Ould Abbes-Barkat

COUR D’ALGER : Le procès en appel d’Ould Abbès et Barkat reporté

La Cour d’Alger a décidé, hier, de reporter le procès en appel de l’affaire des deux anciens ministres de la Solidarité nationale, Djamel Ould Abbès et Saïd Barkat, au 6 décembre prochain. Les deux accusés, Ould Abbès et Barkat, sont poursuivis pour détournement et dilapidation de deniers publics, conclusion de marchés en violation de la législation et abus de fonction, du temps où ils étaient à la tête du département de la Solidarité nationale. Au tribunal de Sidi-M’hamed, les audiences ont dévoilé des pratiques de détournement de deniers publics à grande échelle. L’argent destiné aux couches défavorisées et aux sinistrés des catastrophes naturelles a été détourné sans état d’âme et Djamel Ould Abbès versait illégalement l’argent du ministère à des associations qu’il présidait lui-même. Ainsi quatre (4) associations présidées par l’ancien ministre de la Solidarité, Ould Abbès ont bénéficié d’un montant dépassant les 1 850 milliards de centimes. Le recours à ces associations et organisations en tant qu’intermédiaires pour superviser l’acquisition des outils et les opérations de solidarité avait pour seul objectif d’éviter le recours aux marchés publics. Il en ressort ainsi que sur un total de 157 bus destinés à la wilaya de Ghardaïa, frappée par des inondations, 9 seulement sont parvenus à leur destination. L’acquisition des 1 200 ordinateurs destinés aux lauréats du bac, session 2008, a atteint 680 milliards de centimes, dont 226 appareils ont été remis à l’Onec (Office national des examens et concours). Le reste est distribué à des personnes qui n’avaient aucun lien avec les catégories bénéficiant des aides de l’État. Quelque 1 200 milliards de centimes ont été dilapidés par l’Association de solidarité, de paix et de perspectives (présidée par Ould Abbès) au motif d’organiser un plan bleu et des colonies de vacances au profit des enfants du Sud, mis, finalement, à la disposition d’autres familles, dont des enfants de cadres du ministère. Pourtant la loi sur les associations pour ce genre d’opération est bien claire à ce sujet. Toutes ces opérations ont été effectuées en violation de la législation régissant l’attribution des marchés publics. Pour rappel le tribunal de Sidi M’hamed avait condamné les deux prévenus à des peines respectives de 8 ans et 4 ans de prison ferme avec une amende d’un million DA chacun. Également impliqué dans cette affaire, l’ancien secrétaire général du ministère de la Solidarité nationale, Bouchenak Khelladi, a été condamné à 3 ans de prison ferme, assortie d’une amende d’un million de dinars. L’ancien chef du protocole, Djellouli Saïd, a été condamné à deux ans de prison ferme, dont une année avec sursis et une amende d’un million de dinars. L’autre ancien secrétaire général du même ministère, Ismaïl Benhabiles a été condamné à une année de prison ferme et une amende de 500 000 DA. Le fils de Djamel Ould Abbès, El-Ouafi (en fuite à l’étranger), a été condamné par contumace, dans le cadre de la même affaire, à 10 ans de prison ferme, assortis d’une amende d’un million de DA avec émission d’un mandat d’arrêt international à son encontre.
Brahim Oubellil