ils dire sur d’éventuelles autres baisses de taux en septembre, en octobre ou en décembre ? Ce sont là, entre autres, les questions posées par les analystes qui attendent la décision avec impatience, pour son impact sur les prix du pétrole et sur l’économie américaine et mondiale.

En effet, une baisse des taux d’intérêt de 25 points de base est très largement attendue par le marché. Une réduction des coûts d’emprunt de la Banque centrale américaine devrait améliorer la liquidité du marché et amortir le ralentissement de la croissance économique mondiale. Plus la croissance mondiale est forte et plus la demande d’or noir est importante, ce qui se traduit par une hausse des prix du pétrole, ont expliqué les analystes. La balle est donc dans le camp de la Réserve fédérale américaine et notamment dans celui de son président Jerome Powell, qui a de nouveau subi les assauts du président Trump qui estime que la Fed « ne fait rien » ou trop peu au moment où la Chine et l’Union européenne injectent des liquidités dans leurs économies respectives. Quoi qu’il soit, la Banque centrale américaine devrait annoncer demain sa première baisse des taux depuis une décennie. En chiffres, vers les coups de 09H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre gagnait 0,86% à 64,26 dollars. À New York, le baril américain de WTI pour livraison à la même échéance valait 57,30 dollars, 0,76% de plus qu’à la clôture lundi.
« La crise prolongée au Moyen-Orient et les attentes du marché sur les banques centrales ont soutenu les prix du pétrole hier et ce matin », a résumé Tamas Varga, analyste pour PVM. Lundi, le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab a exclu un échange entre le pétrolier britannique saisi par l’Iran dans le détroit d’Ormuz et le tanker iranien arraisonné par les Britanniques au large de Gibraltar. De plus, Londres a envoyé un deuxième vaisseau de guerre dans le Golfe pour assurer « la sécurité » des navires britanniques. Par ailleurs, un autre facteur de soutien des prix a été la reprise des négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Négociateurs chinois et américains devaient se retrouver, hier, à Shanghaï.
Ces discussions sont les premières en face-à-face depuis l’échec brutal des négociations en mai, lorsque Donald Trump avait accusé Pékin d’avoir manqué à ses engagements. Si les deux pays parviennent à un accord, ce qui est encore loin d’être gagné d’après les analystes, cela serait également bénéfique pour la croissance mondiale, et donc pour les prix du pétrole.
Lamia B.