Mihoubi

«DES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES DANS LES MEILLEURS DÉLAIS» : Mihoubi plaide pour un dialogue sans préalables

Dans sa première sortie médiatique depuis sa nomination, le 20 juillet dernier, au poste de secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique (RND), Azzedine Mihoubi a donné la position de son parti quant à la crise politique et les événements en cours sur la scène nationale. En conséquence, il a décliné les grands axes de l’initiative de sortie de crise de son parti. Intitulée « Vers une mutation Républicaine». Ainsi, dans son allocution, Mihoubi a considéré que « les efforts respectifs doivent tendre, dans la phase actuelle, vers un but unique : celui d’aller vers des élections présidentielles dans les plus brefs délais ». Par conséquent, selon ses dires «  le débat autour des autres questions politiques, idéologiques et culturelles doit être reporté à l’issue de ces élections ».
En ce qui concerne le dialogue, Mihoubi a appelé « l’instance chargée de mener celui-ci à se comporter au même pied d’égalité avec toutes les composantes de la société et ses représentants politiques », et ce, « loin de toute exclusion et surenchères populistes qui attisent les luttes et les divergences ». Également, il a jugé que «  l’instance devra s’interdire de poser des conditions préalables et de dicter des exigences qui ne s’accordent pas avec sa nature ». « Le RND estime que cette instance devra afficher une entière neutralité avec les parties concernées et accorde à cette attitude une importance sensible et primordiale », a-t-il dit.
Plus loin, le SG par intérim du RND a estimé que « l’instance de dialogue et de médiation, qui a pris la responsabilité de surmonter les difficultés en œuvrant au rapprochement des points de vue des différents acteurs influents, devra exclure le débat sur les questions fondamentales telles que la Constitution, la Justice, l’Institution de l’Armée nationale populaire…» Dans le détail, Mihoubi a précisé que la « Constitution demeure le référent arbitral de la gestion des affaires de l’État et de la société, tandis que l’indépendance de la Justice est une revendication du mouvement et le politique ne doit aucunement se mêler de la justice ». Pour ce qui est du débat autour des prérogatives de l’Institution militaire, Mihoubi a précisé que «  celle-ci est garante de la Constitution, de la défense, de la paix et de la stabilité du pays et son accompagnement vers de nouvelles évolutions ». En outre, il a précisé que le débat devra exclure de se pencher sur «les fondements de la Nation comme garants de l’identité de la société algérienne et de ses acquis pluralistes et démocratiques ».
Autrement, l’intervenant a précisé que le débat autour de ces questions doit être renvoyé après les élections, puisque le chef de l’État ne jouit pas constitutionnellement des prérogatives lui permettant de lancer ces chantiers ».
« À l’issue de ce dialogue, les recommandations annotées par la commission devront être mises en œuvre pour la préparation de ces élections », a-t-il précisé.

«Exclure des partis du dialogue est anti-démocratique»
Au moment où les partis de l’ex-Alliance présidentielle tentent, tant bien que mal de se redéployer après l’avènement du 22 février, et les scandales de corruption dans lesquels leurs dirigeants sont impliqués et finissent en prison, Mihoubi soutient, allusion aux ex-alliés de Bouteflika, que «  les appels à l’exclusion de partis politiques sont anti-démocratiques». Ainsi, il a précisé que même «  les partis de l’opposition ont une part de responsabilité dans ce qui s’est passé.»
Interrogé sur les détenus d’opinion et le mandat d’arrêt international lancé contre l’ex-ministre de la Défense nationale, Khaled Nezzar, l’ancien ministre de la Culture a précisé que « seule la justice peut définir si ces derniers sont des détenus d’opinion et que celle-ci est la seule qui est habilitée à trancher sur ces dossiers ».
Ainsi, il a appelé à « séparer le travail politique du travail judiciaire. Nous devons laisser la justice faire son travail », a-t-il argumenté. De surcroît, Mihoubi a commenté l’enregistrement audio divulgué d’Ahmed Ouyahia mardi soir sur les réseaux sociaux, dans lequel il reconnait des faits de corruption en disant que ce genre de «fuites n’était pas nouveau et doit être mis dans le contexte de l’époque».
Lamia Boufassa