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DANS UN CONTEXTE MOUVEMENTÉ : L’OPEP+ en réunion d’évaluation du marché pétrolier

La 32e Réunion des ministres de l’Énergie des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses alliés (OPEP+), se déroule aujourd’hui. Le ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, participe, par visioconférence, aux travaux de cette conférence.

Un communiqué du ministère de l’Énergie et des Mines a fait savoir que le même jour, se tient la 44e réunion du Comité ministériel conjoint de suivi (JMMC), qui aura à évaluer, sur la base du rapport établi par le Comité technique conjoint de suivi (JTC), la situation du marché pétrolier international et ses perspectives d’évolution ainsi que le respect des niveaux de la production des pays participants à la Déclaration de Coopération pour le mois de juillet 2022.
On sait qu’en août dernier, l’Opep+ a décidé de relever ses objectifs de production, de septembre 2022, de 100 000 barils par jour, mettant fin au suspense sur l’ampleur de l’accroissement de la quantité de pétrole qui serait mise sur le marché à ce moment.
Les experts ont estimé qu’il s’agissait d’une ouverture quasi dérisoire des vannes de brut des pays producteurs de pétrole de l’Opep+, malgré la visite du président américain Joe Biden, un mois avant en Arabie saoudite pour tenter d’enrayer la flambée des cours. Les États-Unis avaient mis sous pression les leaders de l’Opep, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis pour qu’ils pompent davantage de pétrole afin de contribuer à contenir des prix en hausse car stimulés par les sanctions contre la Russie.
La réunion que tient l’OPEP+ aujourd’hui a lieu après la décision prise par les ministres des Finances du G7 d’imposer un plafonnement du prix du pétrole russe. Vendredi, la secrétaire au Trésor américaine Janet Yellen a annoncé dans un communiqué, que les ministres des Finances du G7 ont décidé d’imposer un plafonnement du prix du pétrole russe sans préciser les détails de sa mise en œuvre. Selon elle, en s’engageant à finaliser et mettre en œuvre ce plafonnement, le G7 réduira considérablement la principale source de financement de la Russie pour le conflit en Ukraine, tout en maintenant l’approvisionnement des marchés énergétiques mondiaux en maintenant le pétrole russe à des prix plus bas.
Cette décision contribuera à porter un coup majeur aux finances russes, entravera la capacité de la Russie à continuer le combat en Ukraine et accélérera la détérioration de l’économie russe, prétend Mme Yellen, citée par l’agence chinoise d’information, Xinhua. La même source indique , qualifiant le projet du G7 de complètement absurde, que le vice-Premier ministre russe, Alexandre Novak, avait déclaré jeudi que son pays ne livrerait pas de pétrole et de produits pétroliers aux pays qui soutiendront ce plafonnement, avertissant que cette mesure pourrait détruire le marché mondial du pétrole. Il a ajouté que les pays du groupe « OPEP+ », ainsi que l’Inde et la Chine, ne soutenaient pas l’idée d’imposer un plafond sur le prix du pétrole en provenance de Russie. Des experts et des responsables, cités par les médias, ont mis en garde contre les répercussions de la décision des pays du Groupe des Sept d’imposer un plafond sur le prix du pétrole russe, dans le but de réduire les revenus de la Russie provenant des exportations d’énergie.
Ainsi JPMorgan a averti que les prix du pétrole pourraient monter à 380 dollars le baril, si la Russie décidait de répondre aux efforts occidentaux pour plafonner le prix du pétrole russe. « Le pire scénario, une baisse de production de 5 millions de barils par jour, pourrait faire grimper les prix du pétrole à 380 dollars le baril », ont déclaré les analystes de JPMorgan dans une note. De son côté, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a mis en garde contre les répercussions de l’imposition par le Groupe des Sept (G7) d’un plafonnement du prix du baril de pétrole russe, et a déclaré que cette mesure conduirait à une déstabilisation importante du marché. Selon un récent rapport de l’Agence internationale de l’énergie, en dépit des sanctions occidentales, les revenus russes tirés des exportations de pétrole ont augmenté de 40% en juin par rapport au niveau moyen de l’an dernier.
M. R.