Création de l’Ordre national des vétérinaires : L’avant-projet de loi validé par le Conseil des ministres

Les vétérinaires, qui insistent depuis de longues années sur l’organisation de leur profession à la lumière des mutations économiques, des problèmes de santé animale et de sécurité alimentaire du pays, verront enfin leur souhait de créer un Ordre national de la profession réalisé à travers l’adoption de l’avant-projet de loi lors du dernier Conseil des ministres. Après les multiples problèmes liés à l’exercice de la profession, l’exécutif a enfin donné son aval pour réorganiser le secteur.
Ainsi, à en croire l’agence de presse nationale, le Conseil des ministres a adopté avant-hier un projet de loi amendant la législation en vigueur relative à l’activité de médecine vétérinaire et à la protection animale. Cet amendement est destiné à offrir une meilleure assise à l’encadrement de la profession de médecins vétérinaires qui totalise déjà 20 000 intervenants dont 3 000 sont des fonctionnaires exerçant au niveau d’organes publics de contrôle, précise le communiqué du Conseil des ministres présidé jeudi par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. À ce titre, ce projet  de loi énonce l’ancrage légal pour la création d’un Ordre national des vétérinaires tout en définissant ses missions, tandis que son organisation est renvoyée au domaine réglementaire.
Le texte subordonne à l’avenir la délivrance de l’autorisation  administrative d’exercice de la médecine vétérinaire et de la chirurgie des animaux, à une inscription préalable au tableau de l’Ordre national de cette profession. À noter que la mise en place de l’ordre des vétérinaires permettra d’organiser la profession. Selon les explications fournies par les spécialistes, l’ordre aura pour mission de délibérer, de proposer les règles de déontologie et d’éthique de la médecine vétérinaire, de contribuer aux règlements des litiges entre vétérinaires, clients, et autres opérateurs de la santé animale et ses branches, d’examiner les requêtes formulées à l’encontre des décisions prises par les conseils locaux, notamment celles prises en matière disciplinaire, de fixer le montant des cotisations, les modalités de leur perception et la part revenant aux conseils locaux, de représenter l’ordre des vétérinaires auprès des instances internationales de même nature, de contribuer à la définition des programmes d’enseignement de la santé vétérinaire et aux textes régissant l’exercice de la profession de vétérinaire lorsqu’il est consulté, de promouvoir les bonnes pratiques vétérinaires, de valoriser, actualiser et associer les thèmes et résultats d’études et de recherches scientifiques aux bonnes pratiques vétérinaires, d’émettre des avis à la demande des autorités sur des programmes généraux de gestion sanitaire et de bioéthique, de participer à l’amélioration technique et scientifique de ses membres, de promouvoir le rôle du vétérinaire, d’organiser toute œuvre d’entraide au bénéfice de ses membres.
Notons que l’organisation de la profession permettra de lutter contre les maladies animales qui se sont répandues ces dernières années, dont la fièvre aphteuse. En outre, ceci permettra d’éviter le scénario des dernières années de la prolifération de la viande qui marque les célébrations de l’Aïd EL Adha.
Lamia Boufassa