Des conclaves sur l’Accord malien, à Alger, depuis hier : l’évaluation des étapes à la loupe

Avant de procéder, pour la première fois, à une évaluation au niveau ministériel, aujourd’hui à Alger, des étapes franchies dans la mise en œuvre de l’Accord de Paix et de Réconciliation au Mali, depuis sa signature par les acteurs maliens le 20 juin 2015, ce rendez vous a été précédé par des rencontres, dont la réunion formelle prévue courant de cette matinée, des membres de l’équipe de médiation, pour l’examen outre des avancées mais également des difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du dit Accord.

Hier, c’était le conclave du Comité bilatéral stratégique algéro-malien sur le Nord du Mali de tenir sa dixième session à Alger, co-présidé par le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra et son homologue malien, Abdoulaye Diop. Il est à rappeler que le ministre Diop a été maintenu à son poste, après le léger remaniement ministériel opéré par le président Malien, Ibrahim Boubacar Keita jeudi dernier, avec le départ de trois ministres et l’entrée de quatre nouveaux autres.
À son arrivée hier à Alger, Abdoulaye Diop a affirmé, que l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali est un outil « indispensable » pour la stabilité du pays et de toute la région. Pour ce responsable malien «l’accord signé n’est pas parfait» reconnaît-t-il, avant de préciser «mais c’est un outil indispensable pour la stabilité du Mali et il devra contribuer à la stabilité de la région».
Chef de file de la médiation internationale dans la crise malienne, ces deux jours, organisés, à l’initiative d’Alger, devront se pencher sur les meilleures voies à même outre de consolider les efforts en cours pour la mise en ouvre de l’accord en question mais aussi identifier les insuffisances pouvant entraver ces efforts pour l’application rigoureuse du contenu de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali. La réunion consultative de haut niveau des membres du Comité de suivi de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du Processus d’Alger, est prévue ce matin dans le contexte de l’évaluation du processus de mise en œuvre de cet Accord, à l’initiative de l’Algérie, qui pour rappel, assure la présidence de cette instance.
Conviés à ce conclave, les principaux acteurs maliens signataires du dit accord, à savoir les représentants du gouvernement, de la CMA et Plateforme et aussi les membres de la Médiation -Niger, Mauritanie, Burkina Faso, Tchad, Nigeria, France, Etats-Unis d’Amérique, ONU-MINUSMA, UA-MISAHEL, CEDEAO, UE, OCI. Il sera notamment question de la présence en tant qu’invitéscomme le stipule l’Accord, les représentants des trois membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, Chine, Russie, Royaume Uni ainsi que le Canada en tant, quant à lui, chef de File des Partenaires techniques et financiers du Mali (PTF).
À la tête du mécanisme en charge de la mise en œuvre du document signé par les principaux acteurs maliens, Alger œuvrera dans sa démarche, à consolider les efforts en cours dans la mise en œuvre des différents points contenus dans le document, qu’il s’agisse des questions politiques, sécuritaires et notamment celles ayant trait au développement des régions nord du Mali.
Hier, dans le cadre de la tradition de dialogue et de concertation sur les questions d’intérêt commun qui marque les relations entre l’Algérie et le Mali, la dixième session du Comité bilatéral stratégique algéro-malien sur le nord du Mali a été l’occasion pour les deux pays de préparer la réunion consultative de haut niveau des membres du Comité de suivi de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, qui se tiendra aujourd’hui. Convaincu que le rôle des acteurs maliens, du nord comme ceux du sud outre qu’il est incontournable pour la réussite du processus engagé après le paraphe, par ces derniers de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali, Alger demeure convaincu aussi du rôle fondamental voire exclusif de ces acteurs maliens pour mener à bien la mise en œuvre du dit Accord en vue d’atteindre les objectifs qui lui sont assignés. Il s’agit, essentiellement, de la consolidation de la paix et de la sécurité au Mali, notamment dans sa partie nord, ou les signataires de l’Accord précité sont tenus de se conformer aux dispositions contenues dans le dit document, en vue de garantir les conditions nécessaires à la paix et la sécurité, en l’occurrence, pour tout développement et implication effective de l’ensemble des Maliens dans la vie politico-sociale économique du pays.
Ceci d’autant plus que les risques et les menaces terroristes auxquels sont confrontés les pays de la région sahélo-sahélienne sont présents mais s’accentuent profitant de toute situation d’instabilité et de chaos, comme c’est le cas en Libye, qui peu après l’effondrement de ses institutions, le mali a été plongé dans la barbarie terroriste, aboutissant à l’intervention des forces militaires françaises, lesquelles sont toujours présentes.
Les rencontres entamées, hier et celles prévues aujourd’hui, portant sur un ordre du jour précis et à divers niveaux, visent outre les objectifs précités mais aussi la relance de l’action et l’effort collectif de la communauté internationale en soutien au Mali.
Ce qui n’est pas une mince affaire, pour atteindre cet objectif, au regard des bouleversements et des mutations en cours dans les rapports internationaux et dont l’Union africaine est appelée à peser d’avantage, par le rôle qu’elle a à jouer, sur la scène africaine et aussi internationale, s’agissant des questions liées à l’Afrique, dont celle du Mali.
Et c’est dans ce sens que l’Union africaine(UA) sera saisie, lors de son prochain sommet, de la teneur des travaux des rencontres d’Alger, sur le Mali, notamment sur la dynamisation de la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali.
Karima Bennour