Éducation : un constat accablant dans la Capitale

Le président de la commission éducation, enseignement supérieur et formation professionnelle de l’APW d’Alger, Mohamed-Tahar Dilmi, a dressé un constat «accablant» sur la situation actuelle des structures des établissements scolaires, tous paliers confondus, de la wilaya d’Alger. Malgré des sommes colossales injectées par l’APW, dépassant 67 milliards de centimes en 2014, Dilmi déplore que la plupart des projets ne sont pas concrétisés dans de meilleures conditions. Invité à s’exprimer au Forum du quotidien «El-Moudjahid», il a critiqué sévèrement les responsables des établissements scolaires, quant à la gestion des budgets injectés à l’effet d’améliorer l’enseignement. Regrettant que des sommes faramineuses aient été injectées ces dernières années, sans que des réalisations palpables soient effectuées sur le terrain. Plus de 67 milliards de centimes ont été alloués, en 2014, au secteur de l’éducation par l’APW d’Alger, dont 40 milliards ont été destinés aux cantines, 10 milliards pour les cours de rattrapage et un milliard pour aider les parents à acquérir les lunettes aux enfants. Cela, en sachant que plus de 100 milliards de centimes seront injectés en 2015, dont 40 milliards seront consacrés à la restauration des classes. Sur les 1 500 établissements scolaires, que compte actuellement la wilaya d’Alger, et où sont scolarisés plus de 800 000 élèves, plus de 20% n’ont pas été rénovés depuis plus de 25 ans.
Malgré la restauration de près de 80% des établissements, l’hôte du quotidien «El-Moudjahid» n’as pas caché son scepticisme quant à la qualité des travaux, confiés à des entreprises ne répondant pas aux exigences requises. Quels sont les paramètres pris pour leur accorder ces projets ? Une question à laquelle le conférencier n’a pas apporté de réponse, annonçant, à demi-mot, des irrégularités dans l’attribution des marchés. Pour mieux appuyer ses dires, le conférencier a rappelé que plus de 800 milliards de centimes ont été attribués, en 2008, par l’APW au profit des établissements scolaires, mais les résultats sont loin d’être satisfaisants. «Il est déplorable de constater aujourd’hui que, par exemple, plusieurs cantines équipées, depuis des années, de matériels modernes, mais qui ne sont pas mis en service à ce jour, faute de personnel qualifié», a-t-il ajouté. Et de signaler que plusieurs écoles ne disposent actuellement ni de clôtures, ni de personnel de sécurité, en nombre et qualifications nécessaires.
Cela, en sachant que plusieurs établissements sont débordés, et ne peuvent contenir le nombre progressivement en hausse d’écoliers. En effet, l’insuffisance des places se pose avec acuité, sachant que les élèves de classe terminale se rabattent à suivre les cours dans les salles d’une école primaire. L’ensemble des conditions de scolarité difficiles, à Alger, font que le rendement scolaire recule d’une manière apparente. Au cours du premier trimestre de cette année, plus de 60% des écoliers ont reçu des avertissements.

La santé et le sport scolaires dans une situation lamentable
L’invité du Forum «El-Moudjahid» dresse un tableau noir sur la situation du sport et de la santé scolaires. Il a indiqué que les unités de dépistage, implantées dans leur majorité au niveau des CEMs et écoles primaires, ne répondent pas aux normes sanitaires requises. Il est désolant de remarquer encore que, faute d’espaces assurant leur bon fonctionnement, des équipements médicaux, dont des fauteuils dentaires, n’ont pas été mis en marche depuis leur acquisition, il y a de celà des années. La santé scolaire avait bénéficié, en 2010, de 20 milliards de centimes alloués par l’APW, les résultats n’ont pas satisfait les élus de la wilaya. C’est pour cela que Mohamed-Tahar Dilmi souligne la nécessité de revoir la politique de gestion. Pour lui, la révisons de la santé scolaire, comme le sport, nécessite la participation des autres secteurs concernés, ainsi que les parents d’élèves, afin de conjuguer les efforts et harmoniser leur travail. L’autre maillon faible de l’École algéroise, c’est la démission des parents d’élèves. Selon Mohamed-Tahar Dilmi, ces associations existent dans moins de 10% de l’ensemble des établissements scolaires, et ne jouent pas leurs rôles effectifs. Le conférencier estime, encore, que le sport scolaire dans la Capitale est le plus sinistré au niveau national. Pour lui, les activités sportives dans les écoles sont presque inexistantes. La preuve en est, selon lui, par l’absence de la wilaya d’Alger dans plusieurs manifestations sportives nationales, dont le dernier Championnat nationale d’athlétisme scolaire. Le conférencier a déploré l’absence des initiatives, en plus des structures sportives permettant la pratique de plusieurs disciplines.
Salim Nasri

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