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Crise entre la présidence et le parlement au venezuela : Les acteurs visibles et invisibles qui rythment le cours des évènements

Le monde assiste aujourd’hui à des crises et des guerres à des confrontations d’ordre géostratégiques, dont les acteurs visibles ne sont pas nécessairement ceux qui sont sur le terrain. Et les exemples édifiants ne manquent pas, notamment depuis ces dix dernières années, avec le chaos qui règne en Libye et la guerre menée, depuis 2012, contre la République syrienne.

Des évènements survenus à cause des conséquences d’une gestion des affaires de la Cité, en dehors de l’implication effective du rôle et de l’action du citoyen et les acteurs politiques dans les pays ayant connu ces bouleversements, certes, mais leurs cours ont pris une tournure dramatique et gravissime sur le destin et l’avenir des peuples et de ces pays cités à titre d’exemple.
Les acteurs invisibles, sur fond des conflit géostratégiques, ont eu la main forte sur le cours des évènements en question, dont l’objectif visé par ces bouleversements, est l’effondrement des Institutions et l’anéantissement de l’État-Nation, pour garantir davantage l’hégémonie des pays occidentaux, à leur tête les États-Unis, sur les sources d’énergie et les voies d’approvisionnement en énergie. Alors que le Venezuela et l’Iran entretiennent une coopération soutenue avec Pékin, dans le domaine, notamment du pétrole et que la sécurité énergétique de la Chine dépend considérablement de ces pays, les évènements de Caracas se sont précipités, alors que le président Nicolas Maduro s’apprêtait à augmenter ses exportations vers Pékin, voire les tripler même, outre à développer sa coopération énergétique avec la République populaire de Chine, ce qui n’est pas pour conforter Washington dans sa guerre commerciale avec cette puissance du continent asiatique. Pour bon nombre d’observateurs et experts de la géostratégie, si la première étape de ces bouleversements qui se sont manifestés, sur la scène arabe, après quatre ans, de l’éclatement en 2008, faut-il le noter de la crise économico-financière, dans les pays occidentaux, ces dernières semaines marquent, selon eux, la seconde phase, avec les évènements auxquels est confronté la République Bolivarienne du Venezuela, dont les pays occidentaux, sous la direction de Washington, ne se contentent plus d’apporter et de soutenir l’opposition, via une campagne politico-médiatique ou de sanctions économiques.

Soutien à Juan Guaido pour mieux bénéficier du secteur pétrolier, nationalisé par Hugo Chavez
Dans le cas de la crise qui secoue le pays de Simone Bolivar, il a suffi, au leader de l’opposition, président du parlement vénézuélien, Juan Guaido, de se proclamer «président par intérim», sur un des boulevards de Caracas, lors d’un grand rassemblement, pour que des pays occidentaux, en premier lieu, les États-Unis, via son président, Donald Trump, d’annoncer, peu de temps après, qu’il reconnaissait Juan Guaidoen tant que président de ce pays d’Amérique Latine. Sans manquer, plus loin dans son annonce, de menacer ce pays de représailles, en affirmant que Washington «recourra à  tous les outils économiques et diplomatiques pour rétablir la démocratie au Venezuela», a-t-il lancé. Âgé de 35 ans, Juan Guaido, du parti d’extrême droite « Volonté Populaire », a été élu, pour rappel, le 5 janvier dernier, à la tête de l’Assemblée nationale de son pays. Et peu après cette victoire, il annonce son refus de reconnaître la légitimité du président Nicolas Maduro, qui a été réélu, en mai 2018 et investi pour un deuxième mandat le 10 janvier dernier. Mais si nous suivons la teneur et le cours des tensions commerciales entre Pékin et Washington, la scène vénézuélienne est une des scènes où se joue et se déroule cette rivalité, dont les États-Unis œuvrent à assurer et préserver ses intérêts économiques. Et encore une fois, au vue de ce qui a été précité, concernant la relation économique entre Caracas et Pékin, le pétrole serait le principal enjeu pour Washington, et l’annonce du président Trump de reconnaître l’opposant Juan Guaido, président du Venezuela, n’est venu que pour rendre la situation encore plus complexe, notamment sur la scène internationale, qui a vu les alliés de Washington, en Amérique-latine et en Europe, adopter la même posture, en direction de la crise vénézuélienne. Si dans le siècle passé, les coups d’état militaire, dans les pays d’Amérique latine bénéficiaient du soutien logistique, économique et politique de Washington, à l’exemple de celui qui a amené le Général Pinochet, à la tête du palais présidentielle du Chilie, après l’assassinat, en 1973, du président chilien, arrivé en tête des suffrages de l’élection présidentielle, le défunt Salvador Allende Gossens et les massacres, à grande échelle, des citoyens et des pro- Allende, suivi de l’instauration, des années durant, de la dictature militaire de Pinochet, dans ce pays, de nos jours, il n’y a que la forme d’ingérence et des interventions qui a connu des changements et sur le fond. Alors que des pays ne cessent d’appeler à la non-ingérence dans les tensions et les crises internes des pays, en invitant les concernés au dialogue politique interne, pour dépasser l’impasse à laquelle est confronté le Venezuela ou autre, les pays occidentaux se sont empressés de tenter d’internationaliser la crise que traverse le Venezuela, en l’abordant au Conseil de sécurité des Nations unies. Un projet américain de la déclaration au Conseil de sécurité de l’ONU sur le Venezuela a été, en effet, soumis, samedi, aux membres dudit conseil, apportant «un plein soutien» à l’Assemblée nationale vénézuélienne dirigée par l’opposant J. Guaido. Il a fini par être bloqué par la Russie et la Chine, pays qui, avec le Mexique, Cuba, la Turquie, l’Iran et d’autres ne reconnaissant que Nicolas Maduro comme président de la République Bolivarienne de Venezuela. Washington ne ménage aucuns efforts, avec le soutien de ses alliés : la France, L’Espagne et le Royaume-Uni, pour voir, les pressions exercées, à ce jour contre Caracas, aboutir à une passation de pouvoir au Venezuela, pour reprendre la main sur le secteur pétrolier, dans ce pays, qui a été, faut-il le rappeler, nationalisé par le défunt président, Hugo Chavez, portant ainsi un coup dur aux intérêts américains. Et si les États-Unis venaient à reprendre le contrôle sur le pétrole vénézuélien, cela entraînerait des pertes pour ce pays, car plusieurs contrats et accords ont été conclus avec la Chine et, de là, ils doivent être compensés aux parties avec lesquelles les relations sont rompues; ce qui ne sera pas bénéfique pour le Venezuela et les Vénézuéliens, mais en faveur des états-Unis.
Karima Bennour

Une femme surgit et lance, à l’adresse de Mike Pompeo, lors de la réunion à l’OEA
«Ne soutenez pas un coup d’État au Venezuela»
Une femme a interrompu une réunion de l’Organisation des états américains (OEA) où se trouvait le secrétaire d’état américain, Mike Pompeo, brandissant une pancarte sur laquelle était écrit : «Ne soutenez pas un coup d’état au Venezuela». Au lendemain de l’autoproclamation de Juan Guaido au poste de «président par intérim» du Venezuela, une réunion extraordinaire de l’Organisation des états américains (OEA) s’est tenue, jeudi dernier, à Washington, en présence, notamment du secrétaire d’état américain Mike Pompeo. Alors que celui-ci venait de prendre la parole, une femme a fait soudainement irruption dans la salle, tenant une pancarte où était inscrit en anglais «Ne soutenez pas un coup d’état au Venezuela». Sous les applaudissements de quelques membres de l’OEA, la femme a répété plusieurs fois sa revendication avant d’être évacuée par la sécurité.  Et à l’ONU, l’ambassadeur russe à l’ONU Vassily Nebenzia a suggéré à son homologue allemand, « Et si on parlait des «gilets jaunes» au Conseil de sécurité?, » en réponse à Christoph Heusgen, qui venait d’assurer que discuter du Venezuela entrait dans le cadre d’une «diplomatie préventive».
K. B.