Migrants

DRAME DE MIGRANTS À MELILLA : Manifestations en Espagne et à Rabat pour condamner les atteintes à la vie et à la dignité humaine

Plusieurs manifestations ont eu lieu dans diverses villes d’Espagne et aussi du Maroc, dans la soirée de vendredi, pour protester contre la violence policière des deux pays, aux frontières de Melilla, ayant causé la mort de pas moins de 23 migrants africains et de nombreux blessés et ceux ayant échappé miraculeusement à une mort certaine, choqués ils croupissent, depuis, dans les prisons marocaines. Les Espagnols à travers le pays, Barcelone, Malaga, Vigo, Saint-Sébastien ou La Corogne et même à Melilla, qui a été le théâtre de la tragédie, qui a provoqué l’indignation internationale et plus particulièrement des Africains, ont manifesté, par milliers, vendredi soir, pour condamner ce drame tragique, qui vient encore une fois alerter sur les conséquences gravissimes non seulement de la politique tout sécuritaire face au phénomène de l’immigration irrégulière mais de la politique de deux poids deux mesures, à l’encontre des migrants africains. Plusieurs milliers d’Espagnols se sont rassemblés à l’appel de nombreux collectifs qui voulaient dénoncer « les politiques migratoires, matérialisées dans la brutalité policière et la militarisation des frontières ». Dans la capitale marocaine, Rabat, ils étaient des dizaines de représentants du Collectif des communautés subsahariennes au Maroc et d’associations d’aide aux migrants à avoir protester, vendredi soir, devant le parlement marocain avec comme slogan phare que « Rabat cesse de jouer le rôle du gendarme de l’Union européenne », un rôle par lequel le Maroc use et exploite la misère et la détresse des migrants africains pour bénéficier de davantage de soutien de l’UE , en recourant à la violence et la répression souvent mortelle. Des militants du Collectif des communautés subsahariennes au Maroc ont déclaré, aux médias, lors de leur protestation que «  nous demandons l’arrêt de la politique migratoire financée par l’Union européenne, l’ouverture d’une enquête indépendante et la restitution des corps aux familles » comme a lancé le militant Mamadou Diallo. Il est à noter que pour les migrants ayant échappé à une mort certaine, ou à des blessures graves et transportés aux centres de soins, leur sort est aussi à déplorer, puisque la justice marocaine a déclenché une poursuite contre plus de 65 migrants après la tentative dramatique de passage dans l’enclave espagnole de Melilla. Le parquet du tribunal de première instance de la ville marocaine de Nador, a déjà inculpé plus de 37 migrants pour « attroupement armé » et « refus d’obtempérer », «entrée illégale sur le sol marocain », « violence contre agents de police » ect. La majorité des accusés sont originaires du Darfour, dans l’ouest du Soudan, en proie à une grave crise alimentaire et des tensions où de récentes violences ont fait plus de 125 morts et provoqué le déplacement de 50 000 personnes et d’autres migrants en détention sont Tchadiens et Maliens, selon la presse locale et étrangère.

La commission africaine des droits de l’Homme et des peuples exige du Maroc « le respect en toute circonstance de la dignité inhérente à la personne humaine et prohibition de toute forme de traitements cruels inhumains »
Alors que lors de sa campagne le chef de l’exécutif espagnol a promis de changer les barbelés qui surmontaient la clôture frontalière séparant l’enclave espagnole Melilla du Maroc, par un cylindre métallique « pour limiter les blessures infligées aux migrants tentant de la franchir » a-t-il promis, après le drame de Melilla, au poste de Premier ministre depuis, Pedro Sanchez , alors qu’il y a eu des morts , il s’est empressé de saluer monsieur gendarme Maroc, qui par sa répression aveugle, «extrêmement disproportionnée  et excessive » selon les responsables de l’Onu , il y a eu des vies éteintes, des blessés graves et des Africains pauvres jetés en prison. La Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples se disant « profondément consternée », a déploré le recours excessive à la force par la police marocaine contre les migrants d’origine africaine, brutalement tués alors qu’ils tentaient d’entrer dans l’enclave espagnole de Melilla depuis le Maroc.
Dans un communiqué signé par le président, Rémy Ngoy Lumbu, la Commission africaine des droits de l’Homme, qui suit « avec intérêt » la situation des droits de l’homme sur le continent, a exprimé sa « profonde consternation » suite à la mort, 24 juin dernier, d’au moins 23 migrants et l’existence d’un grand nombre de blessés, tous ressortissants de pays africains, lors d’une tentative de passage vers l’enclave espagnole de Melilla, faisant frontière avec la ville marocaine de Nador au nord-est du royaume.
La commission a déploré le « recours excessif » à la force par la police des frontières en vue de repousser ces migrants, se disant « préoccupée par l’arrestation et la détention de nombreux migrants à la suite de cette malheureuse tragédie ». Elle a rappelé, au Maroc comme à l’Espagne dans son communiqué, « l’importance de respecter les principes fondamentaux du droit international des droits de l’Homme ainsi que les considérations élémentaires d’humanité (l’Ubuntu) qui consacrent le respect, en toute circonstance, de la dignité inhérente à la personne humaine, la prohibition de toute forme de traitements cruels, inhumains ou dégradants et le droit à un procès équitable », notamment, poursuit la commission africaine lorsqu’il s’agit des migrants exposés à de multiples vulnérabilités, aussi bien sur le territoire des États d’accueil ou de transit (…) ». À cet effet, la Commission a invité les États membres de l’Union africaine à tout mettre en œuvre pour apporter des solutions pérennes à la situation des migrants en Afrique en vue d’éradiquer le phénomène de la migration irrégulière et illégale et ce, conformément au cadre de la politique migratoire révisé de l’Union africaine et son plan d’action (2018-2030).La commission a réitéré l’importance d’une coopération et d’une solidarité inter-pays entre les pays d’origine, de transit et de destination des migrants dans le strict respect des droits de l’Homme.
Karima Bennour